Elu avec 58% des voix lors du scrutin du 24 février 2019, le président sénégalais, Maky Sall, a prêté serment, hier mardi 2 avril 2019 hors de Dakar dans la ville de Diamniadio, en présence de 18 chefs d’Etat africains. Cette investiture intervient dans un contexte où sa réélection est contestée par les candidats de l’opposition et dans un climat des plus délétères, en ce sens qu’une partie de l’opinion sénégalaise n’arrive pas à «digérer» que deux personnalités bien connues de la scène politique soient mises à la touche. Il s’agit de l’ex-maire de Dakar, Khalifa Sall et de Karim Wade, le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade. Le chef de l’Etat est soupçonné d’avoir manœuvré avec son équipe pour écarter des adversaires politiques de taille.

Macky Sall est sorti vainqueur de cette élection certes, mais il est tout de même fragilisé car, appelé désormais à faire face à deux autres opposants sérieux. En effet, Idrissa Seck, arrivé deuxième à la présidentielle et Ousmane Sanko, classé troisième, farouche opposant du pouvoir, licencié de la Fonction publique, donneront sans doute du fil à retordre au président réélu et à son entourage. C’est dire donc, que le défi majeur qui attend Sall demeure incontestablement l’apaisement du climat politique. Cette tâche ne s’annonce pas facile, vu que l’opposition n’a pas encore répondu à son appel à un dialogue politique «ouvert et inclusif». Comment former un gouvernement qui aura l’adhésion populaire pour l’achèvement de son programme «le plan Sénégal émergent (PSE)», dont la seconde phase s’étend sur la période 2019-2023 ?

C’est toute la problématique. Le pouvoir doit trouver les hommes qu’il faut pour la réussite du PSE qui se chiffre à 14 098 milliards francs CFA. La mise en œuvre de ce programme coïncide avec le début de l’exploitation pétrolière prévue en 2022. Cette exploitation pétrolière, annoncée, suscite beaucoup d’attentes auprès des populations qui espèrent des retombées sur leur pouvoir d’achat. L’autre défi est celui de l’emploi des femmes et des jeunes, une des promesses de campagne de Sall, quand on sait que le taux de chômage des jeunes dépasse 15%, selon les chiffres de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie. Le pouvoir sénégalais aura du pain sur la planche dans la résolution de cette épineuse question.

Des voix s’élèvent de plus en plus, surtout au niveau de la jeunesse pour faire l’éloge de la gestion de Abdoulaye Wade à son détriment. Sall arrivera-t-il à faire mieux que son prédécesseur ? Le compte à rebours a donc commencé pour la mise en œuvre des promesses de campagne. Les Sénégalais le jugeront à la fin de son dernier mandat. Mais en attendant, la classe politique sénégalaise doit jouer sa partition, afin de donner la chance au pays de continuer à s’inscrire parmi les démocraties de la sous-région.

Abdoulaye BALBONE

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