Crises pastorales dans le Sahel : la FAO lance un projet de résilience

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a organisé un atelier de lancement du projet «Renforcer la résilience des populations pastorales et agropastorales transfrontalières dans les zones prioritaires du Sahel», le mardi 28 mai 2019, à Ouagadougou.

Le Burkina Faso fait face à des conflits pastoraux et agropastoraux récurrents. Une situation quelque peu aggravée par des crises sécuritaires qui affectent les moyens d’existence et le vivre-ensemble des populations. Les mêmes réalités sont vécues par le Mali et le Niger. Ces informations données par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) justifient la mise en œuvre du projet «Renforcer la résilience des populations pastorales et agropastorales transfrontalières dans les zones prioritaires du Sahel», dans les trois pays cités plus haut.

Il est financé à hauteur de 9 millions d’euros par l’Union européenne, soit 2,5 millions d’euros (1 milliard 639 millions 937 mille cinq cents F CFA) pour le Burkina Faso. Lors du lancement de ce projet, le mardi 28 mai 2019, le représentant par intérim de la FAO, Lofti Allal a fait savoir qu’il couvre la période d’octobre 2018 à mars 2021. Il a précisé que ce sont les provinces du Soum, du Séno, de l’Oudalan et du Yagha dans la région du Sahel, celles du Loroum et du Yatenga dans la région du Nord et la province de la Komondjari dans la région de l’Est, qui sont concernées. Lofti Allal a espéré que d’ici à la fin du programme, les décideurs et les agropasteurs utilisent les informations générées par le système de suivi, d’analyse et de diffusion des données pastorales dans les prises de décision pour anticiper et mitiger les crises. « Le projet ambitionne améliorer les moyens d’existence des ménages pastoraux et agropastoraux afin de les adapter au changement climatique », a soutenu M. Allal.

De nombreux cas de conflits enregistrés

De l’avis du ministre des Ressources animales et halieutiques, Sommanogo Koutou, de nombreux cas de conflits entre éleveurs et agriculteurs ont été enregis-trés avec de graves conséquences comme les dégâts des cultures, l’abattage sauvage d’animaux et dans les pires des cas, des pertes en vie humaine. «La situation s’est particulièrement aggravée dans la partie Nord et Est avec l’insécurité liée à la présence des groupes terroristes», a déclaré M. Koutou pour prouver l’importance d’un tel projet porté par la FAO. Cependant, il a rappelé que le gouvernement burkinabè, conscient de ces situations, met en œuvre avec l’appui de ces partenaires techniques et financiers, des programmes et projets d’urgence et d’amélioration de la résilience dans le domaine pastoral en faveur des populations. Lesquels projets d’urgence se matérialisent par des appuis divers en semences améliorées, cultures maraîchères, capitalisation du bétail, alimentation et santé des animaux, le cash transfert, les infrastructures hydrauliques…

C’est pourquoi il a invité l’équipe de mise en œuvre du projet, à travailler étroitement avec tous les acteurs terrain impliqués et avec les autres programmes intervenant dans la même problématique. «Ce n’est qu’à ce prix que nous viendrons à bout de l’insécurité alimentaire et les crises pastorales», a-t-il dit. De son côté, le représentant du chef de la délégation de l’Union européenne, Eric Pitois, a souhaité qu’en dépit du contexte sécuritaire, les acteurs usent de stratagèmes pour exécuter ce projet. Car, de son opinion, ce financement est l’une des contributions de l’UE aux efforts du gouvernement burkinabè pour l’amélioration des conditions de vie des populations confrontées à l’insécurité et aux conséquences des conflits intercommunautaires.

Gaspard BAYALA

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