Débuté le 18 juillet dernier, la troisième édition du forum national de l’économie informelle a clos ses travaux, le lundi 22 juillet 2019, à Ouagadougou par des échanges directs avec le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré.

Après trois jours de travaux sur le thème «Quelles stratégies pour une formalisation plus accrue et une facilitation des activités des unités économiques informelles agricoles et non agricoles», les participants au troisième Forum national de l’économie informelle ont eu des échanges directs avec le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré. Durant plus de deux heures, les représentants de l’économie informelle de chaque région ont exposé au président du Faso leurs préoccupations auxquelles le gouvernement a donné des réponses. D’entrée, le président Kaboré s’est réjoui de la tenue de ce cadre de rencontre entre les acteurs de l’informel. «Le non suivi des recommandations de la dernière édition nous interpelle à tirer des leçons et à le tenir régulièrement. Le secteur informel joue un rôle important dans l’économie de notre pays. Il est important que nous l’accompagnions afin de donner plus de moyens aux acteurs», a soutenu le chef de l’Etat. Les préoccupations des participants se résument notamment en la réglementation du commerce au Burkina, l’accès aux crédits, la facilitation de l’accès au foncier mais aussi à la valorisation des produits locaux. Les acteurs ont, également, plaidé pour la construction de magasins de stockage des produits agricoles, la prise en compte du métier de tissage dans l’examen du Certificat de qualification professionnelle (CQP) ainsi que la prise de dispositifs sécuritaires dans les zones en proie aux attaques terroristes. Avant de répondre aux intervenants, Roch Marc Christian Kaboré a invité des membres du gouvernement a donné des éléments de réponses aux questions concernant leur domaine.

Une initiative saluée

Ainsi le ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydro-agricoles, Salif Ouédraogo, a indiqué que plusieurs projets sont en cours de mise en œuvre et permettront de résoudre les problèmes de production, de transformation et de stockage. «Sur le foncier, nous travaillons à mettre en place dans chaque commune un service foncier afin de faciliter l’acquisition de certains documents», a précisé Salif Ouédraogo.
Le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sommanogo Koutou, a confié sur les unités de transformation, que des abattoirs sont en construction, notamment à Kaya et à Pouytenga. «Concernant la production des aliments pour bétail, l’Etat ne peut pas tout produire. C’est pourquoi, nous mettons l’accent sur la production fourragère par les jeunes formés», a dit le premier responsable du département des Ressources animales. Pour sa part, le président Kaboré a laissé entendre que le souhait de son gouvernement est que l’économie soit améliorée. Cependant, a-t-il souligné, pour certains secteurs, il faut une contribution du privé. «Je vous recommande de vous associer pour pouvoir développer vos activités. Vous devrez travaillez de façon réaliste, sinon nous ne moderniserons rien. Je vous invite également à mettre en place une structure nationale de l’économie informelle sur laquelle nous pourrions définir les modes de financement pour éviter les crédits non remboursés», a suggéré le chef de l’Etat. Du reste, il a rassuré que l’exécutif va mettre en œuvre les recommandations. A la fin des échanges, les participants ont salué l’initiative. «Tout ce que nous souhaitons est que le président du Faso réalise ce qu’il a promis», a fait savoir, Evariste Bayala, venu de la région du Centre-Ouest. Pour Benjamin Kaboré, avec la reprise du forum et de la tenue du dialogue direct, les acteurs de l’économie informelle sentent désormais que le gouvernement se préoccupe de leurs activités. «En tant que femmes, nous avons des difficultés de financement de nos activités. Le président a donné des réponses satisfaisantes. Mais nous attendons de voir les réalisations», a renchéri Awa Konaté de la région du Centre.

Joseph HARO

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