Afrique-Japon: les prémisses d’un nouveau partenariat

La VIIe Conférence internationale sur le développement de l’Afrique de Tokyo (TICAD) a ouvert ses portes, hier mercredi 28 août 2019, à Yokohama, en présence du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré. Les échanges de 72 heures portent sur le thème : «Promouvoir le développement de l’Afrique par le biais de la population, de la technologie et de l’innovation».

L’accélération de la transformation économique du continent africain, l’amélioration du climat des affaires et la participation du secteur privé à la création de richesses, le renforcement des liens commerciaux entre le Japon et l’Afrique, la technologie et l’innovation, les défis sécuritaires ; ce sont autant de questions qui vont faire l’objet d’échanges à la VIIe Conférence internationale sur le développement de l’Afrique de Tokyo (TICAD). Cette rencontre, initiée depuis 1993 par les autorités japonaises, réunit 4500 participants, dont des acteurs du secteur privé, de la société civile et de nombreuses personnalités, dont le Secrétaire général (SG) de l’ONU, Antonio Guterres, le président en exercice de l’Union africaine (UA) et de l’Egypte, Abdel Fattah Al-Sissi et le chef de l’Etat burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré. Les réflexions, axées sur la promotion de l’Afrique par le biais de la technologie et de l’innovation, devront déboucher sur l’adoption de la «Déclaration de Yokohama», visant à garantir à l’Afrique, un développement durable. Un plan d’actions y afférent, couvrant la période 2019-2022, devrait être aussi adopté de commun accord par les dirigeants japonais et africains.

Un partenariat stratégique

Cette démarche, à entendre le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, à l’ouverture de la conférence, répond à la vision de son pays d’implémenter une politique plus proactive de développement, impliquant le secteur privé, en faveur de l’Afrique. Il a loué la «bonne» coopération, que son pays entretient avec l’Afrique depuis les années 60. Le SG de l’ONU s’est, lui aussi réjoui du partenariat gagnant-gagnant entre le pays du Soleil levant et les Etats africains. Dans la même lancée, le président en exercice de l’UA, tout comme celui de la Commission de l’organisation africaine, Moussa Faki Mahamat, se sont félicités des relations «prometteuses», que le continent entretient avec l’archipel asiatique. «Le Japon a construit progressivement, à travers la TICAD, un partenariat stratégique avec l’Afrique, selon ses besoins», a indiqué M. Mahamat. Il a surtout invité les investisseurs japonais à faire profiter leurs expériences à l’Afrique. «L’Afrique veut que ses partenaires travaillent selon la feuille de route de l’agenda 2063 de l’UA», a toutefois précisé le président de la Commission de l’UA. Cet agenda insiste sur l’importance de multiplier les Partenariats public-privé (PPP) pour atteindre les objectifs de développement du continent. La TICAD VIII doit se tenir pour la seconde fois en Afrique en 2022, après la 6e édition, en août 2016 au Kenya.

Kader Patrick KARANTAO
(Depuis Yokohama au Japon)

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«Les attentes sont nombreuses», Roch Kaboré

A l’issue de la cérémonie d’ouverture de la TICAD VII, le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, s’est prononcé sur la coopération bilatérale avec le Japon.

«La TICAD connaît une bonne participation des pays africains. La coopération entre le Japon et l’Afrique s’élève à plus de 20 milliards de dollars d’investissements. La vision de ce pays porte sur la formation du capital humain, à travers des bourses d’études, le développement du partenariat entre sociétés japonaises et africaines et la promotion de l’investissement en Afrique. C’est sous de bons auspices, que cette rencontre se tient. Les autorités japonaises vont mettre en place un nouveau mécanisme, qui va s’occuper de la paix et du développement en Afrique. Nous attendons d’en savoir davantage au cours des prochaines séances. Nous sommes venus avec des attentes particulières. Nous avons échangé hier avec la JICA, autour d’un certain nombre de programmes communs. Il y a la suspension du programme de volontariat japonais au Burkina Faso, à cause de l’insécurité, ce qui nous semble relativement normal. Nous avons également discuté autour de la construction de l’école des enseignants de Kaya, car les Japonais ont des craintes par rapport à l’insécurité. Nous leur avons donné des assurances et ils ont promis de réexaminer la question. Il est aussi question de bitumage de routes, tel l’axe Bobo-Banfora-Côte d’Ivoire. Enfin, ils nous ont demandé de choisir un projet sous forme de don, qui sera une infrastructure à réaliser à Ouagadougou. Nous remercions surtout le gouvernement japonais pour les efforts consentis pour renforcer les capacités de nos forces de police et de gendarmerie avec des dons de véhicules et de motos, etc. On espère que le Japon participera à l’alliance internationale souhaitée autour du G5 Sahel pour la lutte contre le terrorisme. Les attentes sont nombreuses, mais on essaiera d’avancer à petits pas dans chacun de ces domaines».

Propos recueillis par K.P.K.

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A la conquête du continent

Tout comme les grandes puissances, le Japon est à la conquête de l’Afrique, tentant de rattraper son retard sur la Chine, plus présente sur le continent. Malgré ses liens de longue date avec l’Afrique, l’archipel ne représente que 2,7% des échanges commerciaux, contre 13,5% pour la Chine, d’après l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Le Japon est surtout intéressé par les ressources naturelles africaines, notamment le pétrole et les métaux rares. Il inonde en retour le continent, de véhicules automobiles, de navires et de machines-outils et aide à la réalisation d’infrastructures. Les échanges commerciaux entre le Japon et l’Afrique s’élevaient à 24 milliards de dollars en 2015, contre environ 179 milliards de dollars pour la Chine. Le Japon a multiplié par 14 ses investissements directs étrangers sur le continent entre 2000 et 2014, selon les économistes. Depuis 1982, le gouvernement japonais est membre de la Banque africaine de développement (BAD). Il finance, à travers cette institution, de nombreux projets sur le continent via l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA). Cette structure a engagé, en 2016, un programme de 3 milliards de dollars avec la BAD, pour stimuler la croissance du secteur privé.
K.P.K.
Source : Internet

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