C’est à base de cette pâte de farine moulue que les femmes vont extraire le beurre de karité.

Basée dans la commune rurale de Doulougou dans la province du Bazèga, l’Association pour la promotion économique et sociale des femmes du Burkina Faso (APES-Femmes) œuvre pour l’autonomisation financière de ses membres. A travers le Projet d’appui aux populations locales dépendantes de la forêt (PAPF), 200 membres de l’association participent aux dépenses familiales grâce à la production du beurre de karité.

En 2016, l’Association pour la promotion économique et sociale des femmes du Burkina Faso (APES-Femmes) basée dans la commune rurale de Doulougou dans la province du Bazèga a bénéficié d’un financement à travers le Projet d`appui aux populations locales dépendantes de la forêt (PAPF). Un projet dont l’objectif à terme est de développer et d’appuyer des initiatives spécifiques des communautés locales vivant autour des forêts au Burkina Faso.

Il vise également à renforcer leur participation au Programme d’investissement forestier (PIF), d’une part, et au processus de Réduction des émissions provenant du déboisement et de la dégradation des forêts (REDD+), d’autre part. Grâce à l’encadrement de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’APES-Femmes a créé des activités génératrices de revenus, notamment la collecte des amandes de karité et la transformation des produits forestiers non ligneux.

Le mercredi 14 août 2019 au siège de la structure, une quarantaine de femmes est à l’œuvre pour la production du beurre de karité. Le travail débute rappelle la présidente de l’APES-Femmes Fatimata Ouédraogo, par le ramassage des noix de karité. Des collectrices sélectionnées à cet effet approvisionnent l’association en amandes de karité.

« Les forêts ont été identifiées et il y a des agents techniques d’agriculture qui doivent attester que ces futaies ne sont pas traitées pour permettre le ramassage des amandes », explique-t-elle. Ensuite, poursuit-elle, une équipe de production se charge du tri, de la cuisson, du séchage et de l’étalage des graines de bonne qualité. L’autre étape est l’écrasement des amandes tonifiées au moulin que l’association dispose en son sein.

8,5 t de beurre de karité produites

La farine obtenue est battue et transférée dans une autre machine pour la fonte. « Nous filtrons le beurre de karité et nous le conditionnons dans des cartons de 25 kg pour être vendus sur le marché et à l’étranger », déclare M. Ouédraogo.

Selon la première responsable de l’APES-Femmes, en 2018, l’association a exporté 8,5 t de beurre de karité. De l’avis de la secrétaire générale de l’association Sidonie Sawadogo, le PAPF a eu un impact qualitatif sur le quotidien des membres de la structure. La présidente notifie que les femmes sont engagées dans la promotion des produits forestiers non ligneux et dans la lutte contre la pauvreté, les feux de brousse et les coupes abusives du bois.

« Nous avons constaté un changement de comportement chez les membres parce qu’elles savent comment se procurer des produits de la forêt tout en veillant à sa protection. Nous faisons des reboisements pour renforcer le couvert végétal », rassure la secrétaire générale. L’autonomisation des membres de l’APES-Femmes est un autre changement qui a été constaté avec la mise en œuvre du projet.

Pour la production et la transformation du beurre de karité, chaque femme est payée à 1 000 F par jour selon Sidonie Sawadogo. Elles arrivent, révèle M. Sawadogo, à subvenir à leurs besoins avec la production du beurre de karité. C’est le cas de Maïmouna Rouamba, mère de quatre enfants et productrice de beurre de karité au sein de l’association.

Pour elle, cette activité a permis à ses enfants de poursuivre leurs études. Avant, faute de moyens, ses enfants arrêtaient les études au primaire. A présent, avec la paie qu’elle reçoit de l’activité de production du beurre de karité, elle affirme que ses enfants peuvent poursuivre les études jusqu’au secondaire et même au-delà.

« Cette activité m’a également permis de créer une AGR. J’ai acheté de petits ruminants et je les élève présentement, grâce à l’argent que j’ai économisé à partir de la production du beurre de karité », ajoute-t-elle. De nos jours, elles sont 200 femmes de l’association reparties dans trois villages (Ouidi, Bebtenga et Kagamzèsin) de la commune de Doulougou qui tirent profit de cette activité.

Paténéma Oumar OUEDRAOGO
pathnema@gmail.com

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