Vote des Burkinabè de l’étranger : l’opposition demande la prorogation de l’enrôlement de la diaspora

Le Chef de file de l’opposition politique burkinabè (CFOP) a animé son traditionnel point de presse, le mardi 28 janvier 2020 à Ouagadougou. L’ordre du jour a, entre autres, porté sur la situation sécuritaire, l’enrôlement de la diaspora sur le fichier électoral et le vote des lois à la dernière plénière de l’Assemblée nationale.

A la clôture de l’enrôlement des Burkinabè de l’extérieur, seulement 22 858 compatriotes ont pu effectivement prendre leurs cartes d’électeur. C’est l’information livrée par le Chef de file de l’opposition politique, le mardi 28 janvier 2020 à Ouagadougou, lors de son hebdomadaire conférence de presse. « Il s’agit d’un échec programmé par le pouvoir en place », a martelé le président du Mouvement patriotique pour le Salut (MPS), Pr Augustin Loada, coanimateur de cette conférence avec le vice-président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), Amadou Diemdoda Dicko. C’est pourquoi, conformément aux nouvelles dispositions du Code électoral, l’opposition a demandé la prorogation de l’enrôlement des Burkinabè de la diaspora. Toutefois, elle a estimé que la révision de cette disposition, dont elle s’est félicitée, aurait dû intervenir plus tôt, à l’effet de permettre à la grande majorité des Burkinabè de l’extérieur de se faire enrôler. Par ailleurs, elle a salué le vote de la loi portant fixation de quota et modalités de positionnement des candidats ou candidates aux élections municipales et
législatives.

L’opposition politique s’est aussi inquiétée de la tournure que prend la situation sécuritaire au Burkina, marquée par des attaques de plus en plus orientées vers les populations civiles. Elle en veut pour preuve la mort de 36 personnes le 20 janvier 2020 dans la commune de Barsalgo et, dernièrement, le massacre de dizaines de civils annoncé à Silgadji, dans la province du Soum. « La crise sécuritaire que connaît notre pays, depuis quatre ans, est malheureusement en train de prendre de l’ampleur », a déploré Augustin Loada. Face à cette terreur que les terroristes ambitionnent d’installer sur l’ensemble du territoire, a rappelé l’opposition politique, il appartient au gouvernement de donner davantage de moyens de combat aux Forces de défense et de sécurité (FDS) et d’organiser les renseignements et les relais locaux pour la défense de la patrie. Déjà, le CFOP s’est réjoui de l’annonce récente du recrutement de 2 000 militaires de rang afin de prêter main forte à ceux qui sont déjà sur le terrain. Les animateurs des échanges avec la presse ont poursuivi que les députés de l’opposition ont voté la loi sur le recrutement des Volontaires de la défense pour la patrie (VDP) par patriotisme.

Devant les journalistes, l’animateur principal du point de presse est aussi revenu sur le rapport 2019 de l’ONG Transparency international, publié le 23 janvier 2020. Dans ce document, a indiqué le Pr Augustin Loada, « le régime actuel a réussi la triste performance de hisser » le Burkina Faso de la 72e place en 2016, à la 85e en 2019. Toute chose qui fait que l’opposition s’interroge sur ce que font les institutions de lutte contre la corruption. « Où sont passées les promesses d’une gouvernance vertueuse? », s’est demandé le président du MPS. Pour remédier à ce mal qui « annihile les efforts de développement », le CFOP a proposé, entre autres solutions, le renforcement des systèmes de redevabilité, la promotion de la séparation des pouvoirs, le contrôle des financements politiques, le renforcement de l’intégrité électorale, la prévention et la sanction des campagnes de désinformation.

Soumaïla BONKOUNGOU &
Rahissa CESSOUMA
(Stagiaire)

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