Le Comité de l’appel de Manéga a animé une conférence de presse, le mercredi 5 février 2020 à Ouagadougou, afin de décliner les grandes lignes de la feuille de route, initiée par le Panel des anciens et de personnalités pour la paix et la réconciliation au Burkina Faso (PANAPAX).

Le Comité de l’appel de Manéga ambitionne vulgariser le contenu de la feuille de route pour la promotion de la paix et de la réconciliation nationale, après sa signature le 27 janvier dernier par le Panel des anciens et de personnalités pour la paix et la réconciliation nationale au Burkina Faso (PANAPAX). C’est dans cette perspective que les responsables dudit comité ont organisé une conférence de presse, le mercredi 5 février à Ouagadougou. « Il s’agit d’échanger avec les hommes de médias sur les tenants et aboutissants de la feuille de route par les sages du comité », a, en effet, indiqué Lookman Sawadogo, son secrétaire général.

Il a fait savoir que dans sa philosophie, la feuille de route, proposée par le comité des sages, part du constat que les mécanismes de résolution des conflits et de justice ont montré leurs limites. D’où, l’idée d’explorer la piste africaine de justice afin de parvenir à la réconciliation nationale recherchée par tous, a-t-il soutenu. Selon lui, la feuille de route est bâtie autour de dix axes principaux sous forme de recommandations et s’adresse à tous les acteurs de la société burkinabè. « C’est la recherche de la paix, l’apaisement des cœurs, le repentir et le soulagement qui sont les grandes lignes de cette directive », a-t-il indiqué. Aux titres des recommandations, l’on peut retenir, entre autres, qu’à l’endroit des acteurs et leaders politiques, le document indique qu’il faut favoriser le retour des exilés politiques qui le souhaitent par la prise de mesures si ces derniers manifestent leur désir de rentrer au pays. Concernant l’unité nationale et le vivre-ensemble, la feuille de route, note-t-on, recommande la répression de tous les faits et actes stigmatisant portant sur la race, l’ethnie, la religion, etc. Quant à la quête de justice prônée par de nombreux Burkinabè comme étant un préalable à toute réconciliation, le document invite à « juger en réconciliant et tenir compte du préjudice subi par la société ».

Pour sa mise en œuvre, à écouter les animateurs de la conférence, des activités sont prévues. Ils ont cité, par exemple, des rencontres avec des acteurs de la société, la promotion de la pratique de la contrition et la condamnation de l’antivaleur. La feuille de route ne promeut-elle pas l’impunité ? « Non », a soutenu Lookman Sawadogo. Pour lui, il s’agit de promouvoir une justice traditionnelle comme recours préalable avant d’aller à la justice classique. « Elle ne juge pas les camps, mais rend tout le monde fautif vis-à-vis de l’atteinte à l’équilibre et à l’ordre », a-t-il expliqué. Et d’ajouter qu’elle propose une solution du juste milieu en prônant les valeurs de pardon, de tolérance, d’apaisement des cœurs et de réconciliation entre les uns et les autres. Et en vue de la tenue d’élections apaisées le 22 novembre 2020, un forum national inclusif est proposé mais précédé d’ actes de condamnation expresse des violences de 2014 et 2015, la contrition publique, le pardon et le retour des exilés politiques. « Si nous suivons cette voie, nous parviendrons à une réconciliation nationale durable », s’est convaincu M.Sawadogo.

Soumaïla BONKOUNGOU

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