Révision du fichier électoral 4 500 000 électeurs attendus

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a officiellement lancé la révision des listes électorales biométriques 2020, hier lundi 10 février à Dédougou dans la Boucle du Mouhoun. La cérémonie a été présidée par le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré.

C’est parti pour la révision des listes électorales biométriques des Burkinabè de l’intérieur. La Commission électorale nationale indépendante (CENI), après l’enrôlement de la diaspora, a pris son bâton de pèlerin pour l’inscription de l’électorat de l’intérieur, ce lundi 10 février 2020 à Dédougou dans la Boucle du Mouhoun. En un clic, le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, a délivré au chef de canton de la cité de Bankuy sa carte d’électeur, consacrant ainsi le début officiel de la révision des listes électorales biométriques 2020. Le défi de cette opération, indique le président de la CENI, Newton Amed Barry, est de trouver et d’enrôler 4,5 millions nouveaux électeurs sur l’ensemble du territoire reparti en trois zones. Dans la première zone composée des régions de la Boucle du Mouhoun et du Centre-Ouest, a-t-il dit, plus de deux millions de personnes ont au moins 18 ans (âge de voter), mais environ 900 000 ne sont pas encore inscrites sur le fichier électoral. Pendant une dizaine de jours, les opérateurs de kits sur les 1 605 emplacements, a rappelé M. Barry, vont travailler à enregistrer ces personnes, soit une moyenne de 546 personnes à enrôler par poste. « Un challenge difficile certes au regard du contexte sécuritaire et des déplacés internes, mais nullement hors de portée si chaque acteur politique et de la société civile y met du sien », se convainc le président de la CENI. Sur le plan sécuritaire, l’institution, à l’entendre, a dû procéder à un recentrage avec des zones relativement plus petites et faciles à encadrer  du point de vue sécuritaire en lieu et place des grandes circonscriptions comme de par le passé.  La présence des forces de sécurité dans ces zones de recadrage, à en croire le président de la CENI, sera renforcée.

Un appel à l’implication de tous

 Pour la mobilisation de ce potentiel électorat, M. Barry et ses hommes peuvent compter sur le Conseil national des Organisations de la société civile qui, par la voix de son représentant, Charles Marie Sorgho, s’est engagé à soutenir l’opération. « Le contexte sécuritaire ne rend pas du tout aisé la mobilisation des citoyens, malgré les efforts consentis pour le rétablissement de l’ordre. C’est pour cela que le devoir de mobilisation nous incombe à tous. Pour notre part, en tant que membre actif de ce processus, nous lançons l’appel à l’engagement et la mise en œuvre des actions de conscientisation pour la réussite de la révision du fichier électoral », foi de M. Sorgho. Même élan d’engagement des partis politiques de l’opposition et de la majorité qui ont invité leurs militants et sympathisants à se mobiliser massivement pour se faire enrôler, afin de pouvoir exercer leur devoir civique, le 22 novembre prochain. Pour le représentant de l’opposition, Hamadou Diemdoda Dicko, la réussite d’une élection démocratique dépend de l’état de fiabilité du fichier électoral, condition sin qua non. Estimant que la CENI a emprunté la voie légale, celui-ci a relevé des inquiétudes de l’opposition relativement à l’enrôlement des compatriotes vivant à l’étranger. « L’opposition politique s’inquiète et s’interroge sur les conditions organisationnelles ayant abouti au résultat d’environ 22 000 personnes enrôlées à l’extérieur. Pourquoi et comment est-on arrivé à obtenir un tel résultat alors que le potentiel électoral hors de nos frontières serait estimé à plus de deux millions de personnes ? », s’est-il interrogé. L’opposition politique a donc interpelé la CENI sur la nécessité de reprendre ou de poursuivre l’enrôlement des compatriotes à l’extérieur. Se félicitant de l’engagement du gouvernement à respecter le calendrier électoral, Yénilé Kadenza, au nom des partis de la majorité présidentielle, dit accorder une attention particulière à l’opération de révision des listes électorales. Par conséquent, il a invité les populations à se mobiliser pour l’inscription et à réserver un accueil cordial aux opérateurs de kits.

Kamélé FAYAMA

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