Affectation de policiers aux Affaires étrangères: le syndicat des diplomates dénonce

Le Syndicat autonome des agents du ministère des Affaires étrangères (SAMAE) a organisé, le mercredi 12 février 2020 à Ouagadougou, une conférence de presse pour dénoncer la mise à la disposition de leur département, d’agents de police « en vue de leur affectation dans les missions diplomatiques ».

Les responsables du Syndicat autonome des agents du ministère des Affaires étrangères (SAMAE) sont contre la gestion de certains aspects de leur département. Ils l’ont signifié, le mercredi 12 février 2020 à Ouagadougou, lors d’une conférence de presse au cours de laquelle, la mise à la disposition du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, de 30 agents de police a été décriée. Pour le secrétaire général du SAME, Bruno Kambiré, la raison évoquée par les autorités du ministère pour la mise à la disposition de ces agents au département, est la sécurisation des représentations diplomatiques et consulaires du Burkina Faso. Or, pour lui, selon les termes des conventions de Vienne de 1961 et de 1963, la sécurisation des représentations diplomatiques incombe à l’Etat accréditaire. « Toute affectation d’agents de police burkinabè à cette tâche pourrait être considérée comme une remise en cause de la compétence de cet Etat à sécuriser nos enclaves diplomatiques et pourrait ternir les relations que nous entretenons avec ces pays », a-t-il prévenu.
Il a, en plus, fait savoir que ces 30 agents de police ne seraient qu’une première vague qui doit, à terme, conduire à l’affectation d’une centaine d’autres dans les représentations et missions diplomatiques. Sans mettre en cause leurs compétences professionnelles et le droit légitime de tout agent public à s’épanouir dans sa profession, Bruno Kambiré et ses camarades se sont dit indignés par de tels agissements tendant à « l’infantilisation des diplomates burkinabè et au bradage de la diplomatie ». Pour les responsables syndicaux de la SAMAE, ces manœuvres ne sont pas loin d’un choix fait pour répondre au mécontentement de certains corps de fonctionnaires, au mépris de la situation sécuritaire que traverse le Burkina. En effet, les animateurs de la conférence disent ne pas comprendre une telle démarche qui ne vise, de leur point de vue, qu’à se servir l’affectation dans les missions diplomatique comme
« offrande à des corporations d’agents publics ». « La prédation des postes à l’étranger ne peut que conduire au délitement de l’architecture diplomatique du Burkina », s’est offusqué Bruno Kambiré, invitant les autorités compétentes à la tenue, sans délai, des états généraux de la diplomatie burkinabè.
En attendant, a-t-il poursuivi, la SAMAE condamne le mépris vis-à-vis de leur métier et les nominations « partisanes » et exige le rappel des policiers et du personnel non essentiel affectés dans les missions diplomatiques et consulaires.

Soumaïla BONKOUNGOU

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