Harouna Kaboré, ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat : « Nous avons anticipé sur l’impact négatif de la COVID-19 sur les performances des sociétés d’Etat »

A l’occasion de la tenue de la 28e assemblée générale des sociétés d’Etat, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, dont le département assure la tutelle gestion de ces entreprises publiques, s’est prononcé sur les enjeux de cette rencontre qui se tient dans un contexte de coronavirus.

S : La 28e Assemblée générale (AG) des sociétés d’Etat se tient en pleine pandémie de la COVID-19. Quel est l’impact de cette maladie sur ces entreprises publiques ?

H. K. : Disons que la pandémie a effectivement impacté négativement le fonctionnement de nos entreprises publiques en 2020 mais pas véritablement sur les comptes de l’exercice 2019 qui doivent faire l’objet d’approbation par la 28e session de l’AG-SE.
En notre qualité de tutelle de gestion des sociétés d’Etat, nous avons anticipé sur l’impact négatif de la COVID-19 sur les performances des sociétés d’Etat au titre de l’exercice 2020 qui est en cours.
Nous avons pris la mesure de nous attacher les services d’un expert burkinabè, spécialiste en gestion des risques qui fera une présentation sur l’impact de la COVID-19 sur les performances de nos entreprises publiques. Cette présentation sera l’occasion pour l’AG de prendre des décisions fortes en vue d’améliorer la résilience des sociétés d’Etat face à un monde de plus en plus sujet à des chocs exogènes.
La présentation de l’expert est basée sur la synthèse des impacts que chaque société a notifiés en réponse à un courrier que nous leur avons adressé.

S. : Les sociétés d’Etat ont-elles bénéficié de mesures particulières pour faire face aux effets économiques du coronavirus ?

H. K. : En prélude à des propositions de mesures, il sied d’abord de procéder à l’évaluation de l’impact de la COVID-19 sur ces sociétés ; toute chose qui est en cours.
A cet effet, un diagnostic assorti de propositions de recommandations sera fait par l’expert comme je vous l’avais déjà signifié. Ces recommandations permettront à l’AG-SE de prendre des décisions fortes afin d’améliorer la résilience de nos sociétés pour leur permettre de jouer pleinement leur rôle dans l’économie nationale.

S : Quel bilan faites-vous de la gestion de l’exercice 2019 des sociétés d’Etat ?

H. K. : En termes de bilan, nous disons que 2019 a été satisfaisant par rapport à 2018. En effet sur 21 sociétés d’Etat, seulement trois sont déficitaires, à savoir, la MINOFA, la SONATER et la SBT, contre six sociétés déficitaires en 2018 avec un déficit cumulé de 704 millions F CFA.
Malgré les déficits enregistrés, les performances de nos sociétés se sont consolidées en 2019 avec un accroissement du chiffre d’affaires de 8,73% et aussi la consistance de ce chiffre d’affaires qui se stabilise à 1 379,279 milliards F CFA en 2019. Le résultat s’est également amélioré en passant de 172,664 milliards F CFA en 2018 à 191,641 milliards F CFA en 2019.
En 2019, nos sociétés d’Etat ont contribué à hauteur de 335,590 milliards F CFA au budget de l’Etat. Cette contribution est essentiellement composée d’impôts et taxes et de dividendes.

S : Lors de la 27e AG en fin juin 2019, six sociétés étaient déficitaires à cause de l’insécurité et autres facteurs, avec un déficit cumulé de 2,311 milliards FCFA en 2018. Quelles étaient ces sociétés ? Leur situation s’est-elle améliorée ?

H. K. : Ces six sociétés étaient effectivement l’AGETEER, la MINOFA, la SBT, la SEPB, la SOGEMAB et la SONAGESS.
Fort heureusement, les résultats de l’AGETEER, de la SEPB, de la SOGEMAB et de la SONAGESS se sont révélés bénéficiaires en 2019 témoignant des efforts entrepris par les responsables desdites sociétés pour remonter la pente.
Les trois autres sociétés ont connu une amélioration mais leur bilan reste négatif, voilà pourquoi on ne peut pas parler de résultat satisfaisant.
Vous vous rendrez compte que la SONATER qui a enregistré un résultat positif en 2018 est déficitaire en 2019. Cet état de fait est dû à une certaine instabilité que l’on constate et que l’on déplore au sein de certaines catégories de sociétés notamment les MODP, dont le manque de portefeuille de projets constitue un véritable handicap.

S : Au cours des mêmes assises, les états financiers de l’Agence de conseil et de maîtrise d’ouvrage déléguée en bâtiment (ACOMOD) n’avaient pas été certifiés ? Qu’en sera-t-il à l’AG qui débute ?

H. K. : Relativement à cette question, nous attendrons la décision souveraine de l’AG-SE. Mais ce que je peux dire par rapport à l’ACOMOD-Burkina, c’est que sa situation s’est améliorée en 2019. Elle a soumis deux états financiers cette année, à savoir les états financiers de 2018, qui ont bien entendu été corrigés en tenant compte de l’amendement qui avait été fait et aussi les états financiers de 2019 qui révèlent un résultat bénéficiaire.

S : Comment voyez-vous l’avenir des sociétés d’Etat dans un contexte d’insécurité grandissante et de crise de la COVID-19?

H. K. : L’insécurité constitue véritablement une menace pour nos sociétés d’Etat et aussi pour l’activité économique, en général.
A cet effet, il conviendrait que les sociétés d’Etat développent davantage des stratégies structurantes pour accroître leur capacité de résilience en vue de préserver leur place dans l’économie nationale. Cela devrait se traduire également par la mise en place des plans de continuité d’activités.
Aussi, je puis vous rassurer que le gouvernement est conscient des enjeux et des mesures fortes qui vont être prises pour accompagner nos entreprises dont les activités sont menacées en raison de la situation sécuritaire.

Honoré KIRAKOYA

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