Il assomme un militaire

En liberté provisoire, A.S., 43 ans, devait comparaître à l’audience correctionnelle au Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou, le mercredi 13 janvier 2021. Informé de la date de son jugement, il ne s’est pas présenté à la barre. Malgré tout, il a été jugé pour coups et blessures volontaires ayant entraîné une mutilation. Les faits remontent au mois de juin 2020, dans le quartier Saonré de Ouagadougou. Après avoir quitté le service, en fin d’après-midi, O.K., militaire de son Etat, a effectué un arrêt dans un kiosque à café pour « causer ». Mais sur place, il a dû intervenir pour séparer une bagarre entre A.S. et un tiers. A la suite des événements, O.K. soutient avoir été assommé par A.S. avec un morceau de bois et mordu à l’oreille droite. « Les gens m’ont aidé à me relever. J’ai eu deux semaines d’incapacité de travail et sur-le- champ, j’ai perdu mes 150 000 F CFA », a-t-il relaté. Dans sa déclaration au cours de l’instruction, le prévenu a reconnu l’avoir frappé, mais par un coup de poing, « sur son bras qui tenait une arme ». « Une lutte s’est ensuite engagée entre nous et je l’ai mordu », a lu le parquet. Dans ses réquisitions, le procureur a demandé la requalification des faits en coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail de plus de 7 jours et de moins de 21 jours et d’en déclarer coupable le prévenu. En conséquence, il a requis 24 mois de prison ferme et 250 000 F CFA d’amende. Le dossier a été mis en délibéré, pour le 27 janvier 2021 pour que la victime fournisse le certificat médical et les ordonnances dont les frais s’élèveraient à 112 000 F CFA.

Le promoteur immobilier à la barre
Pendant plus de trois heures d’horloge, Y.C., responsable d’une société immobilière s’est défendu à la barre du Tribunal correctionnel de Ouagadougou, le mercredi 13 janvier 2021. En effet, Y.C. est accusé de « faux en écriture publique », « usage de faux en écriture publique » et « escroquerie ». Né à Manga en 1983, ce commerçant domicilié à Ouagadougou, célibataire et père de quatre enfants, est poursuivi pour avoir établi des Cartes nationale d’identité burkinabè (CNIB) au nom et au préjudice de deux personnes, d’avoir introduit une des CNIB au service des domaines pour vendre une parcelle, d’avoir fabriqué de faux documents de parcelles et enfin, d’avoir escroqué 4 millions F CFA à un couple en lui promettant deux parcelles. « L’une des CNIB portait la photo d’une personne décédée et l’identité du Général Gilbert Diendéré. C’est même marqué qu’il est chef d’état-major dans sa fonction. Il dit avoir acheté 10 parcelles à 35 millions F CFA sans acte de vente avec un certain Adama Zongo. Tantôt, il dit que ce dernier est en Côte d’Ivoire, tantôt il dit qu’il ne sait pas où il se trouve. Seuls lui et Dieu savent si ce dernier existe ou pas », a laissé entendre le procureur dans son réquisitoire. Il a poursuivi que le prévenu cherche à mener le tribunal en bateau. « Il est bel et bien celui qui a fabriqué toutes les CNIB et documents de parcelles avec la complicité d’agents de l’Office national d’identification (ONI) et du Guichet unique du foncier », a-t-il dit, avant de requérir de le condamner à 7 ans de prison ferme et un million F CFA. Quant à l’avocat du prévenu, il est du même avis et a estimé qu’il est temps d’assainir le milieu. Il a demandé la clémence de la juridiction parce que son client est un primo délinquant, avant de promettre que son client paiera les dommages et intérêts à tous les plaignants si sa peine est assortie de sursis. Le dossier a été mis en délibéré.

Six mois fermes pour se « désintoxiquer »
Agé de 25 ans, F.C. a comparu à la barre au TGI de Ouagadougou, hier mercredi 13 janvier 2021 pour répondre des faits d’abus de confiance. Il est accusé d’avoir détourné ou dissipé, en juin 2020, quatre téléphones portables et une CNIB appartenant à R.O.
« Il y a eu une bagarre que nous avons séparée. R.O. est parti et ses amis m’ont remis ses quatre portables et sa CNIB d’aller lui remettre vers 22h. On ne s’est plus vu la nuit. Le lendemain matin, j’avais besoin d’argent. Je suis allé garantir les portables pour prendre 25 000 F CFA avec T.K. et j’ai jeté la CNIB dans les toilettes », a reconnu F.C. Il a précisé avoir ainsi agi par vengeance, parce que R.O. lui avait fait la même chose. Pour le procureur, les faits sont établis et il faut sévir pour que F.C. retienne la leçon. Il a donc requis qu’il soit maintenu dans les liens de la prévention, l’a déclaré coupable et condamné à 36 mois de prison ferme et 500 000 F CFA d’amende.
Dans sa plaidoirie, la défense de F.C. a aussi précisé que les faits sont constants et le prévenu les a reconnus. « Est-ce que sa place est en prison ? N’y a-t-il pas lieu de lui donner une chance de se réinsérer dans la société ? », a-t-elle demandé, avant de plaider pour qu’il soit placé dans un centre de désintoxication, parce que son client aurait agi sous l’emprise des stupéfiants. Estimant que le prévenu a vainement fait une cure de désintoxication à l’extérieur du Burkina Faso, le tribunal l’a condamné à 18 mois de prison dont 6 mois fermes et une amende de 500 000 F CFA. « Peut-être que les six mois de prison l’aideront à abandonner la drogue », a conclu le président du tribunal.

Rassemblés par Jean-Marie TOE
et Lati Fatou TARBANGDO (stagiaire)

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