Zone de libre-échange économique en Afrique: les opportunités et défis expliqués aux acteurs

Le Centre d’études et de recherche sur l’intégration économique en Afrique a organisé une conférence publique sur le thème : « ZLECAF, nouvelles opportunités et nouveaux défis pour les pays de L’UEMOA », jeudi 21 janvier 2021 à l’université Joseph-KI-Zerbo. La conférence était placée sous la présidence du ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Harouna Kaboré.

Alors que la Zone de libre-échange économique en Afrique (ZLECAF) est en vigueur depuis le début de l’année, le Centre d’études et de recherche sur l’intégration économique en Afrique (CERIEA) souhaite contribuer à l’information des citoyens sur le concept de la Zone de libre-échange. Pour ce faire, il a organisé une conférence publique sur les nouvelles opportunités, les nouveaux défis pour les pays de l’UEMOA sur l’entrée en marche de la ZLECAF. Pour le président du CERIEA, Mahamoudou Diarra, la conférence vise à mettre au courant les acteurs du privé qui ont l’ambition de conquérir le marché africain des potentialités et mesures en amont pour optimiser leurs gains. Dans sa communication inaugurale, il a expliqué que la zone de libre-échange économique est en fait l’étape numéro 1 pour l’intégration économique et monétaire en Afrique. « C’est un simple accord commercial qui institue une zone de préférence douanière, c’est-à-dire une réduction des tarifs douaniers jusqu’à 90% et des barrières non douanières. C’est aussi un vaste marché de 1,7 milliard d’habitants », a-t-il défini. Selon le professeur Diarra, en l’absence d’un désarmement total des droits de douane, la ZLECAF n’est pas une zone de libre échange en tant que tel. Elle n’est pas non plus une union douanière ou un marché commun au sens strict. Concernant les effets directs de la ZLECAF, le président du CERIEA a soutenu que l’accroissement des flux commerciaux entre pays africains est censé apporter le bonheur aux populations. Mais pour cela, il faut qu’il y ait effectivement quelque chose à échanger et une application effective de l’accord. La fin du commerce par procuration qui consiste à revendre aux autres pays des produits chinois reconditionnés par exemple est l’une des conditions essentielles pour que la ZLECAF puisse effectivement apporter le bonheur. Le ministre de l’Industrie du Commerce et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, a souligné que le Burkina a décidé de protéger 3% de ses produits. « L’ouverture va se faire sur 97% des produits sur 10 ans », a-t-il poursuivi. A la suite de M. Diarra, Yaya Ouattara, un économiste consultant a animé une communication sur l’état des lieux des échanges intra-africains et les obstacles aux échanges commerciaux. Il a relevé l’existence de plusieurs communautés économiques régionales souvent imbriquées entre elles. Pour lui, le commerce entre les communautés restent faibles et la ZLECAF est un tremplin pour améliorer le volume à condition de développer la complémentarité de leurs avantages comparatifs. En effet, l’avantage comparatif de la CEDEAO concerne la production de coton, de cacao et d’arachide et celui de l’Afrique centrale porte sur la transformation industrielle. Il a ajouté que la CEDEAO reste compétitive vu sa balance commerciale excédentaire. La diplomate Mireille Sanou, à travers une communication sur le projet d’adhésion du Maroc à la CEDEAO, notamment les effets induits sur les échanges bilatéraux, a affirmé qu’une union douanière entre la CEDEAO et le Maroc aura un effet positif sur le volume des échanges. Toutefois, elle a suggéré que cette adhésion s’accompagne d’une harmonisation des politiques. Le directeur des échanges commerciaux, Souleymane Ouédraogo, a fait l’état des lieux des échanges commerciaux entre le Burkina Faso et ses partenaires. Il ressort que le pays des Hommes intègres commerce plus avec les pays de la CEDEAO, mais doit
relever le défi des infrastructures et de la qualité des
produits manufacturés pour augmenter le volume de ses échanges.

Nadège YE

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