Côte d’Ivoire: le Premier ministre Hamed Bakayoko s’est écroulé

La nouvelle est tombée hier 10 mars 2021 dans la soirée comme un couperet. Ahmed Bakayoko, Premier ministre de Côte d’Ivoire, est décédé à l’âge de 56 ans, en Allemagne où il avait été transféré d’urgence dans la matinée du 6 mars, des suites d’un cancer. Le 18 février, il avait été évacué à l’hôpital américain de Paris en France pour y recevoir des soins. Dans la foulée, Le président Alassane Ouattara a rendu un hommage à Hamed Bakayoko, qu’il considère comme son « fils et proche collaborateur ». Le chef de l’Etat ivoirien a indiqué que l’illustre disparu était « un grand homme d’Etat, un modèle pour la jeunesse et une personnalité d’une grande générosité et d’une loyauté exemplaire ». Ministre de la Défense et maire d’Abobo, une commune d’Abidjan, Hambak, comme l’appelaient affectueusement ses concitoyens, était l’un des fidèles lieutenants du président Ouattara depuis plus de vingt ans. Il venait d’être réélu député dans sa circonscription de Séguéla sous la bannière du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Ces derniers jours, les rumeurs de plus en plus persistantes sur Hamed Bakayoko avaient laissé présager que quelque chose de grave pouvait arriver au Premier ministre. Et comme si cela ne suffisait pas, la nomination de Patrick Achi comme chef de gouvernement par intérim avait fini par convaincre que ce n’était pas pour demain, le retour des Hambak aux affaires en Côte d’Ivoire. Si son décès est dû à un cancer, si l’on en croit le chef de l’Etat, l’on ne peut s’empêcher de penser que l’hyperactivité de l’ex-Premier ministre a été pour quelque chose dans sa disparition brutale. Cumuler les charges du chef du gouvernement, du ministre de la défense, de maire d’Abobo et d’autres fonctions moins officielles, sont quasiment insup-portables pour un seul homme. L’histoire se répète pour la Côte d’Ivoire, car ce décès intervient huit mois après celui de son prédécesseur, Amadou Gon Coulibaly le 8 juillet 2020. Orphelin, le président Alassane Ouattara paraît plus que jamais comme un porte-malheur pour son pays. Et ce décès ne manquera pas de supputations notamment pour ceux qui n’avaient pas vu d’un bon œil son troisième bail, considéré comme un mandat de trop et de tous les dangers.

Anselme KAMBIRE

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