L’aide-pharmacien qui s’est érigé en médecin-traitant

S.A.Z., aide-pharmacien, était face aux juges de la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Bobo-Dioulasso, le lundi 20 décembre 2021 pour répondre de trois chefs d’accusation. Il s’agi d’usurpation de titre, d’escroquerie et de faux en écriture publique. Le prévenu a reconnu avoir posé ces actes à la barre, en confessant qu’il a juste voulu rendre un service à un ami qui, a-t-il dit, lui aurait même témoigné sa reconnaissance après le service rendu.

En effet, membre d’une association œuvrant dans le domaine de la santé, S.A.Z. le faux médecin a ausculté A.P.S., lui a réalisé un examen de scanner (avec le scanner de l’association). Il lui a même prescrit une ordonnance. Etes-vous formé pour réaliser un scanner ou prescrire une ordonnance ?

A cette question du tribunal, le prévenu a répondu par la négative, même s’il insiste qu’il sait manipuler le mini-scanner qui a servi à réaliser l’examen sur le patient A.P.S. Il a confié avoir fait toutes ces prestations après les instructions du premier responsable de l’association dont il est membre.

Version qui a été contestée par ce dernier au cours de l’instruction du dossier et mieux, le responsable de l’association a même dénoncé les doses de médicaments prescrits et le format de l’ordonnance, selon le rapport d’enquête. En plus des faits d’usurpation, le prévenu a aussi été poursuivi par le procureur du Faso pour escroquerie du fait d’avoir pris 25 000 FCFA à « son patient d’un jour » pour la réalisation de l’examen du scanner et 22 500 FCFA pour lui avoir vendu des produits.

Le tout sans verser les frais de prestation dans les caisses de l’association. Le dernier chef d’accusation, faux en écriture publique s’est invité dans la procédure grâce à une perquisition du domicile du prévenu. C’est là qu’il a été retrouvé des photocopies de diplômes « falsifiés » à son nom. Un des diplômes lui attribuant le « BAC A4 » et l’autre le « BAC D ».

Interrogé, il a reconnu n’avoir que le niveau de la classe de 3e. Quant à ces diplômes, il a dit les avoir acquis il y a au moins 8 ans de cela, mais ne s’en est jamais servi. Une de ses connaissances de Ouagadougou lui aurait pris une copie de sa CNIB pour lui faire une surprise. Et c’est là, a-t-il relaté, le faussaire lui aurait apporté les photocopies avec toute son identité, lui demandant 50 000 FCFA pour lui apporter les originaux.

Il a avoué que le marché n’a pas été conclu, car il n’était pas intéressé. Le procureur a requis de le reconnaitre coupable pour tous ces faits sus-cités et le condamner à 5 ans de prison dont un ferme et à une amende ferme d’un million FCFA. Au verdict, il a été reconnu coupable et condamné à 5 ans de prison dont deux fermes et à une amende ferme d’un million FCFA.


Par imprudence en circulation il ôte la vie à une petite fille de 7 ans

T.A., chauffeur de profession et âgé de 28 ans, est cité ce vendredi 10 décembre 2021 à la Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso pour répondre en premier ressort des faits de défaut de maitrise au volant, d’homicide involontaire et de dégradation du bien d’autrui.

En effet, au volant d’un véhicule et parti de la cité de Sya, roulant à une vitesse « excessive », le jeune conducteur, par manque de prudence, percute une gamine de 7 ans voulant traverser la voie. Dans les mêmes circonstances le véhicule percute une motocyclette.

A la barre, le prévenu reconnait les faits en laissant croire que les enfants s’amusant au bord de la chaussée ont surgi brusquement devant lui. Ce qui ne lui a pas permis de maitriser à temps son véhicule. C’est lorsqu’il a percuté la petite fille, a-t-il poursuivi, qu’il a abandonné le véhicule sans l’immobiliser, laissant ses occupants (au nombre de 7) au risque de se faire luncher.

Sans conducteur à bord, le véhicule a percuté tout seul la motocyclette, a fait savoir à la barre T.A. Le procureur du Faso, convaincu que T.A. a manqué d’obligation de prudence en matière de circulation, d’où les infractions d’homicide volontaire et de dégradation de la motocyclette, a recommandé qu’il soit déclaré coupable pour ces faits.

En répression, le parquet a requis une peine d’emprisonnement de 24 mois dont 4 fermes et une amende de 1 000 000 F CFA avec sursis. Le tribunal a eu la main plus lourde car T.A est condamné à 24 mois de privation de liberté dont 6 fermes et à une amende de 1 000 000 F CFA aussi ferme.

Rassemblés par

Kamélé FAYAMA &

Alpha Sékou BARRY

alphasekoubarry@gmail.com

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