Nous vous suivrons si…

Depuis qu’on a dit qu’on va fouiller, farfouiller et fouiner dans les poubelles intimes de l’administration publique, certains ont applaudi et attendent de voir la fumée noire blanche sortir des cheminées crasseuses des cuisines intérieures. D’autres sont devenus épidermiques et fébriles et marchent la queue entre les jambes en tremblotant de la tête aux pieds comme s’ils avaient vu un fantôme. Mon voisin, lui, a perdu le sommeil depuis cette annonce à effet de coup de semonce. Quand il marche, il parle parfois seul ; ses chiffres sont bons mais il fait des calculs qui ne tombent pas. Il gesticule jusqu’aux limites du ridicule sur la ligne rouge de ses propres scrupules.

Il paraît qu’il fait même des appels intempestifs entre deux heures et quatre heures du matin à ses affidés restés sur le quai du débarquement. Et comme il ne peut plus mettre les pieds au service pour tenter de désamorcer sa bombe « Satan », il passe par ses hommes de main pour se laver les mains et montrer patte blanche à qui de droit à l’heure du bilan. Il y en a qui sont en train de courir derrière les pièces manquantes d’un puzzle qu’ils ont eux-mêmes constitué mais dont ils ne parviennent plus à reconstituer les morceaux épars, faute de mode d’emploi orthodoxe. Seul celui qui est capable de regarder à l’envers un film d’horreur, de la fin au début, peut comprendre et réaliser l’exploit d’échapper aux ventouses du labyrinthe. Il y en a même qui osent braver l’insécurité pour aller nuitamment chercher l’antidote de l’épée de Damoclès chez « Ozou », le trapu barbu du ministère des affaires occultes.

Il n’y a rien de plus difficile que la comptabilité de la culpabilité en situation de redevabilité d’urgence ! il n’y a rien de plus compliqué en mathématiques que de résoudre dans un bref délai méconnu, une équation à plusieurs inconnues, composée par un illustre esprit inattendu. Il faut être un héros pour savoir traiter d’un problème concret à six ou sept chiffres placés après le premier chiffre et dans lequel problème ce qui est soustrait est secret et ce qui reste est discret et un peu trop abstrait pour être vrai. Le vrai casse-tête digne de la quadrature du cercle, c’est quand on vous demande de convertir une réalité à partir d’une simple écriture du réel en une créature de l’écriture, sans rature, sans vous donner les clés du micmac. Visiblement, cette fois-ci, l’affaire semble sérieuse et il paraît que des têtes vont tomber. Selon ce qu’on raconte, la tontine des cantines de rapines est une grosse épine dans l’étrier de notre développement.

Il faudrait donc non seulement avoir le courage d’ouvrir la boîte de Pandore mais aussi assumer toutes les conséquences que cela implique dans les faits. En tout cas pour le fou qui fouine dans ma poubelle, « il faut être fou pour lutter contre la folie des hommes pour la folie des grandeurs. Il faut être un fou qui vaut Cent carats pour s’aventurer dans les méandres des conglomérats de l’omerta. Il faut être fou pour avoir l’audace de se déshabiller d’abord pour mieux se connaître avant d’aller à la découverte des autres tirés à quatre épingles. Et la vraie folie ne s’annonce pas ; elle tombe comme la pluie, le grand déluge ! Elle retentit comme un couperet, la guillotine ! Elle frappe comme la foudre silencieuse qui n’attend pas que gronde le tonnerre pour foudroyer la terre. La vraie folie, la vraie, c’est quand vous êtes capable de foutre votre main droite dans le purulent merdier de vos semblables, sans merder et la remuer de fond en comble pour en ressortir avec la merdeuse mais sublime pépite de l’intégrité qui manquait à l’intégralité de notre dignité, et qu’il faudra juste laver à la sueur ou au sang pour tout réhabiliter. Hélas, n’est pas fou qui veut mais qui peut ! ».

Pour le fou, la grandeur est différente de la bonté et le plus grand des hommes, ce n’est pas celui qui donne aux autres mais celui qui s’adonne à une cause au point de s’y abandonner, pour les autres. Les grandes visions ne sont pas démocratiques ; on n’a point besoin de monde pour prouver que la terre est ronde. Galilée avec sa lunette astronomique était seul dans son « hérésie » face à Aristote et à l’Eglise catholique quand il affirmait en 1610 que la Terre n’était pas le centre de l’univers, mais tournait plutôt sur elle-même et autour du soleil. Il a été jugé et condamné pour son excès de « foi scientifique », mais cela n’a jamais entamé sa conviction et ses certitudes. « Et pourtant, elle tourne ! ». Alors, « creusez, fouillez, bêchez, ne laissez nulle place où la main ne passe et repasse », et exhumez, traquez et châtiez les esprits de la corruption. Vous réussirez cela seulement si vous croyez plus en vous qu’à quiconque vous entoure. En chemin, commettez des erreurs humaines s’il le faut, tomber mais relevez-vous vite avec les défis et nous vous suivrons même à tâtons !

Clément ZONGO clmentzongo@yahoo.fr

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