Fête de l’Aïd el Fitr : L’imam Abdallah Ouédraogo plaide pour une justice sociale

Les fidèles musulmans ont célébré l’Aïd el Fitr marquant la fin du Ramadan, le lundi 2 mai 2022. A Ouagadougou, la communauté musulmane du Burkina Faso a prié, à la Place de la Nation sous l’égide de l’imam Abdallah Ouédraogo.

 En ce début de journée du 2 mai 2022, le sourire se lit sur les visages des fidèles musulmans qui convergent à la Place de la Nation de Ouagadougou. Comme à l’accoutumé, cette mythique place est « envahie » dès 8 heures par les fidèles parés de beaux vêtements, venus prendre part à la prière de l’Aïd el Fitr marquant la fin du mois de Ramadan. Avant l’arrivée de l’imam Abdallah Ouédraogo qui va officier la prière au nom de la Communauté musulmane du Burkina Faso (CMBF), les fidèles ont droit à des cantiques, chants…en la gloire d’Allah qui leur a permis de jeûner 29 jours durant. 9H5mn, l’imam fait son entrée dans l’espace de la prière. Les fidèles commencent à s’ « extirper » de leurs nattes et tapis de prière…9H10mn, c’est le début de la prière solennelle de l’Aïd el Fitr. Après deux rakats l’imam met fin à la prière. Place au sermon. Dans son adresse aux milliers de fidèles, Abdallah Ouédraogo rend grâce à Allah d’avoir permis après un mois de privation, d’abstinence d’arriver à ce jour. Dans son sermon à l’assistance qui a le visage rivé sur lui, il insiste beaucoup sur la justice sociale et le partage. « Aujourd’hui, lorsque vous avez des problèmes au niveau des citoyens, administrations…il faut revoir la question de la justice à tout moment. S’il y’a la justice, il y’a la paix. S’il n’y’a pas la justice, cela crée une sorte de révolte », alerte l’imam. Avec la crise sécuritaire que le pays traverse, il estime que les Burkinabè ne doivent pas rester les bras croisés, les yeux fermés envers nos frères déplacés en situation difficile. Donc, dit qu’il appartient à tous de travailler à partager avec eux selon les recommandations de l’islam. « Lorsque vous avez a mangé, des biens…il faut songer aux pauvres et partager avec eux. Nous avons aujourd’hui des déplacés qui n’ont rien et dépouiller de tous leurs biens. Mais s’il y’a une justice sociale, il y’a une sorte de complémentarité entre les gens dans la société », insiste l’imam. Le pays traversant des difficultés sur le plan sécuritaire, l’imam Ouédraogo révèle que l’arme du croyant, c’est la prière. C’est pourquoi, il souhaite que tous joignent leurs voix et prières pour demander à Allah de répandre sa clémence et sa paix sur le pays. De tout cœur, le Mogho Naaba Baongo, souhaite que la paix règne au Burkina. Et pour cela, il dit que les Burkinabè doivent s’entraider et surtout renforcer leurs liens de  solidarité. Le président de  la CMBF, Moussa Kouanda tout en  remerciant Dieu d’avoir accordé à tous les musulmans ce jour béni reconnait qu’aujourd’hui, le Burkina vit une situation critique. Fort de ce constat, il  dit qu’il va demander à tous les imams de multiplier les prières pour la paix au Pays des Hommes intègres.

 

L’unité dans la diversité

A cette célébration de la fête de la rupture du jeûne, le ministre en charge des affaires religieuses, Issaka Sourwema et le ministre en charge de la cohésion sociale sont venus au nom du gouvernement soutenir la CMBF. « Nous sommes venus apporter notre soutien à la communauté musulmane », indique M. Sourwema. Ce dernier dit être heureux de l’extraordinaire limpidité et pertinence du sermon de l’imam qui a prêché pour l’unité dans la diversité. Pour lui, c’est dans la différence que chacun peut apporter ce qu’il a de particulier, de fondamental de manière à construire une société unie. « Dans la société burkinabè qui est confessionnellement et ethniquement multiple, en réalité, nous devrions rechercher dans ces spécificités le dénominateur commun positif qui nous permet de vivre ensemble. Toutes les âmes et religions sont de même valeur. Sinon Dieu n’aurait pas permis que les différentes religions existent », affirme le ministre en charge des cultes. Le président de la CMBF d’ajouter : « C’est le seul pays où tu rentres dans une famille et tu trouves toutes les religions représentées. Nous n’avons aucun problème de vivre ensemble. C’est un don de Dieu », se réjoui Moussa Kouanda. Le chargé d’affaires du nonce apostolique, Abbé Boya Johny, au nom du pape François et du cardinal Philippe Ouédrago souhaite une bonne célébration de l’Aïd el Fitr à tous les musulmans. « Les Chrétiens et Musulmans doivent partager la joie et le pain. Dans la situation difficile du Burkina, avec la collaboration entre musulmans et chrétiens, nous avons confiance de pouvoir relever le défi, surmonter les difficultés avec la prière », pense Abbé Boya Jonhy.

Abdel Aziz NABALOUM

emirathe@yahoo.fr

Crédit photo : Remi ZOERINGRE

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