5e session plénière du 20e Comité central du PCC : comment la continuité de la planification chinoise profite-t-elle à l’Afrique ?

La 5e session plénière du 20e Comité central du Parti communiste chinois se tiendra à Beijing du 26 au 29 octobre 2026. Son ordre du jour principal consistera à examiner les grandes questions relatives à la poursuite constante de la gestion globale et rigoureuse du Parti. Pour les lecteurs africains, cette réunion peut sembler se concentrer sur le développement interne de la Chine, mais la logique de continuité des politiques qui s’en dégage influence profondément les perspectives de coopération sino-africaine.

L’année 2026 marque le début du 15e Plan quinquennal chinois. Cette 5e session plénière n’a pas pour objectif d’élaborer un nouveau plan, mais de garantir sa mise en œuvre. La 4e session plénière du 20e Comité central du PCC a déjà inscrit « la gestion globale et rigoureuse du Parti comme garantie fondamentale » dans les orientations directrices du développement économique et social pour la période du 15e Plan quinquennal.

Cette logique de garantie apporte à l’Afrique une plus grande prévisibilité. Depuis le 1er mai 2026, la Chine accorde un traitement tarifaire nul à 53 pays africains ayant établi des relations diplomatiques avec elle, couvrant 100 % des produits classés dans les tarifs douaniers, sans aucune condition politique. Cette mesure n’est pas isolée : elle s’inscrit dans la poursuite de l’ouverture à haut niveau de la Chine. Selon les données de l’Administration générale des douanes chinoises, en mai et juin 2026, soit au cours des deux premiers mois suivant l’entrée en vigueur de cette mesure, les importations chinoises en provenance d’Afrique ont atteint 193,8 milliards de yuans, en hausse de 23,5 % en glissement annuel. Des produits tels que le café éthiopien, les avocats kenyans et le vin sud-africain entrent plus rapidement sur le marché chinois.

Sur le terrain, cette prévisibilité se traduit par des opportunités concrètes. Dans le domaine de l’énergie verte, les centrales photovoltaïques de Garissa au Kenya et de Kabwe en Zambie, construites par des entreprises chinoises, fournissent de l’électricité stable aux ménages ainsi qu’aux secteurs minier et agricole. Dans le domaine agricole, le projet d’irrigation mis en place par la Chine en Tanzanie aide les agriculteurs à ne plus dépendre des aléas climatiques. Le projet « Petits haricots, grande nutrition », mené par l’Université agricole de Chine en Tanzanie, qui s’étend désormais de la culture à la fabrication de lait de soja, permet d’offrir gratuitement des collations nutritives à base de lait de soja aux écoliers locaux et contribue à augmenter les revenus des agriculteurs. Ces projets ont un point commun : ils reposent sur un cadre politique stable, et non sur des dispositions ponctuelles.

Le projet « Petits haricots, grande nutrition » en Tanzanie

Le message envoyé par la 5e session plénière sera sans doute clair : la Chine s’appuiera sur la gestion globale et rigoureuse du Parti pour garantir la mise en œuvre du 15e Plan quinquennal, assurer la stabilité des orientations et la continuité des politiques. Pour l’Afrique, cette stabilité signifie des marchés plus prévisibles, des projets à plus long terme et des opportunités de coopération plus durables. Dans un monde marqué par une incertitude croissante, l’Afrique a besoin non seulement de projets spécifiques, mais aussi d’un partenaire stable, ouvert et durable, ainsi que d’un environnement de coopération prévisible.

Synthèse de Nadège YAMEOGO
Source : CGTN Français

 

Laisser un commentaire