La gouvernance du Président français, Emmanuel Macron, qui boucle un second mandat en mai 2027, fait l’objet de vives critiques, voire d’une désapprobation quasi-générale. Au cœur de la polémique depuis les législatives anticipées de 2024, qui ont plongé l’Hexagone dans une instabilité politique et institutionnelle, le chef de l’Etat fait désormais face à une fronde sociale sans précédent. Des centaines de milliers de ses compatriotes ont battu le pavé dans plusieurs villes du pays, le 17 octobre 2026, pour dénoncer, entre autres, la « vie chère », la baisse du pouvoir d’achat, les mauvaises conditions d’enseignement et la casse des institutions.
Cette mobilisation, qui a rassemblé des gilets jaunes, des salariés, des syndicalistes, des étudiants, a dégénéré en affrontements, pillages et dégradations de biens publics et privés. S’il a dénoncé la violence et assuré que les casseurs et les pilleurs vont être poursuivis et punis, le Président Macron aura du mal à tempérer les ardeurs. Même les arrestations qui ont été opérées durant ces manifestations ne suffiront pas à maitriser les nerfs des Français, qui n’en peuvent plus de vivoter. En effet, la grande majorité de la population française rumine la hausse significative des produits de première nécessité, des factures d’électricité et de gaz et la revalo- risation des coûts d’assurance et des tarifs des mutuelles de santé.
Certains projets comme la réforme des retraites ou de l’assurance-chômage passent mal aussi dans l’opinion, en ce qu’ils sont perçus comme étant injustes. Pratiquement sous perfusion financière avec le renchérissement du coût de la vie, une bonne partie des Français crient leur ras-le-bol auprès de l’autorité, dans l’espoir d’obtenir un soulagement. Macron fait face à une pression politique qui ne va pas baisser de sitôt, tant que des solutions ne seront pas apportées aux revendications sociales. Une grande journée intersyndicale de grève et de manifestation interprofessionnelle est d’ailleurs prévue pour le 5 novembre prochain.
La rue est plus que jamais déterminée à faire bouger les lignes. Si la conjoncture économique mondiale, les politiques structurelles et la fragilité macro-économique de la France apparaissent comme des facteurs explicatifs de la vie chère, c’est surtout l’autoritarisme de Macron, prêt à snober les partenaires sociaux et les élus pour faire passer des mesures impopulaires qui fâchent dans l’Hexagone. Le chef de l’Etat français affiche actuellement une côte de popularité historiquement basse de 15 %. Impopulaire auprès de ses compatriotes et même dans son propre camp, Macron a emporté avec lui, dans sa dégringolade, l’image de la France, dont l’influence en Afrique de l’Ouest est réduite pratiquement au néant, avec les politiques souverainistes menées par la Confédération des Etats du Sahel (AES), composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger.
Que peut-on retenir concrètement de l’action de Macron, dont la fin de règne n’est pas enviable ?
Le locataire du palais de l’Elysée est en passe de léguer à la postérité, un pays politiquement, socialement et économiquement instable, avec une dette et un déficit qui mettent les agences de notation en alerte permanente. Sur le plan diplomatique, l’histoire retiendra, que c’est sous sa présidence, que la politique française en Afrique faite de paternalisme et de prédation des ressources naturelles, a connu ses plus grands revers. Les Africains dignes entendent désormais s’accommoder de relations décomplexées avec l’ancienne puissance coloniale, qui ne peut plus dicter sa loi partout. La France va mal. Son président, acculé de toutes parts, ne s’en porte pas mieux. A l’allure où vont les protestations, le départ du pouvoir de Macron sera synonyme de soulagement pour bon nombre de Français.
Kader Patrick KARANTAO



