Le Bureau d’information sur le crédit de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (BIC-UEMOA) a tenu
la VIIIe édition de sa rencontre annuelle, les 15 et 16 octobre 2026, à Ouagadougou.
Le Bureau d’information sur le crédit de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (BIC-UEMOA) veut faire
de la qualité des données, un socle incontournable. C’est pourquoi, il a tenu la VIIIe édition de sa rencontre annuelle, les 15 et 16 octobre 2026 à Ouagadougou autour du thème, « Une donnée fiable pour un crédit fiable, faire de la qualité des données le socle incontournable du dispositif BIC-UEMOA ». Les deux jours de rencontre se sont achevés par un dîner de gala Awards. Ce fut l’occasion de récompenser des structures financières. Dans la catégorie Banque, la BOA Burkina Faso s’est illustrée pour la mise à jour des contrats et le respect des délais, tandis que Vital Finance a été distinguée dans la microfinance. Le groupe ivoirien Compagnie ivoirienne d’électricité et la Société de distribution d’eau de Côte d’Ivoire (CIE/SODECI) a reçu le trophée du meilleur facturier et le Mali a remporté le prix du meilleur consommateur grâce à UBA Mali.
Cette rencontre d’envergure régionale entend relever le défi de la qualité des données transmises au Bureau, selon le directeur général de Crédit Info West Africa, Sidy Kounta. Il a fait savoir que les données sur le crédit favorisent une meilleure allocation des ressources financières et renforce la confiance entre prêteurs et emprunteurs. « La rencontre nous a permis de partager nos expériences, d’échanger sur les meilleures pratiques, d’identifier les difficultés rencontrées sur le terrain et surtout de définir ensemble des solutions concrètes pour améliorer durablement la qualité des données », a-t-il déclaré.
Le représentant de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Dame Thiam a expliqué que le taux de consultation du BIC est passé de 45 % en 2016 à 68 % en 2026. Une progression qu’il a jugée importante. Toutefois, a-t-il regretté, des difficultés persistent en matière de couverture, d’exhaustivité et d’exactitude des données. Il a notamment relevé que 22,7 % des contrats ne sont pas actualisés dans la base de données du BIC. Pour renforcer la fiabilité du dispositif, la Banque centrale a entrepris des actions que sont le renforcement des contrôles, la mise en place des cadres de concertation avec les acteurs et l’élaboration d’un projet de gouvernance des données, a déclaré Thiam.
Inclure les PME dans la base de données du BIC

Sur 18 millions de clients enregistrés sur le dispositif pour une population régionale d’environ 151 millions de personnes, les entreprises ne représentent que 2 % des entités. Pour le représentant du ministre en charge de l’économie du Burkina, Boukaré Zoanga, ces chiffres laissent voir une couverture insuffisante de la population adulte et une présence limitée des entreprises, notamment des Petites et moyennes entreprises (PME) dans le dispositif. Il a donc préconisé le renforcement de leur intégration dans le système de données du BIC. « Ce sont précisément ces acteurs qui portent une part essentielle de l’activité économique. Lorsqu’ils demeurent insuffisamment connus des systèmes financiers, leur accès au crédit peut s’en trouver entravé », a-t-il affirmé.
Un panel consacré au thème principal de la rencontre était au menu des échanges.
A cet effet, le panéliste Franck Medje a rappelé que la fiabilité des données est une condition essentielle au financement de l’économie. Selon lui, les banques, dans leurs missions de financer les économies à travers l’octroi de crédits, ont besoin de données fiables sur le comportement des emprunteurs pour évaluer leur capacité de remboursement. La disponibilité d’informations fiables est donc indispensable pour éviter la dégradation des portefeuilles de crédit, qui pourraient à terme, fragiliser les établissements financiers.
Galedie Kétoura SIMPORE
Pingdebwoaga Urielle Lauryn KABORE



