Alors que la France est à feu et à sang depuis plusieurs semaines avec l’éruption volcanique, dans les lycées et collèges qui ravage désormais tout le corps social, les médias français dans leur grande majorité traite le sujet du bout des lèvres et de manière biaisée accusant à tour de bras les milieux « gauchistes » et les black boks spécialistes en casse et en pillage. Un traitement biaisé si tant est que l’insurrection populaire qui a cours actuellement en France tire son origine des politiques économiques et sociales ultralibérales qui ont plombé irréversiblement l’avenir de cette prétendue grande puissance dont l’histoire révèle qu’il est plutôt un Etat parasite qu’autre chose. Une couverture médiatique parcimonieuse et tronquée qu’il faut cependant saluer, car, elle illustre quelque part, le degré de patriotisme des médias français, ce qui devrait édifier certains adeptes de la liberté d’expression et de critique chez nous, surtout en ces moments cruciaux de notre histoire sociopolitique.
C’est vrai qu’il ne convient pas de faire montre d’un optimisme panglossien à l’analyse des réalités du moment, mais le criticisme exagéré de la part de certains « milieux » traduit plus un ressentiment personnel suite à la perte de certains privilèges. Dans sa volonté de « contrôle absolu » de nos Etats, la France n’a pas oublié le secteur capital des médias avec son fonds d’appui à la presse francophone, chargé de « biberonner » les médias phares et de les mettre ainsi au pas. Certains « gourous » de la presse sont « convoqués » lors des réunions préparatoires des sommets de la francophonie pour percevoir la « dime ». Une manne financière consistante qui « oriente » les éditos et autres chroniques.
Cela explique leur désamour vis-à-vis des pouvoirs souverainistes du Sahel qui détricotent progressivement tous ces liens incestueux. A leur décharge, l’étroitesse du marché de la publicité et du lectorat qui affaiblit certaines consciences devant le gombo frais. Mais, cela ne saurait dédouaner ceux qui franchissent les limites du tolérable. Pour en revenir à nos confrères français, on imagine d’ici les chroniques jubilatoires voire jouissives qu’ils auraient sorties de leur imagination enfiévrée si l’un de nos Etats était en cause. Avec les restrictions de liberté (couvre-feu) qui ont cours dans certaines villes, on nous aurait ressorti la bonne vieille théorie des « juntes » liberticides.
Avec les manifestations de samedi prochain et celles à venir, c’est plutôt à Paris que l’on aura bientôt un gouvernement de salut public étant donné que l’actuel ne peut pas faire face à la demande sociale. L’arroseur arrosé, quel beau clin d’œil de l’histoire qui devrait appeler à moins de condescendance et de morgue de la part de cet Etat failli en voie de putréfaction avancée.
Boubakar SY



