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mercredi, 7 octobre 2026
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Souveraineté alimentaire: le Burkina veut réduire sa dépendance aux importations

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, le ministre d’Etat, ministre chargé de l’Agriculture, le commandant Ismaël Sombié et le ministre d’Etat, ministre chargé de l’Administration territoriale, Émile Zerbo ont animé un panel de haut niveau sur le thème : « Du champ au marché, produire et consommer burkinabè pour renforcer notre souveraineté », le mardi 6 octobre 2026 à Ouagadougou.

Le Burkina Faso ne veut plus dépendre des importations pour nourrir sa population. A l’occasion d’un panel de haut niveau organisé en marge de la IIIe édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC), les autorités du pays se sont réunies lors d’un panel autour du thème : « Du champ au marché, produire et consommer burkinabè pour renforcer notre souveraineté », pour dresser le bilan et ouvrir des perspectives d’une transformation agricole. C’était, le mardi 6 octobre 2026, à Ouagadougou.

Modéré par le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, ce cadre d’échanges a mis en lumière la complicité et la collégialité de l’équipe gouvernementale.

Dans sa communication inaugurale, Le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le commandant Ismaël Sombié a rappelé qu’en 2022, le Burkina Faso faisait face à un taux d’insécurité alimentaire touchant 19,8 % de sa population, avec le sac de maïs qui se vendait à plus de 30 000 F CFA sur le marché. Il a révélé que l’Etat dépensait annuellement 85,9 milliards F CFA pour l’importation du riz et près de 62 milliards F CFA pour le blé et ses dérivés.

Des productions historiques en 2025

Face à ce qu’il a nommé de « paradoxe burkinabè », le ministre en charge de l’agriculture a indiqué que le pays dispose d’un potentiel naturel sous-exploité. « 9 millions d’hectares de terres agricoles labourables, 233 500 hectares de terres irrigables et 500 000 hectares de bas-fonds aménageables », a-t-il cité, entre autres. Le ministre d’Etat a confié que ce sont ces chiffres qui ont provoqué le sursaut du capitaine Ibrahim Traoré qui a donné l’ordre de mener une « offensive » pour inverser la tendance et restaurer la dignité nationale. Il a rappelé que la barre des 7 millions de tonnes de céréales produites a été franchie, permettant d’atteindre un taux de couverture des besoins céréaliers de 124,6 %. Pour le riz paddy, la production s’est élevée à 1 537 000 tonnes contre 426 000 tonnes en 2022, portée par l’aménagement de près de 40 000 hectares de bas-fonds et 14 571 hectares de périmètres irrigués.

En ce qui concerne le maïs, la production a atteint 2 600 000 tonnes, dépassant largement les objectifs initiaux, selon le ministre. La filière laitière, quant à elle, a atteint une production nationale de 6 000 à 7 000 litres de lait par jour, pour un objectif cible de 10 000 litres grâce à l’importation de vaches performantes. Il a par ailleurs précisé que la priorité absolue pour la deuxième phase de l’Offensive agro-pastorale est la maîtrise de l’eau tout au long de l’année afin de sécuriser les récoltes face aux aléas de la pluviométrie.

Miser sur la qualité des produits

Quant au Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, il a félicité le premier responsable en charge de l’agriculture pour la tenue de ses engagements et la rigueur de sa gestion. Il a rejeté les explications fatalistes de certaines personnes qui attribuent la fragilité des récoltes à des causes métaphysiques. « Nous le prenons comme un message de la nature pour nous dire qu’il faut réagir et nous donner les pleines capacités d’être maîtres du destin du Burkina Faso », a-t-il déclaré. Il a également averti qu’en cas de crise majeure, chaque pays chercherait d’abord à satisfaire les besoins de sa propre population. Le Burkina Faso pourrait alors avoir des difficultés à importer des produits, même s’il dispose de moyens financiers, a-t-il expliqué.

« Même avec notre argent, nous n’aurons pas la possibilité d’aller chercher ailleurs », a-t-il laissé entendre.

Le Premier ministre a invité tous les acteurs de la chaîne logistique, de conservation, de transformation et d’emballage à faire de l’esthétique et de l’excellence, la règle

absolue. « Il faut que le patriotisme du consommateur burkinabè rencontre la qualité des produits faits au Burkina », a-t-il émis tout en assurant qu’aucun obstacle ne saurait freiner la marche de la Révolution progressiste populaire (RPP).

Julien ZOUNGRANA

 

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