44 ans de la CEDEAO : des acquis mais aussi des défis à relever

Dans le cadre des activités commémoratives du 44e anniversaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le ministère de l’Intégration et des Burkinabè de l’extérieur et le Centre de développement de la jeunesse et des sports de ladite organisation ont organisé un panel sur le bilan des politiques communautaires, le 28 mai 2019, à Ouagadougou.

Quarante-quatre ans après sa création, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) veut, d’une part, faire le point des progrès réalisés en matière d’intégration sous-régionale ; et, d’autre part, identifier les défis à relever pour une CEDEAO des peuples. A cet effet, le ministère de l’Intégration et des Burkinabè de l’extérieur, le Centre de développement de la jeunesse et des sports (CDJS) de la CEDEAO ont organisé, dans le cadre du 44e anniversaire de l’institution, un panel sur le bilan des politiques communautaires, le 28 mai 2019, à Ouagadougou. Deux communications sur la «libre circulation des personnes et des biens dans l’espace CEDEAO : état des lieux, enjeux et perspectives, 40 ans après l’adoption du protocole» et «la place de la jeunesse dans les projets et programmes de développement de la CEDEAO » étaient au centre des échanges. Selon le représentant permanent de l’organisation sous régionale au Burkina Faso, Mohamed Diakité, la CEDEAO, après quatre décennies d’existence, a accompli d’importants progrès.

Il s’agit, entre autres, de la libre circulation des biens et des personnes, la suppression effective des visas dans l’espace communautaire, la mise en place du passeport CEDEAO à l’exception du Cap-Vert, la création des postes juxtaposés de contrôle, a-t-il précisé. En dépit de ces avancées, l’intégration souffre encore des tracasseries, du nombre élevé des barrages sur les routes, la non-reconnaissance de certains documents communautaires, les perceptions irrégulières des tarifs prescrits, etc., a souligné le communicateur. A ces obstacles, s’ajoute le phénomène du terrorisme que connaÎt la région.

«On note également que la situation sécuritaire actuelle constitue un obstacle à la libre circulation des personnes et des biens », a fait savoir le ministre en charge de l’Intégration, Paul Robert Tiendrebeogo. Mais pour le ministre, l’espoir d’une CEDEAO des peuples est permis au regard de la forte volonté politique et de l’engagement des différents acteurs. Pour atteindre cet objectif, la CEDEAO, a expliqué M. Diakité, doit venir à bout de l’hydre terroriste, lever tous les obstacles à la libre circulation et parvenir à une meilleure coordination avec les autres organisations sous régionales.

Des projets pour les jeunes

L’appropriation des politiques et du droit communautaire, à travers des actions d’information et de sensibilisation, s’avère également nécessaire, a-t-il recommandé. L’avènement de la monnaie unique (prévue théoriquement pour entrer en circulation en 2020), de la carte biométrique CEDEAO, l’engagement individuel et collectif constituent des signaux forts pour une intégration économique plus utile aux populations. Abordant la seconde communication du panel, le directeur du CDJS/CEDEAO, Njoaguani Francis Chuks, a fait savoir que son institution met en œuvre des projets et programmes sportifs et d’emploi en faveur des jeunes ouest-africains.

A titre illustratif, entre 2007 et 2017, le CDJS a renforcé les capacités de 1305 jeunes en froid-climatisation, mécanique-automobile, électricité-bâtiments, agro-sylvo-pastorale dans les centres de formation professionnelle de Songhaï de Porto-Novo (Benin), de Ziniaré (Burkina Faso) et Soufouroulaye (Mali). Le centre dispose également d’une plateforme en ligne, Crowdfunding, permettant aux jeunes de 18 à 35 ans de l’espace CEDEAO de bénéficier d’un financement participatif (dons directs ou participation au capital) de leurs projets de création d’entreprises, a indiqué M. Njoaguani. Autres initiatives en faveur de la jeunesse ouest-africaine, le panéliste a cité le programme volontaire et le programme d’entreprenariat et de mentorat jeunes (EYEP) à travers un concours de plans d’affaires. Les lauréats pouvant bénéficier des subventions de 5 à 10 mille dollars et des prêts de 10 à 25 mille dollars.

Mais pour plus d’impact des projets communautaires, le communicateur a invité les jeunes à savoir défendre leurs intérêts, à s’orienter davantage vers l’auto-emploi. Quant à la CEDEAO, elle doit réviser ses politiques en matière de jeunesse et des sports, a-t-il recommandé.

Mahamadi SEBOGO

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