Le ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme a organisé le vendredi 14 juin 2019, une visite de terrain sur le site de la métallurgie ancienne du fer de Tiwega à quelques kilomètres de Kaya dans le Centre-Nord. Initiée au profit d’experts africains, membres du comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, cette sortie avait pour objectif de faire découvrir ce bien culturel en compétition pour le classement sur la liste du patrimoine de l’UNESCO.

Le Burkina Faso met tout en œuvre pour l’inscription des sites de la métallurgie ancienne du fer sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO lors de la prochaine session du Comité de l’organisation prévue du 30 juin au 10 juillet 2019 à Bakou en Azerbaïdjan. Les experts africains réunis à Ouagadougou à la faveur de la 4e réunion du Groupe G 5A de l’UNESCO (il regroupe13 Etats) se sont rendus sur le site, le vendredi 14 juin 2019. Situé à quatre kilomètres à la sortie ouest de Kaya, l’endroit qui abrite les fourneaux d’extraction artisanale du fer a été pris d’assaut par des visiteurs curieux de tout savoir sur la technique et ses inventeurs. En tête de peloton, le secrétaire général du ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Dr Lassina Simporé. Le circuit conduit les experts sur une colline permettant une vue panoramique de la zone montagneuse. Dans son rôle de guide, Dr Simporé s’emploie avec toutes les techniques et la démonstration, pour convaincre les visiteurs sur l’intelligence des inventeurs de la métallurgie ancienne du fer du Burkina Faso. Sur la technique, il a indiqué que la matière caillouteuse contenant le fer était placée dans les fourneaux en alternance avec le charbon de bois.

« La paille qui servira à allumer le charbon étant toujours placée au bas du fourneau », a-t-il expliqué. Chauffée entre 800 et 1500 degrés, a poursuivi l’archéologue, on obtient au bout de trois jours, du fer qui s’agglutine, descendant au fond du fourneau, laissant les débris au-dessus. « Le fer ainsi obtenu est affiné dans des petits fourneaux pour obtenir du fer pur » a fait savoir Dr Simporé, devant les experts visiblement impressionnés par le savoir-faire des Africains. Pour le directeur du patrimoine culturel du Cameroun, Christophe Mbidamindzie, Professeur d’histoire et d’archéologie à l’université de Yaoundé, au-delà de l’impression, la visite vient confirmer les thèses selon lesquelles la connaissance de la technologie du fer est ancienne sur le continent. « Ce que nous venons de voir ce matin est la preuve et un témoignage vivant qui atteste cela. Nous pouvons envisager d’établir que cette technique a été une invention autonome sur le continent noir, donc une connaissance d’origine africaine » a-t-il déclaré. Mais de l’avis de l’enseignant-chercheur, il va falloir penser à une extension parce de ce que l’on sait, cette technologie ancienne en plus du Burkina Faso, couvre plusieurs autres pays africains dont, le Togo, le Niger, le Mali avec des datations qui remontent parfois au premier millénaire avant Jésus-Christ. « Au Cameroun et en Centrafrique, des recherches ont également prouvé l’existence de la technique ancienne d’extraction du fer à cette même époque » a ajouté le Camerounais. Ce dernier ne fait pas de doute sur les chances du Burkina Faso.

« Le Burkina Faso a une grande chance de faire inscrire ce site sur la liste du patrimoine de l’UNESCO dans la mesure où c’est la première tentative en Afrique sur la question et tous les Etats-membres du Comité vont lui apporter leur soutien. Son inscription pourra aussi ouvrir la porte à d’autres pays pour le classement de pareils sites », a-t-il expliqué. Le secrétaire général du ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme, n’a pas caché sa joie affirmant que l’objectif de son département à travers la visite est atteint. ‘’Nous avons voulu amener les experts sur le site du Burkina Faso en compétition afin qu’ils touchent du doigt la réalité, notamment les efforts de conservation et le plan de mise en valeur » a dit M. Simporé. En dehors des experts, le gouvernement burkinabè a-t-il déployé une diplomatie souterraine pour convaincre les autres Etats africains membres du comité à apporter leur soutien à sa candidature? Répondant à cette interrogation, il a dit ceci: « Nous avons mis l’accent sur le travail technique et la valeur scientifique du site. Avec des experts de l’Université de Ouagadougou et des universitaires d’autres pays, nous avons monté le dossier ». La visite du musée des fourneaux africains au centre-ville de Kaya, a mis fin à la tournée.

Beyon Romain NEBIE
nbeyonroamin@yahoo.fr

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