L’Assemblée nationale a adopté, à l’unanimité, le jeudi 11 juillet 2019, la loi portant prorogation de la durée de l’Etat d’urgence dans 14 provinces du Burkina Faso. Elle permettra à l’exécutif de poursuivre ses actions de sécurisation des zones en proie au terrorisme.

Le gouvernement peut poursuivre la mise en œuvre des mesures spéciales entreprises depuis le début de l’année pour la sécurisation des zones touchées par les attaques terroristes dans 14 provinces du pays. En effet, les députés ont adopté, à l’unanimité des 109 votants, la loi portant prorogation de la durée de l’Etat d’urgence, le jeudi 11 juillet 2019, répondant favorablement à la demande de l’exécutif de prolonger la durée de la mesure de six mois. Selon le ministre de la Justice, René Bagoro, l’Etat d’urgence, décrété par le président du Faso en fin décembre 2018, a permis aux Forces de défense et de sécurité (FDS) d’engranger des résultats sur le terrain de la lutte contre le terrorisme et le grand banditisme dans les 14 provinces reparties entre six régions. Il a ainsi énuméré «de nombreux terroristes neutralisés, des bases terroristes détruites, plus de 100 personnes déférées au parquet du tribunal militaire de Ouagadougou, une baisse considérable des attaques contre les positions des FDS et structures publiques».

Tout cela est le résultat de patrouilles, d’opérations de ratissage et de contrôles de routines sur les différents axes routiers et couloirs d’accès aux bandes frontalières, a-t-il dit. Se réjouissant du vote de l’Assemblée nationale, René Bagoro a soutenu que la prorogation de l’Etat d’urgence permet de renforcer et de consolider la lutte, d’asseoir une sécurité durable et de donner plus d’opportunités et de moyens aux FDS de poursuivre leurs actions de sécurisation. Auparavant, lors du débat général, des députés ont émis des doutes sur le bilan de l’Etat d’urgence, six mois après son application. Ils ont également soulevé des inquiétudes par rapport à la souffrance endurée par les populations des zones concernées du fait du couvre-feu. En réponse, le ministre de la Justice a, d’abord, précisé que le projet de loi soumis à leur examen a pour but de lutter contre le terrorisme et non contre les conséquences des attaques terroristes.

«Le gouvernement peut être interpellé sur la gestion des déplacés, mais il ne revient pas à cette loi de trouver les réponses à ces préoccupations», a-t-il lancé. Sur le bilan à mi-parcours de la mesure, le Garde des Sceaux a laissé entendre que le gouvernement dispose d’éléments très précis sur le bilan des opérations entreprises depuis le début de l’Etat d’urgence, mais il ne peut pas les dévoiler à la tribune de l’Hémicycle pour des raisons stratégiques et de sécurité. Et d’ajouter: «Si l’Assemblée nationale nous saisit dans un cadre plus restreint ou dans un courrier confidentiel, nous donnerons tous les détails mêmes ceux concernant l’opération Otapuanu menée dans la région de l’Est». S’agissant des personnes interpellées, pour le ministre Bagoro, il n’appartient pas à l’exécutif de dire qu’elles sont des terroristes. «Nous les avons arrêtées suivant des indices et elles demeurent des présumés terroristes jusqu’à ce qu’elles soient jugées et déclarées comme telles par une juridiction compétente», a-t-il soutenu. Le président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, a saisi l’occasion pour annoncer la fin de la session spéciale, ouverte le lundi 8 juillet dernier.

Beyon Romain NEBIE

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