Rentrée scolaire au Centre-Nord: en attendant le relogement des déplacés internes

A l’instar des autres établissements d’enseignement publics et privés du Burkina Faso, ceux des localités de Kaya et Barsalogho ont officiellement effectué leur rentrée, le mardi 1er octobre 2019. Sidwaya a fait le tour de certaines écoles occupées par des déplacées pour constater cette effectivité.

Il est 7h 36mn. En ce début de journée, l’enceinte des écoles primaires publiques de Kugr-Louda ‘’A’’ et ‘’C’’ dans la Circonscription d’éducation de base (CEB) de Kaya 3. Pendant que certains parents accompagnent leurs progénitures pour le premier jour de la rentrée des classes, d’autres déplacés sont assis devant les salles de classe. Le directeur de l’école Kugr-Louda ‘’A’’, Paul Sibiri Sawadogo, peine à satisfaire les demandes de places. « Nous ne pouvons pas faire de recrutement, tant que nos salles de classe ne sont pas libérées par les Personnes déplacées internes (PDI)», clame-t-il. Ici, toutes les douze salles de classe des deux écoles sont toujours occupées par les PDI, depuis le 27 juillet dernier. « Depuis qu’ils sont là, nous n’avons pas fait grand-chose, sauf le recrutement des élèves de CP1, le 9 septembre 2019. Et, nous attendons leur départ pour faire le recrutement des autres classes », regrette M. Sawadogo. De son avis, aucune disposition n’est prise pour libérer les bâtiments. « Jusqu’à présent, aucune autorité ne nous a dit quelque chose. Une fois que les salles sont libérées, toute la cour doit être assainie, car l’hygiène n’est pas respectée.», a déclaré le directeur Sawadogo.

La peur au ventre

Selon lui, il est difficile de débuter avant mi-octobre, en ce sens qu’aucune date n’est arrêtée pour la sortie des déplacés. De ce fait, il a exhorté les autorités compétentes à trouver des solutions ‘’idoines’’, afin de ne pas empiéter sur le calendrier académique. Karim Ouédraogo, qui a accompagné son enfant inscrit au CP1, est obligé de rebrousser chemin.
« On nous a dit de revenir lundi prochain pour la rentrée scolaire parce que les salles sont toujours occupées par des déplacés», souligne-t-il. Quant aux déplacés, ils sont dans l’inquiétude. « Ils nous avaient promis de nous reloger dans d’autres sites. Mais, jusqu’à présent, ils n’ont pas réagi», a confié Sibidi Sawadogo, ressortissant de Dibilou. A l’école Gaoua ‘’B’’, c’est le même scénario qui se présente. Ici, toutes les trois salles de classe sont occupées par une centaine de déplacés. Il est 8h31mn. Les parents d’élèves, assis sous les arbres, attendent toujours l’appel. « J’ai accompagné mes deux enfants pour la rentrée mais jusqu’à présent on nous a rien dit», confie Adama Kiemdé. En l’absence du directeur, ses collaborateurs refusent de répondre à nos préoccupations. Les déplacés sont désemparés. « C’est la peur au ventre. Nous sommes obligés de libérer les salles. Actuellement, notre seul souci est le manque de dortoirs. Alors que nous ne pouvons pas dormir dehors avec cette insécurité », a indiqué Tindaogo Bamogo, ressortissante de Guen-Bila. A Barsalogho, une quinzaine d’établissements publics et privés sont aussi occupés par des PDI. Selon le bourgmestre Abdoulaye Pafarnam, le gouvernement et ses partenaires sont en train d’aménager une dizaine de sites pour reloger les PDI. Il a rassuré que la rentrée scolaire sera effective au plus tard le 15 octobre prochain dans sa commune. « Pour les établissements privés, il est prévu de réfectionner les salles de classe et les tables-bancs endommagées », a-t-il confirmé.

Emil SEGDA
Segda9emil@gmail.com

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