Président de la communauté burkinabè vivant à Séoul, ancien étudiant de l’Université Thomas Saint d’Aquin de Saaba, Jean Bosco Ouango s’est fait un nom auprès de ses compatriotes en Corée du Sud, où nous l’avons en fin septembre 2019.

Lorsqu’il quitte le Burkina Faso en 2014 pour la Corée du Séoul, à la recherche d’un master en business administration, Jean Bosco Ouango, 31 ans, de taille moyenne, svelte, cheveux crépus, sourire en coin, ne pensait pas devenir, trois ans plus tard, un chef d’entreprise. Mais, en business comme dans l’armée, le terrain commande la manœuvre. Dès l’obtention de son diplôme en 2016, il est employé dans une entreprise de vente de véhicules. Le milieu lui plaît. Le business est en adéquation avec sa formation. Le natif de Fada N’Gourma nourrit une ambition : passer du statut d’employé à celui de chef d’entreprise. Il économise ses revenus mensuels. Comme aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années, l’enfant du village de Tanga dans le Namentenga, crée en 2019 à Séoul, Orbis auto, une société chargée de l’exportation des véhicules d’occasion achetés au cours des opérations de ventes aux enchères organisées deux fois par semaine dans la capitale du Pays du matin calme. Ces voitures, toutes de marque coréenne, telles que Kia et Hundai, sont convoyées vers l’Afrique via les ports de Tema au Ghana, Lomé au Togo, Dares Salam en  Tanzanie,  à Madagascar, mais aussi vers les pays de l’Amérique latine notamment le Guatemala, le Chili et les Iles Fiji. «Je vends une centaine de véhicules par mois. Mais mon objectif, c’est d’exporter au moins 1000 par mois», confie-t-il. Les sommes investies sont tops secret. Le chiffre d’affaires, également mystère !  «Ça va pour le moment. J’espère que mon business va continuer à prospérer », se contente de dire Ouango.

Marié à une Coréenne

Le jeune entrepreneur, souligne, qu’en plus du prix de la voiture qui varie de 800 000 à une dizaine de millions F CFA, tout client doit débourser 1 million 300 mille F CFA comme frais de transit. A l’endroit de ceux qui ont des doutes sur la qualité des marques coréennes, l’ancien étudiant de l’Université Saint Thomas d’Aquin rassure : «en tant que Burkinabè, je passe au crible le véhicule notamment le moteur et la boite à vitesse avant de l’envoyer». Pour convaincre ses clients  de la solidité de ses engins,  Jean Bosco soutient qu’en Corée du Sud, un véhicule neuf ne peut rester en circulation plus de six ans.

Afin de s’intégrer, il a dû, comme tous les étudiants désirant poursuivre leurs études dans cette péninsule asiatique, apprendre pendant une année  la langue coréenne. Il s’est également  investi, selon lui, à comprendre la culture de ce pays. Comme si cela ne suffisait pas, l’ancien élève du lycée Sainte Collecte de Ouagadougou a convolé en justes noces avec Lee Sejin, une Coréenne travaillant à l’Agence internationale  coréenne pour le développement. Mieux, il a obtenu le statut de résident permanent. Ce qui a permis à Ouango d’embrasser une carrière d’homme d’affaires. Mais le jeune chef d’entreprise a une autre corde à son arc. Il est le président de l’Association des Burkinabè de  Séoul regroupant une cinquantaine de ses compatriotes.  « Mes compatriotes sont nos frères. C’est pourquoi, nous nous rendons visite régulièrement et tenons des réunions pour rester solidaires », rapporte-t-il à ce propos. Meurtri par l’insécurité que connaît son pays, il espère que le peuple burkinabè viendra à bout des forces du mal.

Anselme KAMBIRE

(De retour de Séoul)

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