Sur la base des données sur les décaissements fournies par les Partenaires techniques et financiers (PTF), le Rapport sur la coopération pour le développement (RCD) 2018 fait état d’une mobilisation record d’environ 827,96 milliards F CFA (10,5% du PIB), soit 30,7% de hausse par rapport à 2017.

Cette Aide publique au développement (APD), fournie en grande partie sous forme de dons, a été essentiellement orientée vers les secteurs de la «santé», de la «production agro-sylvo-pastorale», des «infrastructures de transport, de communication et d’habitat», ainsi que ceux de «l’environnement, eau et assainissement» et du «travail, emploi et protection sociale». A coup sûr, ce niveau de performance des flux d’aide vers le Burkina Faso traduit non seulement la capacité de mobilisation des financements extérieurs du pays, mais et surtout, le solide capital crédit dont il bénéficie de la part de ses partenaires, malgré le contexte sécuritaire difficile. Cela est d’autant plus réconfortant que l’analyse des chiffres révèle que l’APD se caractérise par une prédominance de l’aide multilatérale (67,2% contre seulement 31% d’aide bilatérale), des dons (72% contre 28% de prêt) et de l’aide projet (79,4% contre 20,6% d’appui budgétaire). En effet, la prédominance de l’aide multilatérale dénote de la solidarité des ensembles régionaux et internationaux envers le Burkina Faso dans la situation qu’il endure. C’est aussi le cas avec les dons et les aides projets, synonyme que les PTF sont engagés à l’accompagner dans la lutte contre l’ennemi terroriste. Cette mobilisation jamais égalée pour notre pays est la preuve, si besoin en était encore, que le Burkina Faso est fréquentable et le restera, tant que ses fils et filles s’uniront pour défendre l’héritage vieux de 100 ans que leurs ancêtres leur ont légué. En relation avec la mauvaise publicité que des chancelleries font sur le pays depuis le début des attaques terroristes, les chiffres du RCD 2018 envoient à la communauté internationale, un message de résilience des Burkinabè.

Pour autant, il ne faut pas se contenter de ce record de l’aide au développement, dans un contexte mondial où les pays comptent d’abord sur leurs propres capacités à mobiliser les ressources internes pour mettre en œuvre leurs actions de développement. Et pour cause, les peuples étant de plus en plus exigeants envers leurs dirigeants, il convient que chaque pays, le Burkina Faso y compris, travaille à compter en premier sur lui-même, quitte à bénéficier de l’accompagnement, de la générosité et de la charité de ses partenaires. C’est aussi cela la dignité et l’indépendance que l’on clame à longueur de discours. Qu’à cela ne tienne, la bonne gouvernance dans la gestion de cette manne financière est l’autre défi qui se pose au pays. En d’autres termes, si la solidarité internationale envers le Burkina Faso a atteint une telle proportion, il faudra faire le lien avec l’insécurité. Seulement, il importe que les fonds alloués aillent véritablement dans les secteurs et actions de développement pour lesquels ils sont destinés. Les autorités doivent donc être plus regardantes sur la gestion de ces ressources et sévèrement sanctionner les cas de corruption et de malversations, au risque de perdre ce capital crédit resté jusque-là intact.

Jean-Marie TOE

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