Région du Nord: echanges instructifs entre Bala Sakandé et les élus

Le séjour du président de l’Assemblée nationale, les 11 et 12 juin 2020 à Ouahigouya, a été marqué par la rencontre avec les élus locaux, les Forces de défense et de sécurité (FDS) et l’administration publique. L’opérationnalisation de la loi sur les Volontaires pour la défense de la patrie et la question des déplacés internes ont dominé les débats.

Quatre communications ont servi à camper le décor des échanges entre la délégation de l’Assemblée nationale et les élus de la région du Nord, le vendredi 12 juin 2020 à la mairie de Ouahigouya. Mais les thématiques en lien avec l’opérationnalisation de la loi sur les Volontaires pour la défense de la partie (VDP) et la question des Personnes déplacées internes (PDI) ont dominé les débats lors de cette rencontre présidée par la 4e vice-présidente de l’Assemblée nationale, Elise Ilboudo. Sur les VDP, c’est le commandant du secteur-Ouest du Groupement des forces pour la sécurisation du Nord (GFSN) par ailleurs chef de corps du 2e Régiment d’infanterie commando (RIC), Mohamed Emmanuel Zoungrana, qui a eu la charge d’éclairer l’assistance. Selon lui, le processus de recrutement des volontaires se fait avec la participation des points focaux dans les communes et la collaboration des autorités locales (maire, préfet, président du Comité villageois de développement). « Après le recensement, nous menons des enquêtes de moralité au niveau régional. Ensuite, pendant leur formation, les états identitaires sont envoyés à la hiérarchie pour approfondir ces enquêtes avec l’appui des services de renseignement », a-t-il expliqué. Ces enquêtes permettent, selon le colonel Zoungrana, d’éviter les infiltrations dans les rangs des VDP. Que deviendront les volontaires à la fin de leur contrat ou à la fin du terrorisme? Réagissant à cette interrogation du 1er adjoint au maire de Boussou, Raphaël Tontepambo, le patron du 2e RIC a rétorqué : « La réponse à cette question relève du ressort des autorités politiques. Notre travail consiste à rendre opérationnels les VDP sur le terrain ». Il a précisé que 916 VDP ont été déjà recrutés dans le Nord mais 29 ne sont plus dans les rangs pour cause de décès ou de radiation. A la question de savoir si les VDP sont conséquemment équipés pour lutter contre les bandits armés, le lieutenant-colonel Zoungrana a fait savoir que tous les VDP ne sont pas systématiquement dotés d’armes. « Le nombre d’armes se définit selon le risque sécuritaire de la zone d’appartenance du VDP pour éviter que des zones où le risque est moindre ne disposent de plus d’armes au détriment des communes fortement impactées par les attaques terroristes », a-t-il justifié.

« Bientôt la victoire »

Il a aussi évoqué des risques d’affrontements. « Nous faisons attention, car les VDP pourraient utiliser ces armes les uns contre les autres en cas d’altercation ou d’incompréhension entre deux groupes », a précisé M. Zoungrana. A cela s’ajoute le fait qu’ils ne maîtrisent pas toutes les armes de guerre après seulement deux semaines de formation. Sur la question de la création des détachements militaires dans les communes sous menace pour rendre les interventions rapides et efficaces, le patron du 2e RIC a été sans ambages : « si l’armée nationale avait des effectifs lui permettant de doter chaque localité d’un détachement on n’aurait pas eu recours à la contribution des populations à travers la loi sur les VDP ».  La création des VDP ne justifie-t-elle pas en partie les attaques orientées sur les civiles ? Bien avant l’adoption de la loi sur les volontaires, les groupes terroristes s’attaquaient déjà aux populations civiles d’où le nombre important de PDI qui ont fui les horreurs depuis 2017 pour se refugier dans les zones plus sécurisées, foi de Mohamed Emmanuel Zoungrana. Il a laissé entendre que la nouvelle stratégie de sécurisation en cours est source d’espoir, car l’espace géographique du Burkina Faso deviendra restreinte pour les terroristes. « En toute honnêteté, j’ai foi que la victoire sera certaine », a-t-il déclaré. Le Directeur régional (DR) du Nord en charge de la solidarité nationale et de l’action humanitaire, Konsi Léonard Savadogo a animé une communication sur la prise en charge des PDI. Interpellé sur la question des cas de viols sur les sites d’accueil, le DR a confirmé l’existence de la pratique. « Nous avons actuellement sous la main trois cas de viols que nous gérons. Ce qui doit être fait sur le plan judiciaire l’a été, de même qu’une prise en charge conformément au protocole sur les violences basées sur le genre », a-t-il fait savoir. Des dispositions sont-elles prises pour l’accessibilité des PDI à la terre dans leurs zones d’accueil en cette saison humide qui s’installe ? Dans le cadre de l’assistance humanitaire des Groupes de travail sectoriel sont constitués et celui dédié au monde rural mène des réflexions sur ces sujets et des propositions sont attendues bientôt, a laissé entendre M. Savadogo. Pour la 4e vice-présidente de l’AN, c’est un devoir pour son institution de manifester sa solidarité envers les populations des zones touchées par les attaques terroristes. Le gouverneur de la région, Justin Somé, a salué l’initiative du Parlement.

Beyon Romain NEBIE
beynebie@gmail.com

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