Journée sans téléphone portable : Bernadette observe le comportement des étudiants

Dans le cadre de son projet d’étude socio-éducative, l’étudiante en Sémiotique, Bernadette Gansonré a initié, le samedi 12 septembre 2020, à Ouagadougou, une journée sans téléphone portable pour observer le comportement des étudiants.

Bernadette Gansonré veut mesurer jusqu’où le téléphone portable occupe la vie des citoyens burkinabè. Pour se faire, elle a organisé, le samedi 12 septembre 2020, à Ouagadougou, une journée sans téléphone portable. L’objectif visé est d’observer le comportement des participants sans leur téléphone portable afin de mesurer le temps et la place que celui-ci occupe dans la vie de ces derniers. En effet, plus d’une trentaine d’étudiants ont répondu à l’appel, sans leur téléphone portable. Selon l’étudiante en 1er année de thèse, option sémiotique, Bernadette Gansonré, le téléphone portable est un outil très important et capital de nos jours. Cependant, elle a indiqué que cet outil ne contient pas seulement que des avantages. «Si le téléphone portable est mal utilisé, il peut nuire à la société», a-t-elle précisé. L’étudiante en sémiotique a souligné également que l’arrivée du téléphone portable tue à petit feu certaines valeurs. Elle veut donc qu’on l’utilise de façon optimale afin que cet appareil de communication soit bénéfique à la société. Sachant que le téléphone contribue au développement du Burkina Faso, elle compte proposer des solutions qui répondent aux valeurs africaines. «Lors d’une enquête, j’ai demandé aux gens s’ils peuvent faire une journée sans leur téléphone portable. Beaucoup ont répondu oui», a noté Bernadette Gansonré. Pour vérifier cet oui, a-t-elle expliqué, j’ai organisé cette journée sans téléphone portable afin de pouvoir observer le comportement des gens sans cet outil de plus en plus possessif. En effet, les participants sont unanimes qu’il n’est pas aisé de faire une journée sans le portable.

L’étudiante en ressources humaines, Nadège Bado, n’a jamais essayé de faire une journée sans son portable. «C’est une première. Mais comme il n’y a pas de téléphone à côté et que nous sommes occupés à jouer, nous avons oublié les téléphones», a-t-elle précisé. En effet, les participants se sont livrés à des jeux de société: «jeux de dame, lido, carte, scrabble, jeu d’échecs, entre autres».

L’étudiant en master de traduction interprétation, Esso-Domna Roger Atana, pour sa part, a mentionné qu’il  passe plus de temps avec son portable androïde, non seulement, pour des recherches liées à ses cours, mais aussi pour être au courant des informations qui circulent sur les réseaux sociaux. Roger Atana avoue qu’il n’est pas aisé de passer une journée sans téléphone portable. « Cela fait maintenant presqu’une demi journée que je n’ai pas encore touché à mon portable. Je sens un vide à quelle que part. De temps à autre, je tappe mes poches et je me rends compte que j’ai laissé mon portable à la maison», a-t-il souligné. Pour lui, le téléphone affecte les valeurs africaines: «sur les réseaux sociaux on peut insulter qui on veut». Parlant de la culture et des valeurs africaines, il a donc recommandé que l’éducation soit repensée et adaptée au temps moderne.

Sachant que l’usage du téléphone portable n’est pas le même en fonction de chaque catégorie sociale, Bernadette Gansonré compte poursuivre l’opération «journée sans téléphone portable» avec d’autres couches sociales.

Lassina BADOLO

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.