Li Jian, ambassadeur de Chine au Burkina Faso : « Nous allons élargir les domaines de coopération »

A l’occasion du IIIe anniversaire du rétablissement des relations diplomatiques entre son pays et le Burkina Faso, l’ambassadeur chinois en poste à Ouagadougou, Li Jian, revient sur les acquis et les perspectives dans cet entretien.

Sidwaya (S) : Le 26 mai 2021 marque le IIIe anniversaire du rétablissement des relations bilatérales entre le Burkina Faso et la République populaire de Chine. Comment se porte cette coopération depuis ces trois ans ?

LI Jian (L.J.) : Depuis le rétablissement des liens diplomatiques entre la Chine et le Burkina Faso, il y a trois ans, les relations sino-burkinabè se sont développées rapidement et la coopération bilatérale s’est approfondie et a engrangé beaucoup de fruits dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’agriculture, des infrastructures, du commerce, etc. Des mécanismes de collaboration ont été établis. Un cadre de coopération divers, riche et ouvert est déjà en place. Les peuples chinois et burkinabè sont comme des frères qui se font mutuellement confiance ; qui relèvent ensemble les défis actuels et qui marchent main dans la main pour un développement partagé. Les relations sino-burkinabè suivent la tendance du développement sino-africain. Nous avons redémarré, il y a seulement trois ans, le train de la coopération et nous travaillons à rattraper le temps perdu. Au fil du temps, plusieurs caractéristiques se sont dégagées.

Premièrement, la coopération sino-burkinabè bénéficie de la confiance politique et de l’orientation du plus haut niveau. Sous la direction du Président chinois XI Jinping et du Président burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, et avec leurs soins particuliers, la coopération entre les deux pays maintient toujours une vision et des planifications vers l’avenir. Les efforts sont conjugués dans les domaines et les secteurs prioritaires pour que cette coopération puisse concrétiser, étape par étape, le consensus de nos deux chefs d’État.

Deuxièmement, la coopération sino-burkinabè est basée sur l’adhésion et les soutiens solides du peuple. La reprise des relations diplomatiques reflète la tendance de l’histoire, mais aussi et surtout la volonté profonde des deux peuples. La coopération sino-burkinabè correspond aux intérêts de développement des deux pays. Elle est visible, tangible et apporte des bénéfices concrets à la population locale. Elle est porteuse d’espoir pour l’amélioration de la qualité de vie et renforce ainsi le sentiment d’attachement et l’adhésion de nos deux peuples.

Troisièmement, la coopération sino-burkinabè est convaincue et déterminée à pouvoir surmonter toute difficulté. Le contexte actuel marqué par la pandémie de la COVID-19 n’a jamais affaibli notre enthousiasme et encore moins l’élan de notre coopération. Plusieurs projets de coopération bilatérale ont connu des avancées majeures et nous avons montré une solidarité qui vaut plus que l’or en luttant ensemble contre la COVID-19. La coopération sino-burkinabè va se poursuivre avec un élan plus dynamique. La Chine continuera, avec toutes ses capacités, de soutenir le Burkina Faso à vaincre la pandémie et à retrouver une robuste croissance économique dans sa propre voie de développement.

S : La coopération bilatérale entre les deux pays comprend plusieurs axes. Pouvez-vous revenir sur quelques actions réalisées dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la formation professionnelle et du sport ?

Selon l’ambassadeur de Chine, Li Jian, plus de 20 entreprises chinoises ont implanté des succursales ou établi des bureaux au Burkina Faso

L.J. : Au cours de ces trois années écoulées, la coopération bilatérale a touché presque tous les domaines. Dans celui de l’éducation, le projet phare a été la construction de 113 complexes scolaires. Au niveau de l’enseignement supérieur, une centaine de bénéficiaires de la bourse du gouvernement chinois est allée se perfectionner dans les universités chinoises. Quant à l’Institut Confucius de Bobo-Dioulasso, il sera bientôt inauguré. La partie chinoise, en fonction de ses capacités, accompagne la partie burkinabé à améliorer les conditions d’étude des élèves ainsi que celles de travail des enseignants afin de former plus de ressources humaines, toute chose qui concourt au développement du pays.

Dans le domaine de la santé, la première pierre de l’hôpital de référence de Bobo-Dioulasso a été posée. Au regard de la carte sanitaire du Burkina Faso marquée par un besoin en infrastructures, cet hôpital universitaire de niveau avancé sera capable de prendre en charge presque toutes les pathologies au bénéfice de millions d’habitants de l’Ouest du Burkina et même au-delà. De plus, une mission médicale chinoise, qui est déjà à sa 4e équipe, réside en permanence au Burkina Faso et travaille côte à côte avec les agents de santé burkinabè. En plus des consultations quotidiennes à l’hôpital de Tengandogo, l’équipe de la mission médicale chinoise effectue des consultations et des soins gratuits dans les villages du Burkina Faso. Par deux fois, nous avons organisé, en collaboration avec le CHU de Tengandogo, « l’Action lumière » qui a permis à plus de 500 personnes souffrant de la cataracte de retrouver la vue. Depuis l’apparition de la COVID-19 sur le sol du pays des Hommes intègres en mars 2020, le soutien de la Chine ne s’est pas fait attendre et est venu de partout. Le gouvernement chinois a aussi envoyé une équipe d’experts antiépidémique au Burkina Faso, le premier du genre en Afrique, afin de partager l’expérience et les connaissances chinoises dans la prévention et le contrôle de la maladie.

Dans le domaine de la formation professionnelle, que ce soit à Ouagadougou, à Ziniaré ou à Bobo- Dioulasso, l’équipe chinoise de formation professionnelle a dispensé des formations au profit d’une centaine d’enseignants et d’étudiants burkinabé dans six spécialités. Des olympiades nationales des métiers ont également été organisées pour valoriser les métiers de main. Dans le but de renforcer les capacités des ressources humaines, nous avons envoyé des formateurs en Chine pour suivre des stages de perfectionnement. Dans le secteur du sport, une délégation des moines venant du temple de Shaolin, d’où sont nés les arts martiaux chinois, est venue à Ouagadougou échanger avec les adeptes burkinabé de cet art et faire découvrir, avec plus de proximité, le Kung-fu chinois au peuple burkinabé. L’ambassade travaille également de près avec les fédérations sportives pour soutenir le sport au niveau local. De cet fait, nous avons organisé avec succès des éditions de la Coupe de l’Ambassadeur de Chine de Kung-fu, de tennis de table et de badminton, qui sont des sports bien appréciés du public burkinabè et qui renforcent les liens amicaux des deux peuples.

S : Dans le secteur agricole, le projet Mil piloté par la Chine arrive à son terme cette année. Quel bilan succinct pouvez-vous établir de ce projet ?

L.J. : Depuis la mise en œuvre du Projet d’Assistance Technique pour la Démonstration de la Culture de Mil au Burkina Faso dénommé le Projet Mil le 15 avril 2019, avec les soutiens et les accompagnements de nos deux gouvernements, et les efforts sans relâche des deux équipes chinoise et burkinabè, ce projet a obtenu des résultats encourageants.

Tout d’abord, nous avons achevé la construction des installations. Dans le cadre du projet, nous avons construit une base de sélection de 65 hectares à la ferme de Loumbila dans la région du Plateau central, avec des bureaux, des salles de classe pour la formation, un laboratoire d’analyse des semences, des salles de stockage des semences et d’autres installations de soutien. Nous avons également établi un système de vulgarisation, de sélection et de démonstration adapté au Burkina Faso. Nous avons créé le Centre de recherche sur le mil Burkina Faso/République populaire de Chine (CRM-BF/RPC), remis un lot de matériel et d’appareils de test de semences d’une valeur d’environ 75 millions FCFA, et formé un groupe de techniciens burkinabè capables d’opérer et de comprendre la théorie.

Deuxièmement, les résultats de démonstration sont bien encourageants. Nous avons construit successivement 12 sites de démonstration dans tout le pays, fourni plus de 5000 tonnes de semences de base et des intrants, en plus des machines agricoles, des engrais, des pesticides et des subventions pour les semences. Nous avons réalisé la sélection et la multiplication des variétés améliorées dans une superficie de plus de 1 000 hectares au bénéfice de centains d’agriculteurs locaux. Cela a permis d’augmenter la production de céréales d’environ 200 000 tonnes pour le Burkina Faso. Nous avons procédé à la démonstration et à la vulgarisation de la culture et de la technologie des variétés améliorées du mil, introduit avec succès les variétés améliorées de mil et sélectionné plusieurs excellentes variétés de mil chinois adaptées à la culture locale. Parmi elles, la variété de mil perlé introduite, SUPERSOSAT, a un rendement moyen de 2,8 t/ha, et le rendement le plus élevé de mil chinois planté dans les zones d’essai est de 4,4 t/ha.
Troisièmement, c’est la formation. Nous avons organisé des formations en technologie agricole pour partager les réalisations des experts chinois en matière de technologie de gestion de la culture et de recherche sur la sélection de mil. Les participants à la formation se sont élevés à plus de 8 000 personnes qui, après la formation, ont considérablement amélioré leur capacité de culture. Ces formations ont jeté une base solide pour la vulgarisation de la technologie avancée de culture de mil au Burkina Faso. Au cours des campagnes humides et sèches, le projet a embauché successivement plus de 10 000 employés burkinabè, contribuant à augmenter la capacité de culture des agriculteurs burkinabè tout en augmentant leurs revenus.

Enfin, nous avons aidé la partie burkinabè à établir un système industrialisé de transformation, et à élever le niveau d’industrialisation du pays. Nous avons construit une usine de transformation du mil qui va très bientôt rentrer en fonction. Dans cette usine, nous avons introduit une ligne complète de transformation du mil, ce qui pourrait aider le Burkina Faso à explorer la modernisation de l’industrialisation du mil, prolonger la chaîne industrielle et augmenter la valeur ajoutée.

S : Comment se porte le chantier de construction d’un hôpital de référence à Bobo-Dioulasso, dont la pose de la première pierre est intervenue en octobre 2020 ?

L.J. : La construction du CHU de Bobo- Dioulasso est un projet phare dans la coopération sanitaire entre nos deux pays. Elle constitue une préoccupation majeure pour le bien-être des burkinabè, à laquelle la Chine a toujours attaché une grande importance et accordé la plus grande attention. En juin 2021, le gouvernement burkinabè a décidé de changer le site d’implantation du projet. La partie chinoise a alors envoyé, dans un bref délai, une équipe d’experts en géologie pour mener les études de faisabilité sur le nouveau site malgré la pandémie de la COVID-19. Quatre mois après, soit en octobre 2020, la partie chinoise et celle burkinabè ont alors pu co-organiser la cérémonie de pose de la première pierre de la construction de
l’hôpital.

Au début de mars 2021, notre bureau d’étude a déjà soumis les plans actualisés ainsi que d’autres dossiers techniques à la partie burkinabè pour examen. Une fois que ceux-ci seront validés, la partie chinoise lancera un appel d’offre en vue de sélectionner une entreprise chargée de l’exécution du projet et entamera d’autres procédures. L’Ambassade continuera à coordonner les services concernés pour accélérer les travaux et s’efforcera de démarrer la construction le plus tôt possible.

S : Les échanges commerciaux entre le Burkina et la Chine sont importants. Quel a été l’impact de la COVID-19 sur les flux commerciaux entre les deux pays ?

L.J. : Depuis la reprise des relations diplomatiques entre la Chine et le Burkina Faso, le commerce bilatéral a augmenté en quantité et en qualité et a connu un élan fort appréciable. Selon un rapport publié par le ministère burkinabè du Commerce sur la balance commerciale du pays, la Chine occupe le quatrième rang parmi les partenaires commerciaux en 2019. Le même rapport indique que la Chine est la première source des importations pour le Burkina Faso et que les exportations burkinabè vers la Chine ont augmenté de 10,6 %. Le commerce bilatéral contribue directement ainsi à l’amélioration de la structure des produits de base et à la promotion de la modernisation industrielle dans les deux pays. Il contribue également à l’enrichissement considérable du marché local avec des marchandises de bonne qualité et à bas prix en provenance de Chine et apporte des avantages tangibles à la vie des populations burkinabè.

Certes, le commerce mondial a subi un impact sans précédent avec l’apparition de la pandémie de la COVID-19 et la mondialisation économique a été mise à rude épreuve en raison de facteurs défavorables tels que la suspension des vols, la fermeture des frontières et la hausse des prix des matières premières au début de l’épidémie. Cependant, avec la réussite successive du contrôle de l’épidémie dans les deux pays, la Chine, en particulier, en tant qu’usine du monde avec une large gamme de produits et un marché international à grande échelle, a pris la tête de la reprise des activités économiques et a joué un rôle positif dans le soutien de la lutte mondiale contre l’épidémie et le maintien de la stabilité de l’économie mondiale. Selon les statistiques publiées par les autorités douanières chinoises, le volume des échanges bilatéraux entre la Chine et le Burkina Faso a atteint un record historique de 400 millions de dollars US en 2020, soit une hausse de 24,5 % en glissement annuel. Les exportations burkinabè vers la Chine ont, quant à elles, augmenté de près de 30 %. Cette réalisation est durement acquise et est la preuve, une fois de plus, du caractère complémentaire, résilient, potentiel que revêt le commerce sino-burkinabè. L’exonération des frais de douane de 97% de produits burkinabè en exportation vers la Chine a été officiellement concrétisée en 2020, offrant de nouvelles opportunités et un nouvel élan pour aider le Burkina Faso à résister à l’impact négatif de l’épidémie et à renforcer la vitalité des acteurs du marché.

La prochaine étape consistera, pour la Chine, à prendre comme point d’ancrage la création d’une dynamique de développement plus ouverte où les circulations domestiques et internationales se renforcent mutuellement. Cela favorisera la construction de la zone de libre-échange africaine et encouragera les experts des projets de coopération technique ainsi que les entreprises chinoises à aider la partie burkinabè à explorer davantage le potentiel des produits d’exportation spéciaux. Le niveau de transformation et la valeur ajoutée des produits agricoles s’en verront aussi améliorés et les initiatives émises lors de la prochaine session du Forum sur la coopération sino-africaine pourront aisément être mises en œuvre. Par le biais de l’Exposition économique et commerciale sino-africaine, de l’Exposition internationale d’importation de la Chine (CIIE, Shanghaï) et d’autres événements servant de plateformes globales d’exposition et d’échanges de produits commerciaux de haute qualité, nous améliorerons la visibilité, la réputation et l’accessibilité des produits burkinabè en Chine et favoriserons le développement équilibré et sain du commerce bilatéral.

S : Quels sont les projets majeurs en cours dans le cadre de la coopération bilatérale ?

L.J. : Premièrement, les différents projets dans le domaine des infrastructures connaissent une bonne avancée. Le gouvernement chinois a financé à hauteur de 30 millions de dollars US, le projet de résorption des écoles sous paillote et la mise en œuvre des Engagements nationaux, annoncés par SEM Roch Marc Christian Kaboré à travers la construction de 113 complexes scolaires sur le territoire burkinabè et la réalisation de CSPS, de forages, et d’autres infrastructures sociales dans les localités sous-développées pour le bien-être des populations. A l’heure actuelle, la 3e phase dudit projet dans le cadre des Engagements nationaux est toujours en cours. La construction du nouveau Centre hospitalier universitaire de référence de Bobo-Dioulasso attire hautement l’attention des populations burkinabè. Les départements concernés des deux pays renforcent leur coordination ainsi que la promotion du projet afin de débuter les travaux dans les meilleurs délais. Quant au projet Smart Burkina financé par le prêt préférentiel chinois à hauteur d’environ 90 millions de dollars US, il devrait être mis en œuvre très prochainement et contribuera grandement à établir un système de sécurité urbaine à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. Les projets, dont les sociétés chinoises, ont en charge l’exécution tels que la construction de l’immeuble des bureaux du siège de la Banque CORIS, la construction du dépôt d’hydrocarbures liquides de Péni et la construction du bâtiment de la zone technique du nouvel aéroport international de Ouagadougou-Donsin progressent de manière régulière. Pendant ce temps, d’autres projets planifiés par les deux pays et qui doivent être mis en œuvre connaissent une avancé favorable. Dans les jours à venir, la Chine concrétisera d’autres projets au Burkina Faso dès que possible en fonction des besoins effectifs de son partenaire burkinabè. Le parc de fitness de l’amitié sino-burkinabè achevé et inauguré l’année dernière a été bien accueilli par les habitants de Ouagadougou et nous comptons dupliquer le projet dans d’autres endroits au cours de cette année 2021.

Deuxièmement, nous avons fourni des soutiens forts et constants en matériel. Dans le but de contribuer à la sécurité alimentaire, la partie chinoise a fourni 5331 tonnes de riz à titre d’aide alimentaire d’urgence au Burkina Faso et les deux parties organiseront une cérémonie officielle de remise dans un avenir proche. Également, afin de pallier le manque de matériel pour les déplacés internes, nous fournirons un lot de matériel humanitaire composé notamment de réservoirs d’eau, de tentes, de médicaments et d’autres matériels vitaux nécessaires et nous profiterons du temps propice pour la préparation desdits matériels. En outre, la Chine favorisera la mise en œuvre de l’importante initiative du Président chinois S.E.M. Xi Jinping visant à créer un fonds d’assistance à la coopération Sud-Sud dans le pays et accélèrera activement la coopération multilatérale avec le Programme alimentaire mondial et d’autres agences internationales afin de fournir une aide, dans la mesure de ses capacités, aux déplacés internes du pays qui souffrent de la crise sanitaire et sécuritaire. Dans la lutte contre la COVID-19, le gouvernement chinois a envoyé au total quatre lots de matériel médical en 2020 comprenant un grand nombre de respirateurs, de machines à oxygène, de masques, de réactifs de test, de combinaisons et de gants de protection etc. En outre, les municipalités chinoises, les sociétés et les ressortissants chinois au Burkina Faso ont, chacun en ce qui le concerne, apporté son soutien au peuple ami burkinabè dans la lutte contre cette pandémie. En fonction de l’évolution de la maladie, les deux parties continueront à maintenir une communication étroite sur les questions liées au besoin matériel.

Troisièmement, nous avons amélioré continuellement le niveau de la coopération technique. La mission d’expertise médicale antiépidémique qui a séjourné en avril 2020 au Burkina Faso a été la première équipe du genre envoyée par le gouvernement chinois dans un pays d’Afrique. Au cours de son séjour, la mission a aidé la partie burkinabè à améliorer sa capacité de prévention et de contrôle de l’épidémie à travers des visites sur site, des échanges techniques et des formations à l’endroit des professionnels de santé burkinabè.
L’équipe du Projet d’assistance technique agricole et celle du Projet mil ont battu, à plusieurs reprises, les records de rendement locaux, et ont soutenu la stratégie de «production annuelle d’un million de tonnes de riz» annoncée par le Président du Faso grâce à la mise en œuvre de micro-projets, aux dons de matériel et aux formations techniques. L’équipe d’experts de formations professionnelles et techniques a mis en œuvre des politiques précises et des mesures adaptées aux conditions locales et dispensé des formations pratiques en fonction des besoins réels de la partie burkinabè, ce qui a joué un rôle positif dans la promotion de l’emploi des jeunes. La mission médicale chinoise a, quant à elle, régulièrement organisé des consultations et des soins gratuits au profit des populations des villes et villages du Burkina Faso et s’est rapproché activement des bénéficiaires dans le but de faire profiter de ses services à plus de personnes. La Chine a également envoyé consécutivement, en deux ans, une équipe d’experts en ophtalmologie dans le cadre de l’initiative «Action de la Lumière» pour réaliser des opérations gratuites d’extraction de la cataracte.

Enfin, la partie chinoise s’engage à discuter et étudier davantage avec le partenaire burkinabè les projets de coopération dans les domaines de l’éducation, de la protection de l’environnement, de l’énergie, des télécommunications, etc.
Elle s’engage également à encourager la participation des municipalités, des entreprises privées et des autres entités chinoises, ainsi que des fonds orientés vers le marché tels que le crédit commercial et l’investissement des entreprises à prendre activement part aux actions de coopération, toute chose qui enrichira davantage la dimension de la coopération et construira continuellement un nouveau modèle de coopération pragmatique entre la Chine et le Burkina Faso avec une orientation plus globale, un niveau plus profond et des domaines plus larges.

S : Les entrepreneurs chinois manifestent-ils l’intérêt d’investir au Burkina Faso ?

L.J. : Depuis la reprise des relations diplomatiques entre nos deux pays, les entrepreneurs chinois ont accordé une grande attention au développement économique et social du Burkina Faso.
Ils ont participé activement à la coopération et à la construction dans divers domaines économiques et sociaux locaux, jouant ainsi un rôle actif dans l’amélioration du niveau de développement du pays et du bien-être de la population. Plus de 20 entreprises chinoises ont implanté des succursales ou établi des bureaux au Burkina Faso et ce, dans le but de participer à des projets locaux. Un certain nombre de projets importants dans les domaines de la santé, de l’énergie, des transports et des moyens de subsistance sont également en cours d’exécution ou de négociation.

S : Quels domaines les intéressent-ils particulièrement ?

L.J. : L’agriculture, les infrastructures, l’énergie et les télécommunications sont les principaux domaines de coopération mutuellement bénéfiques entre la Chine et le Burkina Faso. Le Burkina Faso est un grand pays agricole dans la sous-région. Les entreprises chinoises sont très intéressées par l’exportation de produits agricoles, notamment ceux présentant des caractéristiques particulières. À l’heure actuelle, des entreprises chinoises font déjà la transformation de produits agricoles ici même au Burkina Faso. De nombreuses entreprises chinoises sont venues au Burkina Faso pour explorer le marché, avant même la reprise des relations diplomatiques.
Elles y font des affaires, notamment dans les domaines de la construction d’infrastructures tels que les logements, les routes et les ponts. Elles sont également dans l’exploitation de l’énergie électrique et hydraulique ainsi que les télécommunications, la logistique, la fabrication, etc. En outre, les entreprises chinoises ont exprimé leur volonté d’investir dans des domaines tels que l’arpentage et la cartographie, les équipements médicaux et le développement agricole.

S : Quelles sont les perspectives de renforcement des liens d’amitié et de coopération entre les deux Etats ?

L.J. : En trois ans, nous avons jeté une base solide pour la coopération sino-burkinabè. Dans un avenir proche, l’approfondissement et le renforcement devraient être la direction du développement. Nous allons nous focaliser sur l’orientation de la bonne conception, à élargir les domaines de la coopération axée sur la réalisation des grands projets, et à promouvoir la visibilité et l’universalité de ces projets au bien-être de la population. Le premier consiste à renforcer la coordination des politiques. Il s’agira d’intégrer le 14e plan quinquennal de développement économique et social national de la Chine et les objectifs à long terme à l’horizon 2035 avec les directives de développement national du Burkina Faso. Il s’agira également de trouver des points d’entrée de travail et des points de focalisation qui correspondent aux intérêts de développement des deux parties.

Le second consiste à combiner les domaines traditionnels de coopération à de nouveaux. Nous allons continuer d’étendre et de renforcer la coopération dans les domaines traditionnels et, en même temps, promouvoir l’extension dans des domaines émergents tels que la connectivité de la chaîne d’approvisionnement des industries, l’économie numérique, la protection de l’environnement et le développement vert. Le troisième consiste à enrichir les dimensions de la coopération. Sur la base du modèle de coopération existant, nous allons encourager la participation d’entités diverses telles que les municipalités locales, les sociétés privées et les fonds axés sur le marché comme le crédit commercial et l’investissement des entreprises. En même temps, nous allons continuer d’élargir l’espace de coopération dans les domaines de la culture, de l’éducation, de la recherche scientifique et de la sécurité. Nous nous engageons à construire un modèle de coopération complète et diversifiée.

Entretien réalisé
par Honoré KIRAKOYA

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