Journées de redevabilité de l’Assemblée nationale : Les députés soumettent leurs actions à l’appréciation des populations

Pendant trois jours, l’ensemble des 127 députés vont se soumettre au jugement des populations pour la toute première fois de la vie du parlement.

L’Assemblée nationale tient ses toutes premières journées de redevabilité du 1er au 4 juillet 2021 à Bobo-Dioulasso sous le thème « Culture de la redevabilité, un impératif pour un parlement de proximité ». L’ouverture des travaux de ces journées a été présidée par le Président du parlement, Alassane Bala Sakandé, en présence de quatre anciens présidents de l’Assemblée nationale. Il s’agit de Mélégué Maurice Traoré, Bongnessan Arsène Yé, Kader Cissé et Moussa Sanogo.

Jadis réservées aux groupes parlementaires dans leurs circonscriptions respectives, les journées de redevabilité de l’Assemblée nationale se tiennent pour la première fois du 1er au 4 juillet 2021 à Bobo-Dioulasso dans la région des Hauts-Bassins. « Culture de la redevabilité, un impératif pour un parlement de proximité ». C’est le thème de ces premières journées de redevabilité de l’Assemblée nationale. Selon le président de la VIIIe législature, Alassane Bala Sakandé, cet exercice des députés, entend rendre compte de l’action parlementaire aux populations, les écouter sur leurs attentes et suggestions et faciliter le contrôle citoyen de l’action gouvernementale. Même si cette initiative de déporter les députés pour la première fois depuis la création du Conseil général de la Haute-Volta (ancêtre de l’Assemblée nationale) en 1948 hors de Ouagadougou, ne repose sur aucune base légale, sa légitimité, a soutenu Alassane Bala Sakandé, reste « pleine, entière et évidente » en ce sens qu’elle procède d’une démarche volontariste du député de questionner son action par un retour à la source de son mandat ainsi que l’aspiration à davantage de transparence, de responsabilité et d’efficacité de l’action parlementaire. Aussi, cette légitimité, selon le président de l’Assemblée nationale se justifie par l’obligation de reddition qui est la contrepartie nécessaire du droit de représentation.
« La légitimité de ces journées de redevabilité de l’Assemblée nationale reste pleine, entière et évidente parce que sans l’obligation de rendre compte, l’exercice de tout mandat électif ou de tout pouvoir républicain n’est qu’une conspiration contre le destin collectif », a martelé Alassane Bala Sakandé.

Le même exercice dans les autres régions

Après Bobo-Dioulasso, Alassane Bala Sakandé a indiqué que les premières journées parlementaires se tiendront dans les autres régions entre les députés de ces régions et les populations .

Le choix de Bobo-Dioulasso pour abriter cet important évènement dans la vie du parlement burkinabè, aux dires de M. Sakandé, tient moins à son rang de deuxième ville du pays ou son statut de capitale économique qu’au rôle historique qu’elle a joué dans l’évolution politique de la Haute-Volta au Burkina Faso. Même si le patron du parlement a reconnu la complexité de rendre compte dans son adresse à la cérémonie d’ouverture des travaux, il a estimé que si le devoir est accompli, la mission réussie, rendre compte devient le socle de la confiance et du renforcement de la responsabilité. Ainsi, pendant 72 heures, les députés vont se soumettre à une évaluation, à un jugement et éventuellement à une sanction de leurs actions parlementaires. A travers des communications, le bilan partiel de la VIIIe législature sera soumis à l’appréciation des populations afin de recueillir leurs attentes, d’entendre leurs inquiétudes et partager leurs espoirs. Au regard de son importance, le même exercice, a informé Alassane Bala Sakandé, sera transporté les jours à venir dans les autres régions, mais sous d’autres formats. Contrairement à Bobo-Dioulasso, a dit M. Sakandé, les journées de redevabilité se tiendront exclusivement entre les députés d’une même région sans distinction de groupe parlementaire et les populations de cette circonscription territoriale.

En marge de ces journées de redevabilité, les députés ont inscrit dans leur agenda une sortie sur le barrage de Samadéni. Loin d’être une sortie touristique, cette sortie est une visite- terrain de contrôle de l’action gouvernementale, a clarifié le président de l’Assemblée nationale. Ainsi, chaque ministère impliqué dans la mise en œuvre de cette infrastructure hydroagricole devra faire l’état d’exécution des tâches qui lui ont été dévolues aux députés. La sécurisation du site, la capacité hydrique du barrage, la situation des personnes déguerpies, les aménagements agricoles, le projet de construction de routes d’accès au barrage sont autant de points sur lesquels les ministres concernés devraient s’expliquer.

 Kamélé FAYAMA

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