Atelier régional sur la gestion durable des forêts en Afrique : un bilan largement positif, selon les organisateurs

L’atelier régional de Ouagadougou sur le partage d’informations et d’expériences sur la gestion durable des forêts en Afrique dans le contexte de changement climatique, organisé par le Forum forestier africain (African forest forum-AFF), du 6 au 10 juin 2022, a pris fin dans la capitale burkinabè sur une note de satisfaction, le vendredi 10 juin dernier.

Après cinq jours de réflexions, d’échanges, de discussions autour des résultats d’études et des initiatives locales, nationales sur la gestion durable des forêts en Afrique centrale, et occidentale et de visites terrain, l’atelier régional de Ouagadougou sur le partage d’informations et de partages d’informations et d’expériences, organisé par le forum forestier africain (African forest forum-AFF), sous le thème : « gestion des forêts dans le contexte du changement climatique :  défis et opportunités pour le développement durable en Afrique », a refermé ses portes, le vendredi 10 juin 2022.

La représentante du Secrétaire exécutif de l’AFF, Pr Marie Louise Avana.Tientcheu : « Nous allons poursuivre les réflexions pour nous assurer que ce que nous faisons est à la hauteur des attentes des acteurs de la foresterie africaine ». © : AFF. Sidwaya.info. Editions Sidwaya

Selon les organisateurs, le bilan de cette rencontre, ayant réuni dans la capitale burkinabè, en présentiel, une soixantaine d’experts, chercheurs, de représentants des administrations publiques forestières et de la société civile, de journalistes et plus d’une quarantaine de participants en ligne, venus de dix pays d’Afrique francophone, est « largement positif ».

« Notre satisfaction vient de celle des participants. Lorsque nous organisons ce genre d’atelier, nous visons principalement deux objectifs : le partage d’expériences et le réseautage. Nous avons constaté une forte fusion, une forte interaction entre les participants de différents pays, à l’intérieur des pays, à l’échelle de la sous-région et entre les sous-régions. Pour avancer, nous avons besoin de travailler en réseau pour poursuivre ce que nous avons commencé », a laissé entendre la chargée du projet « Forets Africaines, populations, et changement climatique » de l’AFF, Pr Marie Louise Avana.Tientcheu.

Répondre aux attentes des acteurs

L’enrichissement mutuel des participants, des forestiers africains à travers le partage des connaissances, des savoirs, des expériences locales, nationales et les recommandations, qui ont été formulées avec des responsabilités pour chaque partie prenante, constituent également des acquis de cette rencontre.

« L’une des principales recommandations est celle relative à l’aspect méthodologique, qui voudrait que l’on s’assure qu’il y ait des échelles d’évaluations permettant de prendre en compte tous les niveaux d’informations ((local, national, sous-régional, régional) qui peuvent être concernés par une thématique donnée. Nous allons poursuivre les réflexions pour nous assurer que ce que nous faisons est à la hauteur des attentes des acteurs de la foresterie africaine », a poursuivi Pr Avana-Tientcheu.

Les participants ont formulé des recommandations pour le développement du secteur forestier africain. © : AFF. Sidwaya.info. Editions Sidwaya

L’atelier a également recommandé de continuer à combler les gaps des connaissances sur les forêts africaines en termes de statistiques, renforcer les compétences des parties prenantes sur les paradigmes associés au  changement climatique notamment les questions de carbone forestier, d’adaptation et d’atténuation aux impacts liés à ce fléau et de prendre en compte la nouvelle variable d’insécurité qui affecte la gestion durable des ressources forestière, les services écosystémiques et le bien-être des populations.

Ces cinq jours de travaux ont aussi permis de renforcer la place de l’AFF comme vitrine des forestiers africains et de montrer la pertinence du travail que mène cette institution au profit des acteurs forestiers et du continent.  

Les perspectives, vont consister à enrichir les études avec toutes les informations, les contributions qui ont été faites ici afin de les finaliser et les mettre à la disposition du plus grand nombre. Il s’agit aussi de tirer des leçons de ces recommandations pour développer de nouveaux projets, de nouvelles activités en faveur du secteur forestier africain », a conclu la représentante du Secrétaire exécutif de l’AFF.

Hommage à Thomas Sankara

Le porte-parole des participants, le directeur général des Eaux et forêts de la République du Congo, Joseph Moumbouilou, a, au nom de ses camarades, traduit sa gratitude à l’AFF et ses partenaires pour l’initiative de cette tribune de réflexions et de partages d’expériences sur la gestion durable des terres et des ressources forestières en Afrique.

Dans la même veine, le représentant du comité d’orientation et de pilotage de l’AFF, le Professeur Brice Sinsin de l’Université d’Abomey-Calavi du Bénin, a salué cette alchimie entre chercheurs et techniciens de la foresterie africaine et souhaité que cette collaboration se poursuive afin que les forêts d’Afrique soient de moins en moins déboisées.

Le conseil d’administration de l’AFF, par la voie de Mme Cécile Ndjebet, a exprimé ses remerciements aux participants, experts, partenaires de l’AFF et autorités burkinabè, en l’occurrence les premiers responsables de l’Université Thomas Sankara (UTS), pour leur implication dans le succès de cet atelier de Ouagadougou.

Elle a souhaité que cette Université qui porte le nom du père de la révolution burkinabè, qui fut un pionnier et un champion de la protection de l’environnement, sortent des milliers de Sankara dont l’Afrique a tant besoin.

Le vice-président de l’UTS, chargé de la recherche de la coopération internationale, Pr Florent Song-Naba, s’est réjoui de voir son institution accueillir et coorganiser avec succès cet atelier. Il a fondé l’espoir que les connaissances acquises par les participants  contribuent à gérer durablement les forêts africaines, dans un contexte de changement climatique.

QUELQUES REACTIONS DE PARTICIPANTS

 

Dr Nafissatou Diop/NDiaye, chercheur à l’Institut de technologie alimentaire de Dakar, Sénégal

« J’ai beaucoup appris sur la gestion durable des forêts en lien avec le changement climatique », Dr Nafissatou Diop/NDiaye, chercheur à l’Institut de technologie alimentaire de Dakar, Sénégal

« Après ces cinq jours d’atelier, le bilan est très positif, dans la mesure où je n’avais pas beaucoup d’informations sur la gestion durable des forêts. J’ai beaucoup appris sur la gestion durable des forêts en lien avec le changement climatique. Avec les connaissances apprises ici, je vais pouvoir sensibiliser mon entourage sur ses questions. La sortie terrain a été instructive, dans la mesure où l’on a vu des initiatives locales, villageoises proposant des solutions afin de s’adapter au changement climatique. Nous avons également apprécié les travaux de recherche qui sont faits au niveau du centre national de semences forestières, avec des méthodes pour faciliter la régénération  des espèces aussi bien locales qu’exotiques. »

 

Dr Philippe Bayen, enseignant chercheur en écologie végétale à l’Université de Dédougou, Burkina Faso.

« Il y a des grandes lignes qui vont nous servir dans nos travaux de recherche futurs », Dr Philippe Bayen, enseignant chercheur en écologie végétale à l’Université de Dédougou, Burkina Faso 

« Durant ces cinq jours de travaux, nous avons appris beaucoup de choses en matière de gestion durable des forêts que les experts d’Afrique centrale et de l’Ouest ont présenté. 

Il y a eu des communications sur l’exploitations de gommes arabiques, de résines d’Afrique, qui sont des espèces présentes au Sahel, mais qui, de par le passé, constituaient une filière négligée, non organisée.   Cet atelier a permis de savoir qu’il y a une promotion autour de ces espèces et qui permet d’assurer leur de vulgarisation, leur conservation.  Tout cela permet de bien gérer durablement la biodiversité pour le bien-être de l’homme. Nous avons également appris des plans d’aménagement forestier d’Afrique centrale. Bien que n’ayant pas les mêmes types de formations végétales, il y a des grandes lignes qui ressortent et qui vont nous servir dans nos travaux de recherche futurs. Le message que nous avons à l’endroit de l’AFF est qu’il implique au maximum les associations intervenant dans la promotion des produits forestier non ligneux. Car, il ne s’agit pas de réunir des scientifiques qui vont faire de bonnes propositions qui ne vont pas être appliquées sur le terrain. Mais s’il y a l’implication de ces acteurs directs, comme nous l’avons vu ici avec la présence de Mme Sory (promotrice des produits forestiers non ligneux), cela va permettre de faire leur promotion mais aussi de bien gérer les forêts. Il faut donc les associer pour une meilleure gestion des forêts, car il existe d’autres paramètres qui ne dépendent pas de la recherche. En ce moment, il faudrait que les communautés de base puissent se prononcer afin de nous permettre d’avancer. »

 

Mahamadi SEBOGO

Windmad76@gmail.com

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