Production semencière dans le Nakambé : « Il y a eu plus de peur que de mal », selon le président Inoussa Ouédraogo

La délégation de l’UNPS-B a visité ici à V6, au Sud de Bagré, des champs de riz de semence de plus de 60 hectares.

Le président de l’Union nationale des sociétés coopératives des producteurs semenciers du Burkina, Inoussa Ouédraogo, a visité, lundi 12 octobre 2026, à Bagré, des champs de riz et de maïs pour s’assurer l’état d’avancement de la campagne et identifier les difficultés.

En dépit d’une saison humide peu pluvieuse, la production semencière dans la région du Nakambé laisse place à l’optimisme. Le président de l’Union nationale des sociétés coopératives des producteurs semenciers du Burkina (UNPS-B), Inoussa Ouédraogo, a fait le constat le lundi 12 octobre 2026, dans la commune de Bagré. A V6 au Sud de Bagré, Inoussa Ouédraogo et sa délégation ont d’abord visité un champ de riz de 10 hectares, de la variété TS2, puis un autre de 50 hectares de la variété de FKF19, appartenant à l’Union des producteurs semenciers de Bagré. Le constat, fait sur place, montre une bonne physionomie, selon le président de l’Union des producteurs semenciers de la région du Nakambé, Issaka Sango. « Le riz est au stade de montaison et il ne reste plus que deux semaines pour donner des panicules », a-t-il dit. Pour arriver à ce résultat, il a confié que 200 kg de NPK, 200 kg d’urée et 5 tonnes de compost ont été apportés à l’hectare
afin d’avoir un bon rendement.

« L’évolution de la campagne semencière est satisfaisante parce qu’au début, nous avons eu peur à cause des poches de sècheresse. Mais pour le moment, nous avons reçu des eaux tardives qui nous ont permis de boucler les cycles des spéculations des hautes terres, comme le maïs, le mil et le sorgho », a-t-il déclaré, confiant. Ce résultat, selon le producteur semencier est également à mettre à l’actif du gouvernement qui a permis à sa coopérative de bénéficier d’engrais à prix subventionné, soit 22 000 F CFA le sac pour les grands producteurs contre plus de 30 000 F CFA sur la place du marché.

« Nous avons aussi eu des tracteurs subventionnés qui nous ont aidés à faire les labours », a ajouté Issaka Sango. Il a souligné que le rendement à l’hectare dépend des variétés. Pour la variété de riz TS2, il est attendu à 5 à 6 tonnes à l’hectare alors que pour la FKF19, le rendement prévisionnel oscille entre 4 à 4,5 tonnes à l’hectare.
Après le champ de riz, le cap a été mis ensuite sur un champ de 50 ha de maïs, de la variété « Massongo » au centre de
Bagré, appartenant à la même coopérative. Le maïs, censé donné jusqu’à 5 tonnes à l’hectare, est au stade de maturité. Du reste, les visiteurs du jour ont pu se saisir de quelques épis de maïs afin d’apprécier la qualité des grains. Pour le président de l’UNPS-B, Inoussa Ouédraogo, cette visite dans la région du Nakambé entre dans le cadre d’une tournée entreprise pour apprécier l’évolution de la campagne et s’entretenir avec les membres de l’union, les galvaniser et identifier les difficultés.

Un objectif de 60 000 tonnes

Le maïs de la variété « Massongo » de 50 ha est au stade de maturité.

« La semence compte pour 40% dans l’atteinte des objectifs de la production. Compte tenu du fait que la campagne a été difficile, nous nous sommes donnés un objectif de 60 000 tonnes », a-t-il justifié. Le président de l’UNPS-B a expliqué que cela
est d’autant plus nécessaire que le gouvernement a annoncé des mesures urgentes pour la campagne sèche pour pallier les effets de la mauvaise campagne agricole humide. Cette décision requiert, à son avis, qu’il y ait de la semence de qualité. Le président de l’UNPS-B s’est dit satisfait de la campagne en cours dans la région du Nakambé. « Avec la reprise des pluies, il y a motif de satisfaction, parce que le maïs a pratiquement bouclé son cycle et nous pouvons dire que dans la localité, il y a eu plus de peur que de mal », s’est-il réjoui.

Inoussa Ouédraogo a fait comprendre aux producteurs de Bagré que certaines zones n’ont pas eu les mêmes chances qu’eux, par conséquent, ils doivent travailler pour bien entretenir les plants et répondre aux besoins du Burkina dans la quête de la souveraineté alimentaire. Il a invité les producteurs semenciers à maitriser la période des post-récoltes au cours de laquelle l’on enregistre beaucoup de pertes de graines. Dans ce sens, Inoussa Ouédraogo a fait savoir que le ministère en charge de l’agriculture a prévu de les accompagner avec du matériel de nettoyage et de conditionnement pour accélérer les travaux et entamer la saison agricole sèche. Pour la région du Nakambé, il a dit attendre plus de 4 500 tonnes de riz au vu de la physionomie des plants constatée dans les champs. Le patron de l’UNPS-B a saisi l’occasion pour inviter les producteurs à utiliser les semences certifiées. Pour lui, le changement climatique qui occasionne la rareté des pluies et l’amélioration de la productivité requièrent l’utilisation d’une semence de qualité. « Il faut que les producteurs arrivent à accroitre leurs rendements. Ils ne pourront pas s’en sortir s’ils n’allient pas cycle et rentabilité », a-t-il conclu.

Anselme KAMBIRE

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