Ce matin, j’ai attendu l’Afrique sur le quai de l’avenir
Elle vrombissait au loin dans un nuage de poussière
Les yeux larmoyant de joie, j’ai cru en elle avec zèle
Elle vociférait dans la nuée ardente des volcans gênants
Ce matin, je l’ai vue marcher, tanguant à pas de charge
Ployant sous son propre poids et portant des faix défaits
En tombant de partout, ses membres s’érodaient en l’air
L’heure était grave sur le chemin de toutes les entraves
Ce matin, j’ai vu l’Afrique debout sur des crics en briques
Sa posture inclinée vers l’Ouest la brisait en deux au centre
Pendant qu’au Sud, elle se donnait des coups de sa corne
Sur son flanc Nord, les boussoles avaient perdu les repères
Ce matin, elle est arrivée dans un berceau de mort-né
Dépouillée par la portée agitée de l’espoir reporté
Elle ne repartira peut-être demain peut-être pas ou jamais
A deux mains, demain, remettons l’Afrique en chemin !
Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr



