24/07/2014/AH5017 : si nous le pouvions …

Il y a des douleurs qui se partagent comme on lègue un héritage
Il y a des malheurs qui suscitent la rage, on ne tourne pas la page
Il y a des larmes qui brûlent les visages et consument les cœurs
Il y a des drames qui traversent les âges avec les mêmes rancœurs

La souffrance de l’absence tranche le cœur de l’existence
L’incompréhension du destin fait pleurer les âmes en transe
La vie est une étoile filante qui s’écrase loin des regards
La mort est un sort jeté en plein vol sur des otages du hasard

Il y a des drames qui crament la foi des sans-voix sans voie
Il y a des trames pleines d’effroi qui tutoient les âmes aux abois
A quoi sert la vie si elle fait fi de nos envies et nous inflige le dépit ?
A quoi bon vivre avec sursis si le Ciel ravit l’essentiel de nos vies ?

Ils sont partis, sans repartie ni contrepartie comme des martyrs
Ils sont partis, comme des fakirs, sans soupir, ils ont subi le pire
Au fond de nous, la nuit s’est abattue à jamais sur nos débris intimes
Au fond de nos abymes, le clash du crash cache le sort de nos victimes

Malgré nos larmes qui coulent, relevons le père sans repère qui croule sans cercueil, seul
Malgré nos forces qui faiblissent, soutenons la mère amère qui s’écroule sans linceul, veule
Malgré tout, aidons-les à tenir le coup, à rester debout et à supporter le poids du deuil
Malgré tout, portons-les dans nos prières qui montent sans joie, mais avec une foi sans écueil

A tous ceux qui regardent encore les cieux à la recherche du vœu pieux reporté
A tous ceux qui refusent d’accepter le refuge lointain des proches emportés
Je verse une larme, sans arme, ma plume s’alarme pour toutes ces familles en lambeaux
Je souffre du gouffre, j’ai peur du vide qui évide, je me meurs du silence qui dure, sans tombeau

A vous qui étiez dans l’avion, si nous l’avion su, si nous l’avions vu, et si nous le pouvions
Vous aviez le sourire, vous n’avez pas pu dévier le pire, notre amour fleurira sur les alluvions
A vous qui avez pris ce vol sans jamais atterrir, nous ne pourrons jamais guérir de votre absence
Vous vous êtes endormis loin de nos insomnies et de nos âmes démunies, dormez, dormez en silence !

Hommage aux victimes. Courage aux intimes. Ne pleurez plus !

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr

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