Finis les  passe-droits !

« …suite à une plainte du REN-LAC, je me suis mis à la disposition de la justice afin que la vérité soit manifestée dans les affaires me concernant… ». C’est l’ex-ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Jean Claude Bouda, qui l’a annoncé dans un post sur les réseaux sociaux le mardi 26 mai 2020. La nouvelle de l’arrestation et de l’incarcération à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) de ce membre fondateur du parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), a aussitôt fait le tour de la blogosphère, alimentant toutes sortes de spéculations.

En l’absence d’une déclaration officielle du procureur du Faso relative à cette arrestation, chacun y va de ses commentaires et de ses interrogations, y compris au sein de la classe politique. En attendant la suite de la procédure enclenchée à la suite d’ une plainte du Réseau national de lutte anticorruption (RENLAC) en mai 2019, cette interpellation donne des idées sur la gouvernance actuelle du pays. Souvent voué aux gémonies  pour sa prétendue « collusion avec ses amis et parents  » dans le « pillage systématique » de biens publics,  le Président du Faso,  Roch Marc Christian Kaboré,  est toujours resté stoïque face à ces critiques, sans fondements, pour la plupart, soulignant au passage qu’il n’entravera, de quelque manière que ce soit, la marche de la justice. Même si d’aventure un « gros bonnet » de la république venait à être épinglé. L’audition, suivie de l’arrestation de l’ex-ministre  en charge de la défense (qui jouit de la présomption d’innocence jusqu’à l’administration de la preuve du contraire), prouve que les promesses présidentielles n’avaient aucunement pour but d’amuser la galerie.

La république vertueuse que le chef de l’Etat a promise à ses compatriotes dans son projet de société a toujours été sa boussole,  en dépit des cris d’orfraie  de politiciens cagoulés qui peignent tout en noir dans le but d’assouvir des desseins inavouables. Dans le strict respect de la séparation des pouvoirs, cette quête d’une république vertueuse trouve un large écho au sein de la Représentation nationale où le président, Alassane Bala Sakandé, a réaffirmé la poursuite de la mise en œuvre des recommandations des commissions d’enquête parlementaires de 2016 et 2017 sur le foncier urbain, la gestion des titres miniers, le système de santé, celui de l’enseignement et la réalisation d’infrastructures publiques. Mieux, l’Assemblée nationale a décidé de fouiner dans d’autres secteurs stratégiques à travers la mise en place de deux commissions d’enquêtes parlementaires : l’une sur le système de la téléphonie mobile et l’autre sur les pratiques de promotion immobilière. Trois autres missions d’information, notamment sur l’opérationnalisation des fonds miniers, l’état d’exécution de la loi de programmation militaire quinquennale 2018-2022 pour un budget de 725 milliards F CFA et la gestion de la pandémie de la COVID-19 au Burkina ont été réalisées. Ces initiatives apporteront sans nul doute leur lot d’affaires que la justice aura à connaître en toute impartialité, sans que cela ne soit associé à un acharnement ou à des règlements de compte.

Vivement que plus rien ne soit vraiment comme avant ! 

Par Mahamadi TIEGNA
mahamaditiegna@yahoo.fr

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