Programme budgétaire pluriannuelle 2021-2023

Conformément à la loi organique 073 du 6 novembre 2015, le ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Lassané Kaboré, a présenté le mardi 30 juin 2020, au nom du chef du gouvernement, le Document de programmation budgétaire économique pluriannuelle 2021-2023, aux députés.

En perspective à l’adoption de la prochaine loi de finances par l’Assemblée nationale, les députés prennent connaissance du contenu du Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2021-2023. En effet, le mardi 30 juin 2020, le ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Lassané Kaboré, a présenté le document au cours d’un débat d’orientation budgétaire afin de recueillir leurs préoccupations et suggestions des élus nationaux. Cet outil de cadrage macroéconomique, budgétaire et financier couvre une période de trois ans et s’appuie sur des hypothèses économiques précises et justifiées. « Il a pour objectif de renforcer la discipline macrobudgétaire en définissant une trajectoire des finances publiques tenant compte des normes internationales et communautaires. A cet effet, il contribue à une meilleure allocation des ressources mobilisables en cohérence avec les orientations stratégiques des politiques publiques et les priorités du gouvernement », a précisé Lassané Kaboré. Le ministre a fait savoir que le document a été élaboré selon trois scenarii. Un premier, optimiste bâti autour d’hypothèses et d’environnement très favorables au déroulement de l’activité économique, le second pessimiste repose sur l’éventualité d’évènements perturbateurs dans le contexte national et international. Quant au troisième, dit scénario de base, il tient compte d’une part, des ambitions affichées du gouvernement en matière de développement économique et social et d’autre part, des possibilités réelles en matière de mobilisation des ressources et d’absorption des crédits budgétaires par les ministères et institutions. En outre, il a indiqué que le DPBEP a été élaboré dans un contexte marqué par une croissance mondiale qui devrait s’effondrer et tomber en récession, passant de 2,9% en 2019 à une contraction de 3,0% en 2020.

7,78% de croissance des recettes

« Au plan national, les mesures adoptées par le gouvernement en vue d’atténuer l’impact de la COVID-19 sur l’économie nationale et au plan social sur les couches les plus vulnérables produiront pleinement leurs effets à partir de 2021 avec les investissements qui seront effectués dans les secteurs de la Santé, de l’Agriculture et des Ressources animales d’une part et le soutien aux entreprises dans le cadre de la relance de l’économie d’autre part », a soutenu Lassané Kaboré.
Aussi, il a relevé le contexte de suspension du pacte de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité de l’UEMOA, et de fin du programme de Facilité élargie de crédits (FEC) conclu avec le Fonds monétaire international (FMI) pour la période 2018-2020. Selon le ministre Kaboré, les projections issues du scénario de base de cadrage budgétaire prévoit une croissance de la production agricole (céréales, coton, …). « La production d’or attendue s’afficherait à 50 607,0 kg en 2020. Elle est projetée à 55 863,4 kg en 2021 (+10,4%) puis à 58 642,0 kg en 2022 et 2023, en lien avec l’amélioration continue des performances de la plupart des mines et les mutations observées dans le secteur minier. La production attendue serait de 200 681,6 tonnes en 2020 et de 210 715,7 tonnes par an sur la période 2021-2023 », a détaillé le ministre en charge de l’économie. Tenant compte des hypothèses, a-t-il ajouté, les recettes budgétaires (ressources propres et dons) seraient de 2 176,98 milliards FCFA en 2021; 2 223,70 milliards FCFA en 2022 et 2 535,53 milliards FCFA en 2023 soit un accroissement annuel moyen de 7,78%. Quant aux dépenses budgétaires totales, elles se chiffrent à 2 717,78 milliards FCFA en 2021 ; 2 681,62 milliards FCFA en 2022 et 2 924,38 milliards FCFA en 2023, soit un taux annuel moyen de progression de 5,40%.

Quid de l’impact du passage à l’ECO !

« Les perspectives macroéconomiques et budgétaires du Burkina Faso sur la période 2021-2023 font état d’une croissance économique qui se consoliderait à moyen terme. Cependant, les hypothèses de projection sont élaborées dans un environnement d’incertitudes qui pourraient compromettre leur réalisation », a alerté M. Kaboré.
Après la présentation du ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, les députés ont soulevé des inquiétudes sur certains aspects du DPBEP. Il s’agit, entre autres, de la soutenabilité de la dette publique et de la masse salariale, l’impact de la prochaine monnaie (ECO) sur les prévisions, les transferts des compétences aux collectivités et la baisse des appuis budgétaires extérieurs. Le ministre a laissé entendre que tous les financements prévus ne sont pas forcément des emprunts, donc il n’y a pas d’inquiétude quant à la soutenabilité de la dette. Concernant la masse salariale, il a souligné le caractère crucial de la question et la nécessité de travailler à avoir une progression réduite par rapport à l’évolution des ressources propres. « Pour ce qui est de l’ECO, les huit pays de l’UEMOA ont décidé d’aller ensemble, tout en maintenant la parité avec l’Euro. Donc il n’y a pas de risque», a rassuré le chef du département en charge du développement.
Sur la baisse des appuis budgétaires, il a expliqué la situation par la fin des cycles avec certains partenaires mais aussi de la crise sanitaire du Coronavirus qui a amené le gouvernement à solliciter des anticipations de financement avec certains partenaires. « Nous avons fait des efforts en matière de transfert des ressources aux collectivités mais des difficultés existent toujours avec environ 11% de transfert. En effet, il y a un problème de compétence et il faut que nous renforcions les capacités des communes », a martelé le ministre.

Joseph HARO

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