Contrôle des finances publiques: 27 milliards F CFA de dette irrégulière décelés

Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a reçu successivement en audience, le lundi 18 janvier 2021 à Ouagadougou, le vice-président du Conseil supérieur de la Communication (CSC), Azize Bamogo, le président de l’Autorité supérieur de contrôle de l’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC), Luc Marius Ibriga et le Premier président de la Cour des comptes, Jean Emile Somda. Ces trois personnalités sont allées remettre au Chef de l’Etat les rapports d’activité de l’année 2019 de leurs institutions respectives.

Conformément aux textes en vigueur, trois responsables d’institutions publiques ont remis leur rapport d’activité au Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, lundi 18 janvier 2021 au palais de Kosyam. Le premier à être reçu par le chef de l’Etat a été le vice-président du Conseil supérieur de la communication (CSC), Azize Bamogo. Selon lui, le rapport 2019 du CSC a relevé plusieurs manquements liés au respect de la loi, de l’éthique et de la déontologie de certains acteurs. Il s’agit, a-t-il cité, des publicités soumises à autorisation que certains médias ont faites sans les autorisations préalables, des publicités interdites que l’on retrouve dans les médias. De plus, a dit Aziz Bamogo, il y a eu des manquements relatifs à la diffusion d’émissions, à la tolérance religieuse. « Certaines émissions religieuses étaient un peu trop dures en la matière. Mais, le CSC a su échanger avec les responsables des médias pour trouver des solutions », a indiqué le vice-président du CSC. Malgré ces manquements, note le rapport, le CSC se satisfait de l’effort que les médias font pour être à un niveau « appréciable » à l’international. En termes de perspectives, a poursuivi M. Bamogo, le CSC envisage la construction de sa délégation régionale à Ouahigouya, l’extension du siège à Ouagadougou et le déploiement du dispositif automatique d’observation des médias dans plusieurs autres villes du pays. Quant aux recommandations, elle se rapportent, selon Aziz Bamogo, au renforcement institutionnel du CSC et au plaidoyer pour une fiscalité plus adaptée en faveur des médias et des sociétés de publicités. Et d’ajouter que Roch Marc Christian Kaboré a demandé que la contribution des médias à l’ancrage de la démocratie et de l’état de droit au Burkina Faso soit renforcée.

Réformer les corps de contrôle

A sa suite, c’est le contrôleur général de l’Autorité supérieur de contrôle de l’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC), Luc Marius Ibriga, qui a été reçu par le président Kaboré pour la remise des rapports d’activités 2018 et 2019 de son institution. A sa sortie d’audience, il a indiqué que les Burkinabè s’intéressent, de plus en plus, à l’ASCE-LC, au regard des différentes dénonciations. Le rapport 2018, selon Luc Marius Ibriga, s’est focalisé sur le décret portant procédures d’ententes directes, la dette intérieure et les baux administratifs pour lesquels des manquements ont été observés. « Pour la dette intérieure, le rapport fait apparaître que sur environ 40 milliards F CFA, 27 milliards F sont irrégulières dont 17 milliards ne sont pas sous-tendues par un contrat. Il y a lieu de trouver des solutions pour une dette intérieure qui soit juridiquement fondée », a déclaré M. Ibriga. Réagissant sur le rapport de 2019, il a fait savoir qu’il a abouti à la nécessité d’une réforme des Corps de contrôle pour être en adéquation avec le budget programme. Cette réforme, a-t-il ajouté, aura pour but de mettre en place des autorités ministérielles d’audit internes avec un personnel formé et d’avoir une capacité d’anticipation pour une meilleure gestion des ressources du pays.
La dernière personnalité à remettre son rapport d’activité au président Roch Marc Christian Kaboré, est le Premier président de la Cour des comptes, Jean Emile Somda. Pour lui, le rapport public de son institution répond au souci d’information du citoyen en rendant compte des résultats des contrôles et des propositions d’amélioration de la gestion des finances publiques. Le rapport, a-t-il dit, a rendu compte de la gestion du Conseil régional du Centre-Est, de la commune urbaine de Koupéla, du Centre hospitalier régional de Koudougou, de la Chambre de commerce et d’Iindustrie du Burkina Faso et de la Loterie nationale burkinabè. « Par ailleurs, la Cour a réalisé un audit du Fonds minier de développement local et des taxes superficiaires et a apprécié le Programme de modernisation de l’administration publique », lit-on dans le rapport. Et, selon Jean Emile Somda, des suggestions et des recommandations ont été faites à l’endroit des structures contrôlées ainsi que du gouvernement pour plus d’efficacité dans la gestion des biens publics.

Soumaïla
BONKOUNGOU

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