Journées nationales du refus de la corruption : Le REN/LAC s’attaque à la commande publique

Le Secrétaire exécutif du REN/LAC, Sagado Nacanabo (milieu), a indiqué qu’il est temps de mettre fin à la corruption et à l’impunité qui gangrènent la commande publique.

Le Réseau national de lutte anticorruption (RENL /LAC), a lancé la 16e édition des journées du refus de la corruption, le mercredi 15 décembre 2021, à Ouagadougou. Pour cette édition, l’institution a décidé de s’attaquer à la commande publique, un secteur « corruptogène ».

Les 16e Journées nationales du refus de la corruption (JNRC), du Réseau national de lutte anticorruption (RENL /LAC), se tiennent du 15 au 24 décembre 2021. L’information a été donnée par le réseau, le mercredi 15 décembre 2021, à Ouagadougou, au cours d’une conférence de presse. Un face à face avec les médias qui marque le lancement des activités de l’édition 2021. Pour cette année, le REN/LAC a décidé de s’attaquer à la commande publique, à travers le thème, « Transparence et lutte contre la corruption dans la commande publique au Burkina : cas des bâtiments et travaux publics ».

Pour le Secrétaire exécutif (SE) du REN/LAC, Sagado Nacanabo, la commande publique est un important instrument de mise en œuvre des politiques publiques, qui engloutit chaque année des centaines de milliards F CFA. Il en veut pour preuve, le rapport alternatif sur la gouvernance financière au Burkina Faso, produit par le Centre d’information, de formation et d’études sur le budget (CIFOEB), qui a relevé que les achats publics sont passés en valeur de 350, 45 milliards F CFA en 2013, à 377, 44 milliards F CFA en 2020.

De ce fait, le S.E. du REN/LAC, a déclaré que la commande publique est un secteur par nature « corruptogène ». La raison, à entendre M. Nacanabo, est qu’il est un domaine de consommation de fortes sommes et qui met en jeu des risques potentiels de conflits d’intérêts entre le milieu des affaires, le monde politique et celui des fonctionnaires opérationnels des processus de passation des marchés, d’exécution, de contrôle et de paiement des marchés. Une situation qui, selon les conférenciers du jour, laisse transparaitre des pratiques de corruption aux yeux des Burkinabè.

En témoigne, le nombre important des plaintes relatives aux mauvaises pratiques et d’infractions. Le nombre de litiges relatifs à la passation et à l’exécution des marchés publics, les résultats des audits, contrôles et investigations concernant les marchés publics, confortent ces propos sur la commande publique.

Assainir la commande publique

A ce sujet, il a rappelé que rien qu’en juin 2021, le gouvernement lui-même avait estimé à 170 le nombre d’infrastructures publiques endommagées par les intempéries depuis le début de l’hivernage, dont 110 concernaient le secteur de l’éducation.

Pour le REN/LAC, bien que la loi prévoie la répression de la corruption dans la commande publique, avec des peines d’emprisonnement allant de 5 à 10 ans et des amendes comprises entre 2 à 10 millions FCFA, les moyens d’établissement de la preuve restent limités. C’est pourquoi, le REN/LAC veut, à travers ces 16e journées, mener des activités à Ouagadougou et dans les cinq régions qui disposent des Comités régionaux anticorruption (CRAC) que sont les Hauts-Bassins, le Centre-Ouest, le Sud-Ouest, le Nord et l’Est.

Il veut également centrer sa lutte sur la passation et l’exécution de la commande publique au cours des priorités nationales afin de susciter le débat public autour des points spécifiques que sont : « Les manifestations de la corruption dans la passation et l’exécution des marchés publics », « la responsabilité des différents acteurs publics dans la mauvaise qualité des ouvrages au Burkina Faso » et « le contrôle citoyen dans la passation et l’exécution des marchés publics ».

C‘est ainsi que se tiendra, le 22 décembre 2021, au CENASA à Ouagadougou, un grand panel autour du thème : « Assainir la commande publique au Burkina Faso » qui sera animé par les principaux acteurs à savoir : l’Autorité de régulation de la commande publique, le ministère des Infrastructures et du Désenclavement et l’association des ingénieurs du Burkina. Le syndicat des travailleurs des travaux publics, du bâtiment, de l’hydraulique et le syndicat national des entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics du Burkina seront également de la partie.

A cela s’ajoutent des conférences publiques dans les écoles de formation professionnelle des ingénieurs de travaux publics et du bâtiment. Des conférences publiques, des émissions radiophoniques et télévisuelles ainsi que des campagnes d’affichage à Ouagadougou et dans les régions.

Mariam OUEDRAOGO

mesmira14@gmail.com

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