Baisse du taux de change entre le F CFA et l’Euro : « Il n’y a ni dévaluation, ni une réévaluation annoncée ou prévue », dixit Pr Sawadogo Hamidou, enseignant-chercheur

L’enseignant-chercheur en économie monétaire et financière, Pr Hamidou Sawadogo : « Entre les banques commerciales et les clients (entreprises et particuliers), il y a des taux de change qui peuvent s’écarter du cours officiel ».

Depuis hier une fausse information circule sur la toile fait état d’une éventuelle baisse de la valeur du franc CFA par rapport l’Euro connait. Selon l’enseignant-chercheur en économie monétaire et financière à l’Institut burkinabè des arts et des métiers (IBAM) de l’Université Joseph Ki-Zerbo, Pr Hamidou Sawadogo, il n’en rien, pour ce qui est du taux officiel de change entre l’Euro et le F CFA.

Sidwaya (S) : Il semble que le F CFA a connu une variation par rapport à l’Euro. En tant spécialiste des questions monétaires, qu’en est-il réellement ?

Pr Hamidou Sawadogo (H. S) : Le F CFA est en rattachement avec l’Euro et dont la parité est ajustable et à chaque fois que de besoin sur la demande des pays qui l’ont adopté comme monnaie mais aussi sur la demande de la France.

Je précise qu’actuellement, à la date du 10 mars 2022 ; il n’y a ni dévaluation, ni une réévaluation annoncée ou prévue. Le cours de change officiel est toujours et demeure depuis 1999, date d’avènement de l’Euro, un euro égale à 655, 957 F CFA (EUR=655.957 XOF pour les pays de l’UEMOA ou EUR=655.957 XAF pour les pays de l’Afrique Centrale). Il n’y a pas de variation du taux de change officiel.

S : Qu’est-ce qui pourrait expliquer ou justifier une telle rumeur ?

H.S : Je répète qu’il n’y a pas de variation du taux de change officiel. Maintenant, il faut savoir que le taux de change officiel est celui qui est utilisé entre la BCE et la BCEAO d’une part et d’autre part entre la Banque Centrale (BCEAO) et les banques de second rang ou banques commerciales.

Mais il y a entre les banques commerciales et les clients (entreprises et particuliers) des taux de change qui peuvent s’écarter du cours officiel. On a le cours bid ou cours acheteur qui est inferieur ou égal au taux de change officiel 655.957 et le cours ask ou cours vendeur de la banque qui est toujours plus élevé que le cours officiel. Leur différence est la marge bénéficiaire de la Banque ou le bureau de change.

En plus de ce marché commercial de devise, il y a d’autres marchés parallèles, marchés non règlementés, non adossés à une autorité monétaire et fonctionnante comme un marché noir et dont les écarts de taux ou spread de taux peuvent être énormes. Shadow est l’économiste, le premier qui a expliqué le fonctionnement de ces marchés non officiels et les économistes ont désigné le taux de change Shadow, un taux de change qui est en déviation du taux de change officiel et pratiqué par une portion des acteurs de l’économie.

Si vous parlez de variation de change ça ne peut être que le taux de change Shadow. Et même s’il y a une forte variation de la valeur d’une devise au sens de Shadow, la proportion infirme des acteurs de ce marché et surtout la capacité de résilience du marché officiel et commercial font qu’il n’y a vraiment pas de peur bleue à se faire.

S : Quelles conséquences ou leçons tirer de cette fausse information qui affole les gens depuis son annonce ?

H.S : Les économies africaines garderont leurs performances économiques habituelles tout simplement.

Actuellement, le seul conseil que je peux donner c’est que nous devons travailler pour rendre nos économies fortes afin d’avoir une monnaie forte et ne pas compter sur la force d’une monnaie quelconque pour faire notre développement.

Interview réalisée par

Mahamadi SEBOGO

Windmad76@gmail.com

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