A quand l’Afrique ?

La question des alliances, avec certaines puissances dans la lutte contre le terrorisme, divise les populations africaines en général et les élites politiques en particulier, les uns et les autres voyant le diable dans l’autre camp, oubliant ce sacro-saint principe qui veut qu’un peuple ne saurait sous-traiter sa sécurité avec un autre, sans payer le prix fort, et hypothéquer davantage ses chances de développement. Dans le “jeu” macabre qui se déroule actuellement dans la bande sahélo-saharienne, il n’est pas superflu de remonter à la chute du mur de Berlin, pour en comprendre les raisons fondamentales et mieux appréhender l’avenir.

Avec la chute dudit mur qui a remis en cause les axes tracés après la 2e guerre mondiale (traité de l’O.T.A.N d’une part et le pacte de Varsovie de l’autre), l’Afrique jadis chasse gardée de la France et dans une moindre mesure de l’Angleterre, redevenait une « terre vierge », qui attisait les convoitises en raison de son potentiel à nulle autre pareille. La France qui a senti très tôt le danger, avec la 1ère guerre “mondiale” des grands Lacs consécutivement à la chute de Mobutu (1998-2001), s’est empressée de sauter le verrou libyen avec la mort de Kadhafi, en sachant bien que cela entraînerait le déferlement des barbouzes de tous bords que le colonel libyen entretenait, sur le Sahel et le Sahara à la recherche de prébendes dans des “califats “ taillés sur mesure. Une action “préventive “ qui lui permettrait par la suite d’intervenir militairement pour protéger ses “amis “ et renforcer sa force de frappe dans la région pour parer aux velléités prédatrices des autres pays, notamment des russes en quête de nouveaux territoires pour mieux asseoir leur assise internationale. Derrière l’épouvantail terroriste se déroule ce que d’aucuns qualifient de grand jeu, à savoir les luttes de leadership mondial entre grandes puissances.

On a vu que tout le continent d’Est en Ouest, en passant par le Centre, subit cette nouvelle forme de guerre de reconquête, et, plutôt que de vouloir s’allier à X ou à Y, la préoccupation principale devrait être de savoir, comment faire face à ces guerres impérialistes. La réponse se trouve déjà dans les livres de Joseph Ki-Zerbo et de Cheikh Anta Diop, et mieux, dans la Charte de l’Union africaine élaborée à Syrte au début du millénaire. Seul problème, la politique de la courte vue et le nombrilisme de nos dirigeants qui nous empêchent de voir le bout du tunnel. Plus que jamais, la question du professeur Ki-Zerbo (A quand l’Afrique ?) est d’actualité.

Boubakar SY

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