Gynécologie-obstétrique : la santé maternelle au cœur des 9es journées régionales

Le président de la SOGOB, Pr Charlemagne Ouédraogo (gauche), s’est réjoui de l’engouement suscité autour des journées régionales.

La Société des gynécologues et obstétriciens du Burkina (SOGOB) a lancé, jeudi 24 septembre 2026, à Ziniaré, la IXe édition de ses journées régionales de gynécologie-obstétrique. Pendant 72 heures, professionnels de santé, spécialistes et partenaires ont échangé autour de la prévention et de la prise en charge des hémorragies du post-partum, dans le but de réduire les décès maternels évitables.

Une femme qui perd beaucoup de sang après son accouchement peut basculer rapidement dans une situation d’urgence. Face à ce risque, la Société des gynécologues et obstétriciens du Burkina (SOGOB) entend renforcer les capacités des acteurs de santé. Elle a consacré la IXe édition de ses journées régionales de gynécologie-obstétrique à cette problématique. Placée sur le thème « L’hémorragie du post-partum : enjeux et stratégies de prise en charge », la rencontre s’est ouverte, jeudi 24 septembre 2026, à Ziniaré.

Durant 72 heures, les participants ont pris part à des conférences scientifiques, des ateliers et des séances de partage d’expériences. Pour les organisateurs, ces journées constituent une occasion d’harmoniser les pratiques et de vulgariser des méthodes de prise en charge adaptées aux réalités des formations sanitaires. L’objectif est également de renforcer les connaissances des professionnels afin de contribuer à la réduction des décès maternels évitables.

Le président de la SOGOB, Pr Charlemagne Ouédraogo, s’est réjoui de l’engouement suscité autour des journées régionales. Pour lui, il s’agit d’un signe encourageant pour l’amélioration de la santé des femmes. Il s’est aussi félicité de l’arrivée prochaine au Burkina Faso de la carbétocine thermostable et de sacs d’évaluation permettant de quantifier les pertes de sang. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la diffusion des recommandations sur la prévention et la prise en charge des hémorragies du post-partum, le mentorat des professionnels des formations sanitaires périphériques et la présence accrue des spécialistes auprès de ces structures.

Le représentant résident de l’UNFPA au Burkina Faso, Yves Sassenrath, s’est également réjoui de la tenue de ces journées. Il a rappelé l’engagement de l’organisation en faveur de la réduction des décès maternels évitables et de l’amélioration de la santé des femmes. Selon lui, la lutte contre les hémorragies du post-partum doit s’inscrire dans une approche globale de la santé reproductive. Elle doit aussi s’accompagner d’un renforcement des soins obstétricaux d’urgence, notamment dans les zones confrontées aux difficultés humanitaires.

Le dépistage au cœur de la prévention

Au-delà des échanges scientifiques, la SOGOB a placé la prévention au cœur de ses activités. Une campagne de sensibilisation et de dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus a ainsi été organisée sur place à Ziniaré. De nombreuses femmes ont bénéficié gratuitement d’un dépistage et d’informations sur ces pathologies. La sage-femme Salamatou Ouédraogo s’est appesantie sur l’importance du dépistage régulier et d’une consultation rapide en cas de symptômes. Pour elle, les femmes doivent également privilégier les informations médicales fiables et adopter des comportements favorables à la prévention.

Esther Ouédraogo, bénéficiaire de l’initiative, a témoigné avoir reçu des explications qui l’ont rassurée. Elle a dit retenir qu’une lésion précancéreuse peut être prise en charge à temps avant d’évoluer vers une forme plus grave. Outre, le dépistage des cancers, neuf patientes souffrant de la fistule obstétricale, ont été examinées. Parmi elles, une femme âgée de 60 ans, qui vivait avec une fistule obstétricale depuis près de 20 ans, a pu bénéficier d’une intervention chirurgicale. Après deux décennies de souffrance, cette prise en charge lui offre l’espoir de retrouver une vie plus digne.

Pour le Dr Dieudonné Ouédraogo, gynécologue-obstétricien chirurgien des fistules obstétricales et secrétaire général de la SOGOB, le but de cette campagne ne réside pas seulement dans le nombre de patientes prises en charge, mais dans le soulagement apporté aux femmes concernées. « La fistule n’est pas une fatalité. Elle se soigne », a-t-il insisté. A travers ces différentes activités, les 9es journées régionales de gynécologie-obstétrique de la SOGOB associent ainsi renforcement des compétences, prévention, dépistage et accès aux soins.

Djakaridia SIRIBIE

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