Hadj 2027 : les innovations présentées

Le Comité national d’organisation du pèlerinage à la Mecque (CNOPM) a lancé officiellement l’édition 2027 du hadj, le mardi 29 septembre 2026 à Ouagadougou.

Le Comité national d’organisation du pèlerinage à La Mecque (CNOPM) veut offrir un
meilleur séjour aux pèlerins burkinabè en Terre Sainte. En effet, à l’occasion du lancement officiel du hadj 2027, le mardi 29 septembre 2026 à Ouagadougou, il a annoncé des innovations. Selon le représentant du ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Sibiri de Issa Ouédraogo, l’organisation de l’édition 2027 du pèlerinage à La Mecque se passe dans un contexte de consolidation des acquis des réformes introduites l’année dernière. Le quota alloué au Burkina Faso par les autorités saoudiennes pour l’édition 2027 reste identique à celui de 2026 qui est de 8 143 pèlerins. Face aux plaintes des pèlerins qui estimaient ne pas disposer suffisamment de temps pour s’inscrire, le CNOPM a introduit de
nouvelles dispositions. « Cette année, une fois que les candidats se sont tous inscrits, nous allons procéder à un tirage au sort. Cela va permettre de dégager le quota de 8 143. Une fois ce processus
terminé, les candidats pourront désigner l’agence avec laquelle ils vont travailler », a détaillé le président du CNOPM, Amadou Sidibé. Comme autres innovations, il a annoncé la formation des acteurs impliqués dans l’organisation du hadj. « Des formateurs vont être outillés en novembre prochain. Ces derniers vont à leur tour former les autres acteurs »,
a-t-il précisé. Amadou Sidibé a soutenu que la plateforme « ehadj », expérimentée l’année dernière, va être de nouveau
utilisée. « Cela permet d’instaurer une équité, plus de justice vis-à-vis de tous les pèlerins », a-t-il souligné. Le représentant du ministre chargé de la Mobilité a fait savoir que la compagnie nationale « Air Burkina », conformément à la réglementation, va assurer comme à l’édition passée, le transport aérien des pèlerins. Sibiri de Issa Ouédraogo a rappelé que l’intégration des coûts de la restauration à Médine et à La Mecque dans le coût global du hadj, expérimentée avec succès, sera maintenue. Il a signifié que le coût global du hadj 2027 sera
communiqué en temps opportun. Le représentant du ministre a lancé un avertissement contre les tentatives de sabotage. « Au regard des velléités de sabotage enregistrées à l’édition 2026, je mets fermement en garde tout éventuel
candidat à ces pratiques honteuses aux antipodes des valeurs islamiques. Toute tentative sera réprimée sévèrement à la hauteur du forfait », a-t-il prévenu. Il
a exhorté les acteurs à plus de professionnalisme et à privilégier l’intérêt du
pèlerin.

 

Leila Sylvia SAWADOGO
Deborah YAMEOGO
(Stagiaire)

 

Rentrée scolaire 2026-2027 : une affluence morose dans les librairies

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A quelques jours de la rentrée scolaire, satisfaire la liste des fournitures des enfants est l’une des préoccupations des parents. Mais dans les librairies, l’ambiance ne témoigne pas de l’approche de la rentrée. Reportage.

Ouagadougou 25 septembre 2026. Il est 10h. Nous sommes dans une librairie détaillante, située au grand marché Roodwoko. Ici, la table est bien garnie. Les cahiers sont soigneusement empilés. Les stylos de toutes les couleurs sont bien rangés dans leurs cartons. A côté, d’autres fournitures scolaires notamment des ardoises, des académies, des crayons de couleurs, des livres et des annales sont également disponibles. Tout semble prêt pour satisfaire les élèves, à l’approche de la rentrée. Pourtant, les clients se
font rares.

Derrière le comptoir, le vendeur, Inoussa Kouraogo, observe les passants. Quelques-uns passent, regardent les articles, demandent les prix, puis repartent, parfois sans rien acheter. A quelques jours de la rentrée, l’affluence tant attendue n’est toujours pas au rendez-vous, selon Inoussa Kouraogo. « Il n’y a pas de marché. Depuis 3 ans, nous ne vendons plus bien nos fournitures scolaires. J’ai même toujours du stock de l’année dernière en ma possession, et c’est très difficile de l’écouler », déplore-t-il.

Au quartier Dapoya de Ouagadougou, à la librairie « le temple du savoir », les fournitures sont disponibles, mais les parents ne se bousculent pas encore devant le comptoir. Pour le libraire Zakaria Ilboudo, cette situation contraste avec l’effervescence habituellement observée à l’approche de la rentrée scolaire. « Pour le moment, je constate une affluence légèrement plus faible qu’au même moment l’année dernière. Cependant, d’après mon expérience, la demande augmente fortement à partir du premier jour de la rentrée. Elle peut même progresser de manière très importante au cours de cette période » assure-t-il.
Zakaria Ilboudo explique cette situation de différentes manières. Pour lui, certains parents attendent, parce qu’ils ont des moyens limités, tandis que d’autres préfèrent simplement être prudents dans leurs dépenses.

Le libraire Zakaria Ilboudo :
« nous sommes aussi responsables de famille et nous comprenons les préoccupations des parents ».

« Les parents prévoyants commencent à acheter les fournitures dès le mois d’août, afin d’assumer à temps leurs responsabilités », renchérit-il. C’est le cas de Souleymane Diallo, parent de quatre élèves dont un au primaire et trois au lycée. Face à ses charges, il a développé une stratégie qui ait de payer progressivement les fournitures. « Je travaille moi-même dans le domaine de l’éducation et j’ai déjà une idée des besoins. J’avais déjà acheté une partie des fournitures la semaine dernière, notamment des cahiers. Ce n’est pas toujours simple pour nous. Aujourd’hui, je suis revenu pour voir ce que je peux encore acheter afin de compléter la liste des fournitures scolaires », poursuit-il.

Les prix au cœur des préoccupations

Si les clients se font attendre, la question des prix reste au cœur des préoccupations. Chez Zakaria Ilboudo, un cahier de 200 pages au petit format, avec une couverture en plastique, coûte 500 FCFA. Avec une couverture ordinaire, le même type de cahier coûte environ 300 FCFA. Pour un cahier de 200 pages au grand format avec couverture plastique, il faut compter environ 750 francs CFA l’unité, précise-t-il. Selon le parent d’élève Souleymane Diallo, il n’y a pas d’augmentation apparente des prix.

« Je trouve qu’ils sont globalement restés similaires à ceux de l’année dernière », clame-t-il. Un avis également partagé par Salifou Zongo, parent d’élève, que nous avons rencontré dans une boutique de sac à dos. Pour lui, les prix peuvent variés d’un commerçant à l’autre, mais restent sensiblement les mêmes. « J’ai pu avoir les 4 sacs au même prix que l’année dernière, soit 2 000 F CFA, 3 500 F CFA et deux autres à 5000 F CFA », a-t-il soutenu.

Salifou Zongo, parent d’élève :
« je suis venu acheter les sacs en premier. Pour les cahiers, je vais attendre quelques jours ».

Pour certains parents, le défi ne se limite cependant pas aux prix. Trouver le modèle recherché peut également se transformer en un parcours de combattant. Assétou Kaboré, parent d’élève en sait quelque chose. Elle a parcouru les quartiers
Bassinko et Tampouy à la recherche de modèles précis de sacs, choisis par ses enfants. Elle n’a pas encore eu gain de cause. Dans une boutique de vente de sacs située au grand marché comme dans les précédentes, ces modèles ne sont pas disponibles. « Les parents souffrent ! », clame-t-elle. A côté des cahiers et des sacs, les gourdes constituent également une dépense supplémentaire pour les parents.

Alice Ouadio, une cliente affirme avoir presque terminé ses achats. « J’ai déjà acheté les
dernières fournitures. Il ne me reste plus que la gourde. C’est pour que la fille puisse boire de l’eau à l’école », explique-t-elle.
Du commerçant de cahiers à celui des gourdes en passant par les vendeurs des sacs, du grossiste au détaillant, le constat est le même. Les clients se font encore
attendre. Les commerçants disent observer des parents particulièrement attentifs aux prix.

Lorsque certains articles dépassent leur budget, ils cherchent d’autres alternatives ou
reportent leurs achats. Les commerçants espèrent voir l’affluence augmenter avec l’approche effective de la rentrée.

Galedie Kétoura SIMPORE

Rentrée scolaire 2026-2027: une affluence morose dans les librairies

A quelques jours de la rentrée scolaire, satisfaire la liste des fournitures des enfants est l’une des préoccupations des parents. Mais dans les librairies, l’ambiance ne témoigne pas de l’approche de la rentrée. Reportage.

Ouagadougou 25 septembre 2026. Il est 10h. Nous sommes dans une librairie détaillante, située au grand marché Roodwoko. Ici, la table est bien garnie. Les cahiers sont soigneusement empilés. Les stylos de toutes les couleurs sont bien rangés dans leurs cartons. A côté, d’autres fournitures scolaires notamment des ardoises, des académies, des crayons de couleurs, des livres et des annales sont également disponibles. Tout semble prêt pour satisfaire les élèves, à l’approche de la rentrée. Pourtant, les clients se
font rares.

Derrière le comptoir, le vendeur, Inoussa Kouraogo, observe les passants. Quelques-uns passent, regardent les articles, demandent les prix, puis repartent, parfois sans rien acheter. A quelques jours de la rentrée, l’affluence tant attendue n’est toujours pas au rendez-vous, selon Inoussa Kouraogo. « Il n’y a pas de marché. Depuis 3 ans, nous ne vendons plus bien nos fournitures scolaires. J’ai même toujours du stock de l’année dernière en ma possession, et c’est très difficile de l’écouler », déplore-t-il. Au quartier Dapoya de Ouagadougou, à la librairie « le temple du savoir », les fournitures sont disponibles, mais les parents ne se bousculent pas encore devant le comptoir.

Pour le libraire Zakaria Ilboudo, cette situation contraste avec l’effervescence habituellement observée à l’approche de la rentrée scolaire. « Pour le moment, je constate une affluence légèrement plus faible qu’au même moment l’année dernière. Cependant, d’après mon expérience, la demande augmente fortement à partir du premier jour de la rentrée. Elle peut même progresser de manière très importante au cours de cette période » assure-t-il.

Le libraire Zakaria Ilboudo :
« nous sommes aussi responsables de famille et nous comprenons les préoccupations des parents ».

Zakaria Ilboudo explique cette situation de différentes manières. Pour lui, certains parents attendent, parce qu’ils ont des moyens limités, tandis que d’autres préfèrent simplement être prudents dans leurs dépenses.
« Les parents prévoyants commencent à acheter les fournitures dès le mois d’août, afin d’assumer à temps leurs responsabilités », renchérit-il. C’est le cas de Souleymane Diallo, parent de quatre élèves dont un au primaire et trois au lycée. Face à ses charges, il a développé une stratégie qui ait de payer progressivement les fournitures.

« Je travaille moi-même dans le domaine de l’éducation et j’ai déjà une idée des besoins. J’avais déjà acheté une partie des fournitures la semaine dernière, notamment des cahiers. Ce n’est pas toujours simple pour nous. Aujourd’hui, je suis revenu pour voir ce
que je peux encore acheter afin de compléter la liste des fournitures scolaires », poursuit-il.

Les prix au cœur des préoccupations

Si les clients se font attendre, la question des prix reste au cœur des préoccupations. Chez Zakaria Ilboudo, un cahier de 200 pages au petit format, avec une couverture en plastique, coûte 500 FCFA. Avec une couverture ordinaire, le même type de cahier coûte environ 300 FCFA. Pour un cahier de 200 pages au grand format avec couverture plastique, il faut compter environ 750 francs CFA l’unité, précise-t-il. Selon le parent d’élève Souleymane Diallo, il n’y a pas d’augmentation apparente des prix.

« Je trouve qu’ils sont globalement restés similaires à ceux de l’année dernière », clame-t-il. Un avis également partagé par Salifou Zongo, parent d’élève, que nous avons rencontré dans une boutique de sac à dos. Pour lui, les prix peuvent variés d’un commerçant à l’autre, mais restent sensiblement les mêmes. « J’ai pu avoir les 4 sacs au même prix que l’année dernière, soit 2 000 F CFA, 3 500 F CFA et deux autres à 5000 F CFA », a-t-il soutenu.

Salifou Zongo, parent d’élève :
« je suis venu acheter les sacs en premier. Pour les cahiers, je vais attendre quelques jours ».

Pour certains parents, le défi ne se limite cependant pas aux prix. Trouver le modèle recherché peut également se transformer en un parcours de combattant. Assétou Kaboré, parent d’élève en sait quelque chose. Elle a parcouru les quartiers
Bassinko et Tampouy à la recherche de modèles précis de sacs, choisis par ses enfants. Elle n’a pas encore eu gain de cause. Dans une boutique de vente de sacs située au grand marché comme dans les précédentes, ces modèles ne sont pas disponibles. « Les parents souffrent ! », clame-t-elle.

A côté des cahiers et des sacs, les gourdes constituent également une dépense supplémentaire pour les parents. Alice Ouadio, une cliente affirme avoir presque terminé ses achats. « J’ai déjà acheté les dernières fournitures. Il ne me reste plus que la gourde. C’est pour que la fille puisse boire de l’eau à l’école », explique-t-elle.
Du commerçant de cahiers à celui des gourdes en passant par les vendeurs des sacs, du grossiste au détaillant, le constat est le même. Les clients se font encore
attendre. Les commerçants disent observer des parents particulièrement attentifs aux prix. Lorsque certains articles dépassent leur budget, ils cherchent d’autres alternatives ou
reportent leurs achats. Les commerçants espèrent voir l’affluence augmenter avec l’approche effective de la rentrée.

Galedie Kétoura SIMPORE

Lu pour vous : « HUMMM… et la vie continue » : quand Mariam Vanessa Touré met nos vies à nu

La première œuvre littéraire de Mariam Vanessa Touré est un livre qui ne laisse pas le lecteur à distance. On y parle d’amour, de famille, de blessures, de solitude, de condition féminine, mais aussi de ces petits combats du quotidien qui finissent par raconter une vie. Avec, en filigrane, une idée simple et tenace : quoi qu’il arrive, la vie continue.

«HUMMM… et la vie continue » commence par parler des autres avant de ramener doucement le lecteur à lui-même. A travers des chroniques inspirées de situations ordinaires, l’auteure observe les comportements, questionne les habitudes et interroge les rapports sociaux. Derrière les histoires, il y a surtout une femme et un parcours.
Mariam Souréa Vanessa Touré n’entre pas en littérature par effraction. Formée aux départements de Lettres modernes, d’Arts et communication et à l’IPERMIC de l’université de Ouagadougou, actuelle université Joseph-Ki-Zerbo, elle s’est construite au croisement des lettres, de la communication et du journalisme.

Une journaliste devenue écrivaine

Ancienne présentatrice vedette du Journal télévisé de 20 heures de la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB), pendant plus d’une décennie, elle a exercé un métier qui impose d’observer, d’écouter, de sélectionner l’essentiel et de mettre des mots sur les réalités de la société.

La littérature prolonge ainsi un rapport ancien avec les mots et avec les autres. Dans les pages liminaires de son ouvrage, l’auteure raconte que l’écriture était depuis longtemps un « rêve en suspens ». Plusieurs manuscrits sont restés dans ses tiroirs avant que les encouragements de son entourage et une rencontre déterminante avec Bernadette Dao/Sanou ne l’amènent à franchir le pas.

Avant le livre, il y a eu aussi les réseaux sociaux. Pendant plusieurs années, Mariam Vanessa Touré a publié sur Facebook des chroniques consacrées notamment à la condition féminine. Les réactions de sa communauté, « Mes Chers Amis pour la Vie », ont transformé ces publications en une conversation suivie avec les lecteurs. Le livre s’est donc nourri d’une relation avec un public.

Quand le quotidien devient matière à réflexion

La première partie, « S’ouvrir aux autres et au monde », s’intéresse à l’environnement social dans lequel chacun évolue. Amour, couple, mariage, célibat, infidélité, parentalité, maternité, téléphone portable, santé, relations familiales et condition féminine deviennent autant de portes d’entrée vers une réflexion sur nos comportements.

Ce qui intéresse l’auteure, ce n’est pas seulement la situation, mais ce qu’elle révèle de la société. Le célibat féminin devient ainsi le point de départ d’une réflexion sur les préjugés et les attentes qui entourent encore la vie des femmes. Le mariage apparaît comme une expérience affective traversée par les pressions familiales et sociales. Même le téléphone portable, objet banal du quotidien, peut prendre les traits d’un « amant » qui s’immisce dans l’intimité du couple.

Maternité, filles-mères, adoption, relations entre belles-mères et belles-filles, situation des aides-ménagères ou violences conjugales sont également abordées. La femme y occupe une place centrale : célibataire, épouse, mère, divorcée, veuve ou concubine, elle apparaît comme un être soumis à des regards et des injonctions multiples.
Mariam Vanessa Touré ne prétend pas apporter de réponses définitives. Elle ouvre des pistes et laisse au lecteur la responsabilité de poursuivre le questionnement. Sa force réside précisément dans cette capacité à partir d’une scène familière pour faire surgir une interrogation plus profonde.

De l’autre à soi

La deuxième partie, « S’affirmer et s’accomplir », ramène progressivement le lecteur vers lui-même. Confiance en soi, solitude, épreuves, empathie, identité, authenticité, gratitude, humilité et résilience deviennent les principaux territoires de l’écriture.
Le titre prend alors tout son sens. « Et la vie continue » n’est plus une simple constatation, mais une manière de regarder l’existence. L’expression reconnaît les blessures, les échecs et les pertes sans leur accorder le dernier mot.

Chômage, difficultés professionnelles, échec entrepreneurial, maladie, deuil, solitude ou poids du regard social traversent plusieurs récits. Les personnages ne sont pas épargnés, mais ils ne sont pas réduits à leurs épreuves.

C’est ici que le « Hummm » du titre révèle sa profondeur. Dans son avant-propos, l’auteure explique qu’il peut traduire un soupir, une hésitation, un étonnement, une fatigue, une satisfaction ou une forme de résignation. Il surgit lorsque les mots ne suffisent plus ou lorsque plusieurs émotions se mêlent.
Au fil des pages, ce petit mot devient une ponctuation de l’existence. Il dit ce que l’on ne formule pas toujours et rappelle que derrière chaque réaction se cache une histoire.

Bernadette Dao, l’aînée et le déclic

L’histoire du livre ne serait pas la même sans Bernadette Dao/Sanou, que Mariam Vanessa Touré appelle affectueusement sa « tantine ». Ses encouragements et ses conseils ont contribué à faire passer l’écriture du domaine du rêve à celui de la réalisation.
Sa présence ne se limite donc pas à la préface : elle intervient en amont de la naissance même du livre. Elle rapproche notamment le titre de l’ouvrage de la devise personnelle de l’auteure, « Par-delà moi, la vie ! ». Ce lien éclaire le fil conducteur du livre : l’existence ne se résume ni aux blessures, ni aux limites, ni aux échecs. Le dialogue entre les deux femmes donne à ce premier ouvrage une dimension de transmission : une voix aînée accompagne l’entrée d’une nouvelle auteure dans le monde littéraire.

De Facebook au livre

Avant d’être réunis dans un ouvrage de plus de 300 pages, plusieurs textes ont vécu sur Facebook. Ils ont été lus, commentés et discutés, suscitant parfois des témoignages. Le réseau social a ainsi constitué un premier espace de rencontre avec les lecteurs.
Le passage au livre imprimé ne change pas la nature de cette écriture. Mariam Vanessa Touré conserve le goût de la chronique, de l’observation et de l’interpellation. Elle part du quotidien pour atteindre ce que les situations ordinaires révèlent de nos façons d’aimer, de juger, de souffrir, de résister et de continuer à vivre.

« HUMMM… et la vie continue » n’est ni un traité sociologique, ni un manuel de développement personnel, ni une simple compilation de chroniques. L’ouvrage se situe à la rencontre de l’observation sociale et de l’expérience personnelle.
Au bout du compte, le « Hummm » ressemble moins à une hésitation qu’à une manière de prendre acte de la complexité de l’existence. Il y a les blessures, les déceptions, les solitudes et les échecs. Mais il y a aussi les rencontres, les recommencements, les petits bonheurs et cette force discrète qui pousse à avancer. Hummm… Et la vie continue.

Sidibé PAGBELEGUEM
joliv_et@yahoo.fr

Techniques d’élaboration des actes normatifs : des cadres étatiques à l’école des bonnes pratiques

Le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, a lancé des sessions de formation en légistique au profit des cadres des ministères et institutions, le mardi 29 septembre 2026, à Ouagadougou.

Le Burkina Faso est soucieux de la qualité des productions normatives. Pour ce faire, le Secrétariat général du gouvernement et du Conseil des ministres (SGG-CM) a lancé, sous l’égide ministère de la Justice, des sessions de renforcement de capacités des cadres de l’Etat en légistique, mardi 29 septembre 2026, à Ouagadougou. La maitrise des techniques d’élaboration des actes normatifs est placée au cœur de l’édition 2026 de ce cadre d’apprentissage.

Selon le ministre, secrétaire général du gouvernement et du Conseil des ministres, Ousmane Ouattara, ces partages de connaissances s’inscrivent dans une dynamique de refondation totale et de restauration de l’autorité de l’Etat. « Les objectifs que nous poursuivons se construisent à travers des institutions fortes, une administration rigoureuse, mais aussi à travers des actes normatifs bien élaborés qui traduisent la volonté du peuple », a-t-il précisé. Ousmane Ouattara a soulevé le poids de la maîtrise des techniques législatives qui conditionnent la célérité, la cohérence et la fiabilité des productions normatives.

Pour le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, un acte normatif renvoie aux différents éléments mobilisés pour régir la vie des populations, qui vont de l’acte adopté à l’Assemblée législative, à l’arrêté, en passant par les décrets. A cet effet, il a relevé la nécessité et l’utilité de former ceux qui sont à la manœuvre au niveau des ministères et institutions et d’instaurer des sessions d’échanges, qui vont contribuer à améliorer la qualité des textes adoptés répondant aux attentes. Edasso Rodrigue Bayala a rappelé la place prépondérante du SGG/CM dans ce processus de productions normatives.

Il a déclaré que, la loi, le décret, l’arrêté et la décision sont l’expression de la volonté du peuple, l’instrument par lequel la volonté et les orientations politiques du gouvernement se transforment en droits et obligations ou en garanties pour chaque citoyen burkinabè. Le ministre de la Justice a indiqué que la qualité des textes normatifs engage la crédibilité même de l’action publique. « Un texte imprécis, contradictoire avec l’ordonnancement juridique existant, fragilise non seulement l’administration qui l’a produit, mais aussi asservit les citoyens et discrédite l’action des gouvernements », a-t-il insisté.

De son avis, il est crucial d’avoir une administration capable de produire des normes claires, cohérentes, applicables et pleinement conformes à l’ordre juridique interne comme aux engagements internationaux du Burkina Faso.

« Nous attachons une importance particulière au renforcement continu des
capacités des cadres en matière de techniques normatives. Il s’agit de consolider leur maîtrise du processus d’élaboration des actes normatifs, notamment l’identification rigoureuse du besoin de réglementation, le choix judicieux de l’instrument juridique approprié, la rédaction claire et accessible de l’acte juridique », a affirmé le ministre de la Justice. Il a invité les participants à interroger sans réserve les facilitateurs et à faire de ces sessions un véritable creuset de compétences renouvelées au bénéfice des administrations respectives et par ricochet au bénéfice de la Nation tout entière.

Soumaïla BONKOUNGOU

Zourkanaï SANOGO
(Stagiaire)

Semaine du numérique 2026: le comité national d’organisation officiellement installé

La ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Aminata Zerbo, a installé les membres du comité national d’organisation de la 21e édition de la semaine du numérique, lundi 28 septembre 2026 à Ouagadougou.

Le coup d’envoi officiel des préparatifs de la 21e édition de la semaine du numérique est lancé. En effet, les membres du Comité national d’organisation (CNO) de l’évènement ont été installés par la ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Aminata Zerbo, lundi 28 septembre 2026, à Ouagadougou. Placée sur le thème : « Souveraineté technologique, accélérer la transformation digitale sécurisée et inclusive », cette 21e édition de la semaine du numérique va se tenir du 17 au 21 novembre 2026.

La ministre chargée des Communications électroniques a rappelé aux membres du comité l’importance stratégique de leur mission. « Le numérique aujourd’hui est un levier pour booster le développement socio-économique de notre pays, mais également contribuer au bien-être de nos populations », a-t-elle affirmé.

Selon Aminata Zerbo, l’objectif est d’assurer la disponibilité des services numériques à toute la population. Elle a assuré que le gouvernement a déjà entrepris des actions pour que la transformation digitale, en cours, soit une opportunité pour tous les Burkinabè où qu’ils soient et quelles que soient leurs contraintes en termes de langue et d’alphabétisation.

Aminata Zerbo a exhorté les membres du comité national d’organisation à faire montre de rigueur, de patriotisme et de créativité pour offrir une édition à la hauteur des ambitions burkinabè.

Aussitôt installé dans ses fonctions, le président du CNO, Borlli Jonas Somé, a traduit sa gratitude aux autorités pour la confiance placée en son équipe. « Notre mission est claire : faire de cette édition un carrefour d’excellence et une vitrine pour le génie burkinabè », a-t-il déclaré.

Julien ZOUNGRANA
Rasmatou OUEDRAOGO
(Stagiaire)

 

Grand Virage Digital : le Grand Virage Digital ouvre officiellement ses portes

L’évènement numérique, le Grand Virage Digital, s’est tenu sur le thème : « Le digital, un outil, au service du développement socio-économique de nos nations », samedi 26 septembre 2026, à Ouagadougou.

Après sa présentation, mercredi 1er juillet 2026, au ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, le Grand Virage Digital a été organisée, samedi 26 septembre 2026, par son promoteur, Ibrahim Kafando. L’évènement numérique s’est tenu sur le thème : « Le digital, un outil au service du développement socio-économique de nos nations ».

De l’avis du promoteur de l’évènement, un téléphone et une connexion Internet sont des solutions qui peuvent permettre d’apprendre le graphisme, la programmation, le montage vidéo, l’intelligence artificielle, créer une entreprise, etc.
« Nous voulons contribuer à construire une génération africaine qui ne subit pas la révolution numérique, mais qui en saisit les opportunités pour développer son pays », a-t-il affirmé.

Selon le représentant du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Moussa Dicko, le numérique n’est plus un accessoire de nos sociétés. « Il est une école, un atelier, une boutique, un studio, un champ de bataille idéologique où les récits sont portés et un levier de souveraineté », a -t-il poursuivi. Moussa Dicko a fait savoir qu’à travers l’Intelligence artificielle (IA) et la circulation instantanée de l’information, l’ignorance numérique rend vulnérable à la désinformation, à la manipulation, aux escroqueries, à la dépendance technologique.

Pour le représentant de la ministre chargée de la Transition digitale, Ibrahim Patrick Congo, le véritable enjeu du Grand Virage Digital est de savoir comment le numérique peut contribuer à améliorer la vie des citoyens, accroître la performance des entreprises, moderniser les services, créer des emplois stimuler l’innovation et renforcer la souveraineté.

« Notre défi est de faire émerger davantage de développeurs, de créateurs de solutions, d’entrepreneurs numériques, de spécialistes des données, des professionnels de la cybersécurité, des créateurs de contenus professionnels et de jeunes capables d’utiliser les technologies émergentes pour développer des activités économiques », a-t-il déclaré. Ibrahim Patrick Congo a recommandé aux jeunes entrepreneurs de ne plus considérer le digital comme un outil de communication, mais un instrument d’apprentissage.

Boukary BONKOUNGOU
Rasmatou OUEDRAOGO
(Stagiaire)

Fin du projet GHSC-PSM: les acteurs satisfaits des résultats

Le ministère de la Santé a clôturé le projet sanitaire, Global Health Supply Chain Program-Procurement and Supply Management (GHSC-PSM) le lundi 28 septembre 2026, à Ouagadougou.

Le projet sanitaire, « Global Health Supply Chain Program – Procurement and Supply Management » (GHSC-PSM) est arrivé à terme. Après dix ans de collaboration, le ministère de la Santé du Burkina Faso et le gouvernement américain ont clôturé l’initiative sanitaire, GHSC- PSM, lundi 28 septembre 2026, à Ouagadougou.

La cérémonie de clôture était placée sur le thème : « Capitalisons les acquis pour une chaîne d’approvisionnement en produits de santé résiliente et performante qui sauve des vies au Burkina Faso ». D’août 2016 à septembre 2026, cette coopération sanitaire s’étalant sur plusieurs régions du pays des Hommes intègres avait pour objectifs principaux l’acquisition des produits de santé et le soutien aux systèmes pour le renforcement de la chaîne d’approvisionnement des produits de santé.

Le projet a atteint ses objectifs de soutien aux systèmes pour un montant total d’environ 91 milliards F CFA dont 85% pour l’acquisition des produits. Aussi, il a permis de faciliter l’accès aux produits de qualité et moderniser les centres de stockage.
Le représentant de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique au Burkina Faso, Frankie Sturm, a salué les acquis du projet GHSC-PSM dont les résultats parlent d’eux-mêmes.

Pérenniser les acquis

« Il y a environ 80 milliards de francs CFA de produits de santé acquis et distribués, le déploiement de nouveaux protocoles de traitement du paludisme dans trois régions et plus de 600 structures de santé équipées et connectées au système de logistique numérique », a-t-il indiqué.

Frankie Sturm a précisé que malgré la fin de ce partenariat, des produits sanitaires, d’une valeur de 30 milliards de francs CFA, vont être octroyés au Burkina au cours des cinq prochaines années. Au titre de la digitalisation de la chaine d’approvisionnement, plus de 2000 sites ont été connectés au NetSIGL 2.0, une plateforme multifonctionnelle, appréciée par les différents utilisateurs.

Selon le directeur Pays du GHSC-PSM, Parfait Komlan Edah, au-delà des conditions de stockage en termes de sécurité d’incendie, il y a les compétences qui ont été acquises par les gestionnaires de cette chaîne d’approvisionnement. Il a exprimé son satisfécit pour les acquis, fruit d’une franche collaboration.

Le directeur de cabinet du ministre de la Santé, Adjima Combary, a salué les travaux menés pendant une dizaine d’années. « Ensemble, nous avons numérisé et modernisé notre système d’information en gestion logistique permettant ainsi une visibilité des stocks en temps réel et une prise de décision basée sur des données fiables », a-t-il expliqué. Adjima Combary a déclaré que la fin du projet ne doit pas signifier l’arrêt de l’élan. « Notre ambition de souveraineté sanitaire nous impose de pérenniser les acquis pour que la chaîne d’approvisionnement demeure robuste, autonome et qu’elle soit résiliente », a-t-il soutenu.

Wendyam Pascaline KALMOGO

Zourkanaï SANOGO
(Stagiaire)

Gynécologie-obstétrique : la santé maternelle au cœur des 9es journées régionales

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La Société des gynécologues et obstétriciens du Burkina (SOGOB) a lancé, jeudi 24 septembre 2026, à Ziniaré, la IXe édition de ses journées régionales de gynécologie-obstétrique. Pendant 72 heures, professionnels de santé, spécialistes et partenaires ont échangé autour de la prévention et de la prise en charge des hémorragies du post-partum, dans le but de réduire les décès maternels évitables.

Une femme qui perd beaucoup de sang après son accouchement peut basculer rapidement dans une situation d’urgence. Face à ce risque, la Société des gynécologues et obstétriciens du Burkina (SOGOB) entend renforcer les capacités des acteurs de santé. Elle a consacré la IXe édition de ses journées régionales de gynécologie-obstétrique à cette problématique. Placée sur le thème « L’hémorragie du post-partum : enjeux et stratégies de prise en charge », la rencontre s’est ouverte, jeudi 24 septembre 2026, à Ziniaré.

Durant 72 heures, les participants ont pris part à des conférences scientifiques, des ateliers et des séances de partage d’expériences. Pour les organisateurs, ces journées constituent une occasion d’harmoniser les pratiques et de vulgariser des méthodes de prise en charge adaptées aux réalités des formations sanitaires. L’objectif est également de renforcer les connaissances des professionnels afin de contribuer à la réduction des décès maternels évitables.

Le président de la SOGOB, Pr Charlemagne Ouédraogo, s’est réjoui de l’engouement suscité autour des journées régionales. Pour lui, il s’agit d’un signe encourageant pour l’amélioration de la santé des femmes. Il s’est aussi félicité de l’arrivée prochaine au Burkina Faso de la carbétocine thermostable et de sacs d’évaluation permettant de quantifier les pertes de sang. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la diffusion des recommandations sur la prévention et la prise en charge des hémorragies du post-partum, le mentorat des professionnels des formations sanitaires périphériques et la présence accrue des spécialistes auprès de ces structures.

Le représentant résident de l’UNFPA au Burkina Faso, Yves Sassenrath, s’est également réjoui de la tenue de ces journées. Il a rappelé l’engagement de l’organisation en faveur de la réduction des décès maternels évitables et de l’amélioration de la santé des femmes. Selon lui, la lutte contre les hémorragies du post-partum doit s’inscrire dans une approche globale de la santé reproductive. Elle doit aussi s’accompagner d’un renforcement des soins obstétricaux d’urgence, notamment dans les zones confrontées aux difficultés humanitaires.

Le dépistage au cœur de la prévention

Au-delà des échanges scientifiques, la SOGOB a placé la prévention au cœur de ses activités. Une campagne de sensibilisation et de dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus a ainsi été organisée sur place à Ziniaré. De nombreuses femmes ont bénéficié gratuitement d’un dépistage et d’informations sur ces pathologies. La sage-femme Salamatou Ouédraogo s’est appesantie sur l’importance du dépistage régulier et d’une consultation rapide en cas de symptômes. Pour elle, les femmes doivent également privilégier les informations médicales fiables et adopter des comportements favorables à la prévention.

Esther Ouédraogo, bénéficiaire de l’initiative, a témoigné avoir reçu des explications qui l’ont rassurée. Elle a dit retenir qu’une lésion précancéreuse peut être prise en charge à temps avant d’évoluer vers une forme plus grave. Outre, le dépistage des cancers, neuf patientes souffrant de la fistule obstétricale, ont été examinées. Parmi elles, une femme âgée de 60 ans, qui vivait avec une fistule obstétricale depuis près de 20 ans, a pu bénéficier d’une intervention chirurgicale. Après deux décennies de souffrance, cette prise en charge lui offre l’espoir de retrouver une vie plus digne.

Pour le Dr Dieudonné Ouédraogo, gynécologue-obstétricien chirurgien des fistules obstétricales et secrétaire général de la SOGOB, le but de cette campagne ne réside pas seulement dans le nombre de patientes prises en charge, mais dans le soulagement apporté aux femmes concernées. « La fistule n’est pas une fatalité. Elle se soigne », a-t-il insisté. A travers ces différentes activités, les 9es journées régionales de gynécologie-obstétrique de la SOGOB associent ainsi renforcement des compétences, prévention, dépistage et accès aux soins.

Djakaridia SIRIBIE

Les ambitions d’un nouvel ordre mondial

Le Burkina Faso et les autres Etats membres de la Confédération de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) sont plus qu’engagés à assumer leur souveraineté sur l’échiquier politique internationale. C’est du moins ce qui transparait à la lumière de la déclaration prononcée, lundi 28 septembre 2026, à New York, par le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, au nom de la Confédération des Etats du Sahel (AES). Bien plus qu’un simple exercice diplomatique, elle aura été une véritable tribune pour réaffirmer les choix politiques de l’AES et porter, devant la communauté internationale, une vision fondée sur la souveraineté, la dignité des peuples et la remise en cause des rapports de domination hérités du passé.

La dynamique confédérale engagée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger a été, en effet, présentée comme une réponse à la « domination structurelle » et à l’exploitation, mais aussi comme la volonté de prendre collectivement en main le destin du Sahel. La Confédération se veut ainsi l’expression d’une aspiration à davantage d’indépendance, de
dignité et de souveraineté. Faut-il le rappeler, cette revendication de souveraineté est liée à la question sécuritaire.

A bien d’égards, le terrorisme qui frappe de plein fouet le Sahel est loin d’être une succession d’attaques perpétrées par des groupes isolés. A la face du monde, le
terrorisme a été présenté, à New York, comme une entreprise de déstabilisation bénéficiant de moyens importants et de soutiens extérieurs. C’est justement dans ce sens qu’il faut inscrire, à juste titre, l’appel lancé par le chef de la diplomatie burkinabè à la Communauté internationale pour enquêter sur les réseaux qui financent, arment, renseignent ou protègent les groupes terroristes.

Ce n’est pas trop de répéter que la quête de souveraineté, d’intégration régionale occupe également une place centrale au Sahel.
Et, à cet égard, l’expérience de l’AES constitue un exemple de coopération entre les Etats confrontés à des défis communs. C’est en mettant en commun leurs efforts dans les domaines de la défense, de la sécurité, de la diplomatie et du développement, que les pays du Sahel construisent des réponses collectives adaptées à leurs réalités.

Cette dynamique, à plus d’un titre, montre que la coopération régionale peut être un instrument au service des intérêts des peuples et du renforcement des capacités propres des Etats. Toutefois, dans une géopolitique marquée par « des doubles standards » dans le fonctionnement du système international avec une représentation inéquitable des Etats, il est loisible d’exiger une réforme profonde des Nations unies, particulièrement du Conseil de sécurité et une meilleure redistribution des voix et des responsabilités.

C’est d’ailleurs, pourquoi, il faut rejeter l’instrumentalisation politique des questions des droits humains, orchestrée par certaines officines à la solde de l‘impérialisme, tel que relevé par la diplomatie burkinabè à l’ONU. En définitive, cette intervention à la tribune des Nations unies traduit la volonté de l’AES de faire entendre une voix collective dans un ordre mondial en pleine recomposition. Et, de la souveraineté à la sécurité, en passant par l’intégration régionale, la transformation économique et la réforme du multilatéralisme, les Etats du Sahel entendent défendre leurs intérêts et renforcer leurs capacités propres.

Une démarche qui, au-delà de tout, pose plus largement la question de la construction d’un système international, dans lequel la coopération entre Etats, l’égalité souveraine et les intérêts des peuples peuvent davantage guider les relations internationales au profit de toute l’humanité.

Soumaïla BONKOUNGOU