Le Burkina Faso et les autres Etats membres de la Confédération de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) sont plus qu’engagés à assumer leur souveraineté sur l’échiquier politique internationale. C’est du moins ce qui transparait à la lumière de la déclaration prononcée, lundi 28 septembre 2026, à New York, par le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, au nom de la Confédération des Etats du Sahel (AES). Bien plus qu’un simple exercice diplomatique, elle aura été une véritable tribune pour réaffirmer les choix politiques de l’AES et porter, devant la communauté internationale, une vision fondée sur la souveraineté, la dignité des peuples et la remise en cause des rapports de domination hérités du passé.
La dynamique confédérale engagée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger a été, en effet, présentée comme une réponse à la « domination structurelle » et à l’exploitation, mais aussi comme la volonté de prendre collectivement en main le destin du Sahel. La Confédération se veut ainsi l’expression d’une aspiration à davantage d’indépendance, de
dignité et de souveraineté. Faut-il le rappeler, cette revendication de souveraineté est liée à la question sécuritaire.
A bien d’égards, le terrorisme qui frappe de plein fouet le Sahel est loin d’être une succession d’attaques perpétrées par des groupes isolés. A la face du monde, le
terrorisme a été présenté, à New York, comme une entreprise de déstabilisation bénéficiant de moyens importants et de soutiens extérieurs. C’est justement dans ce sens qu’il faut inscrire, à juste titre, l’appel lancé par le chef de la diplomatie burkinabè à la Communauté internationale pour enquêter sur les réseaux qui financent, arment, renseignent ou protègent les groupes terroristes.
Ce n’est pas trop de répéter que la quête de souveraineté, d’intégration régionale occupe également une place centrale au Sahel.
Et, à cet égard, l’expérience de l’AES constitue un exemple de coopération entre les Etats confrontés à des défis communs. C’est en mettant en commun leurs efforts dans les domaines de la défense, de la sécurité, de la diplomatie et du développement, que les pays du Sahel construisent des réponses collectives adaptées à leurs réalités.
Cette dynamique, à plus d’un titre, montre que la coopération régionale peut être un instrument au service des intérêts des peuples et du renforcement des capacités propres des Etats. Toutefois, dans une géopolitique marquée par « des doubles standards » dans le fonctionnement du système international avec une représentation inéquitable des Etats, il est loisible d’exiger une réforme profonde des Nations unies, particulièrement du Conseil de sécurité et une meilleure redistribution des voix et des responsabilités.
C’est d’ailleurs, pourquoi, il faut rejeter l’instrumentalisation politique des questions des droits humains, orchestrée par certaines officines à la solde de l‘impérialisme, tel que relevé par la diplomatie burkinabè à l’ONU. En définitive, cette intervention à la tribune des Nations unies traduit la volonté de l’AES de faire entendre une voix collective dans un ordre mondial en pleine recomposition. Et, de la souveraineté à la sécurité, en passant par l’intégration régionale, la transformation économique et la réforme du multilatéralisme, les Etats du Sahel entendent défendre leurs intérêts et renforcer leurs capacités propres.
Une démarche qui, au-delà de tout, pose plus largement la question de la construction d’un système international, dans lequel la coopération entre Etats, l’égalité souveraine et les intérêts des peuples peuvent davantage guider les relations internationales au profit de toute l’humanité.
Soumaïla BONKOUNGOU






