A quelques jours de la rentrée scolaire, satisfaire la liste des fournitures des enfants est l’une des préoccupations des parents. Mais dans les librairies, l’ambiance ne témoigne pas de l’approche de la rentrée. Reportage.
Ouagadougou 25 septembre 2026. Il est 10h. Nous sommes dans une librairie détaillante, située au grand marché Roodwoko. Ici, la table est bien garnie. Les cahiers sont soigneusement empilés. Les stylos de toutes les couleurs sont bien rangés dans leurs cartons. A côté, d’autres fournitures scolaires notamment des ardoises, des académies, des crayons de couleurs, des livres et des annales sont également disponibles. Tout semble prêt pour satisfaire les élèves, à l’approche de la rentrée. Pourtant, les clients se
font rares.
Derrière le comptoir, le vendeur, Inoussa Kouraogo, observe les passants. Quelques-uns passent, regardent les articles, demandent les prix, puis repartent, parfois sans rien acheter. A quelques jours de la rentrée, l’affluence tant attendue n’est toujours pas au rendez-vous, selon Inoussa Kouraogo. « Il n’y a pas de marché. Depuis 3 ans, nous ne vendons plus bien nos fournitures scolaires. J’ai même toujours du stock de l’année dernière en ma possession, et c’est très difficile de l’écouler », déplore-t-il.
Au quartier Dapoya de Ouagadougou, à la librairie « le temple du savoir », les fournitures sont disponibles, mais les parents ne se bousculent pas encore devant le comptoir. Pour le libraire Zakaria Ilboudo, cette situation contraste avec l’effervescence habituellement observée à l’approche de la rentrée scolaire. « Pour le moment, je constate une affluence légèrement plus faible qu’au même moment l’année dernière. Cependant, d’après mon expérience, la demande augmente fortement à partir du premier jour de la rentrée. Elle peut même progresser de manière très importante au cours de cette période » assure-t-il.
Zakaria Ilboudo explique cette situation de différentes manières. Pour lui, certains parents attendent, parce qu’ils ont des moyens limités, tandis que d’autres préfèrent simplement être prudents dans leurs dépenses.

« nous sommes aussi responsables de famille et nous comprenons les préoccupations des parents ».
« Les parents prévoyants commencent à acheter les fournitures dès le mois d’août, afin d’assumer à temps leurs responsabilités », renchérit-il. C’est le cas de Souleymane Diallo, parent de quatre élèves dont un au primaire et trois au lycée. Face à ses charges, il a développé une stratégie qui ait de payer progressivement les fournitures. « Je travaille moi-même dans le domaine de l’éducation et j’ai déjà une idée des besoins. J’avais déjà acheté une partie des fournitures la semaine dernière, notamment des cahiers. Ce n’est pas toujours simple pour nous. Aujourd’hui, je suis revenu pour voir ce que je peux encore acheter afin de compléter la liste des fournitures scolaires », poursuit-il.
Les prix au cœur des préoccupations
Si les clients se font attendre, la question des prix reste au cœur des préoccupations. Chez Zakaria Ilboudo, un cahier de 200 pages au petit format, avec une couverture en plastique, coûte 500 FCFA. Avec une couverture ordinaire, le même type de cahier coûte environ 300 FCFA. Pour un cahier de 200 pages au grand format avec couverture plastique, il faut compter environ 750 francs CFA l’unité, précise-t-il. Selon le parent d’élève Souleymane Diallo, il n’y a pas d’augmentation apparente des prix.
« Je trouve qu’ils sont globalement restés similaires à ceux de l’année dernière », clame-t-il. Un avis également partagé par Salifou Zongo, parent d’élève, que nous avons rencontré dans une boutique de sac à dos. Pour lui, les prix peuvent variés d’un commerçant à l’autre, mais restent sensiblement les mêmes. « J’ai pu avoir les 4 sacs au même prix que l’année dernière, soit 2 000 F CFA, 3 500 F CFA et deux autres à 5000 F CFA », a-t-il soutenu.

« je suis venu acheter les sacs en premier. Pour les cahiers, je vais attendre quelques jours ».
Pour certains parents, le défi ne se limite cependant pas aux prix. Trouver le modèle recherché peut également se transformer en un parcours de combattant. Assétou Kaboré, parent d’élève en sait quelque chose. Elle a parcouru les quartiers
Bassinko et Tampouy à la recherche de modèles précis de sacs, choisis par ses enfants. Elle n’a pas encore eu gain de cause. Dans une boutique de vente de sacs située au grand marché comme dans les précédentes, ces modèles ne sont pas disponibles. « Les parents souffrent ! », clame-t-elle. A côté des cahiers et des sacs, les gourdes constituent également une dépense supplémentaire pour les parents.
Alice Ouadio, une cliente affirme avoir presque terminé ses achats. « J’ai déjà acheté les
dernières fournitures. Il ne me reste plus que la gourde. C’est pour que la fille puisse boire de l’eau à l’école », explique-t-elle.
Du commerçant de cahiers à celui des gourdes en passant par les vendeurs des sacs, du grossiste au détaillant, le constat est le même. Les clients se font encore
attendre. Les commerçants disent observer des parents particulièrement attentifs aux prix.
Lorsque certains articles dépassent leur budget, ils cherchent d’autres alternatives ou
reportent leurs achats. Les commerçants espèrent voir l’affluence augmenter avec l’approche effective de la rentrée.
Galedie Kétoura SIMPORE






