Le deuxième panel de la 15e édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO) s’est tenu, mercredi 7 octobre 2026, à l’université Joseph-Ki-Zerbo. Modéré par Fousseni Kindo, il a porté sur les « défis de l’information et de la communication en période de guerre».
Au premier jour de la 15e édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO), mercredi 7 octobre 2026, plusieurs communications étaient à l’ordre du jour du panel 2. Deux d’entre elles ont porté sur « les attitudes et les compétences des acteurs de l’information en situation de guerre communicationnelle», ainsi que sur « le rôle du langage dans la lutte contre le terrorisme ». Dans sa communication intitulée : « les attitudes et compétences des acteurs de l’information et de la communication en situation de guerre communicationnelle », Sahal Zongo, étudiant en master en communication, a insisté sur la responsabilité des acteurs de l’information. Selon lui, ceux qui produisent et diffusent l’information peuvent influencer la manière dont les événements sont compris par le public.
Dans un contexte où les informations circulent rapidement, il a invité les professionnels des médias à rester prudents et à vérifier les informations avant de les diffuser. Pour lui, une information très partagée n’est pas forcément une information vraie. Sahal Zongo a également appelé les acteurs de l’information à résister aux différentes pressions auxquelles, ils peuvent être confrontés. Pour lui, l’intégrité, la loyauté et le sens de l’intérêt collectif doivent être leur boussole. Aussi, il a souligné que la souveraineté informationnelle ne repose pas seulement sur la maîtrise des technologies. Elle dépend également de la responsabilité de ceux qui produisent, contrôlent et diffusent l’information. Pour sa part, Dr Noindonmon Alain Hien, enseignant-chercheur à l’université Bernard Ledéa Ouédraogo, a consacré sa communication au thème : « Quel langage pour la communication dans la lutte contre le terrorisme ? ».
Son exposé porte sur le rôle du langage dans la lutte contre l’extrémisme violent au Burkina Faso et dans les autres pays de la Confédération des Etats du Sahel (AES). Selon le chercheur, le langage peut jouer un rôle dans les processus de radicalisation. Certains groupes peuvent utiliser des mots et des expressions pour présenter leurs actions d’une certaine manière, les justifier ou influencer les populations. Dans le cadre de sa présentation, Dr Hien a analysé des publications sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et X (ex-Twitter), ainsi que des contenus de médias nationaux et étrangers. Cette analyse a montré que le terrorisme n’est pas toujours présenté de la même manière. Les mots utilisés peuvent varier selon les acteurs et les espaces de communication. Pour Dr Hien, il est donc important d’analyser les discours utilisés autour du terrorisme. Cela permet de mieux comprendre les stratégies de communication des groupes terroristes et d’adapter les réponses.
Boudayinga J.-M. THIENON



