
La deuxième phase de la troisième édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC) a pour thème « produisons burkinabè, consommons burkinabè ». A Bobo-Dioulasso, les restaurateurs et les consommateurs saluent cette initiative qui valorise les produits locaux.
La deuxième phase de la troisième édition des journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne a eu lieu du 2 au 16 octobre 2026 sur le thème « produisons burkinabè, consommons burkinabè ». Le slogan de cette deuxième phase est : « tous pour le made in Burkina : Faisons de chaque achat un acte de souveraineté ». A Bobo-Dioulasso le ton avait été donné lors du lancement de cette édition le 5 octobre dernier. Les plats servis à cette occasion étaient faits de mets locaux. Depuis lors les habitudes culinaires ont changé tant dans les cérémonies officielles ou privées pour respecter l’esprit et la lettre de cette initiative.
Les bouillies ont remplacé les cafés ou autres cafés au lait. Les pains ou autres croissants ont fait place aux galettes. Les gaonrè, faro ou zamenin ont ravi la vedette aux riz importés parfumés ou autres couscous arabes. Les jus de bissap, zomkom ou toedo sont de plus en plus visibles que les boissons importées. Dans plusieurs restaurants de la ville, les cuisiniers font de plus en plus la part belle aux mets locaux comme le témoigne Adeline Kabré, restauratrice. « Le matin nous faisons de la bouille ou des galettes au petit mil ou à base de farine de blé. A midi nous faisons du to, du faro ou du gaonrè qui sont beaucoup prisés par les clients », a expliqué Kabré. Contrairement à ce que certains pensent, ajoute-t-elle, la préparation de ces mets n’est pas difficile.
Néanmoins, Adeline Kabré salue cette initiative de valorisation du consommé local voulu par les autorités. « Nous louons cette initiative qui permet aux Burkinabè de consommer ce que nous produisons. Elle va aussi nous permettre d’apprendre à nos enfants nos mets culinaires », s’est-elle réjouie. Pour accompagner cette dynamique elle a souhaité une assistance en termes de disponibilité des céréales locales pour encourager les restaurants à promouvoir davantage les mets locaux. Pour apporter sa part de contribution à la promotion du consommer local, Adeline Kabré organise aujourd’hui vendredi 16 octobre 2026 à Bobo-Dioulasso une exposition des mets locaux.
Ali Sawadogo, friand du gaonré et du zomkom a également salué cette vision des autorités appelant les Burkinabè à consommer ce qu’ils produisent. « C’est une bonne initiative prise par les autorités qui nous amènent à consommer ce que nous produisons. Cela permet d’aider nos parents agriculteurs à se prendre en charge à travers leurs productions et cela crée aussi de l’emploi. L’Etat doit protéger le travail de nos producteurs et dissuader les importateurs afin qu’ils n’amènent pas au Burkina Faso des produits concurrentiels », propose le camarade Sawadogo.
Le tourisme dans le consommer local
Pour le directeur régional de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme du Guiriko, Boukary Malgoubry, la consommation locale ne doit pas se limiter dans les assiettes ou dans les garde-robes. Elle doit aussi concerner la culture et les arts, le tourisme et la communication. Dans le domaine de la culture et des arts, le consommer local consiste selon lui, à fréquenter les manifestations culturelles, à acquérir les œuvres artistiques et artisanales et à promouvoir la musique, le cinéma et les autres créations nationales. Dans le domaine du tourisme, le consommer local, à l’entendre se traduit par la consommation des produits et services proposés par nos entreprises touristiques (hôtels, restaurants, agences de voyages et de tourisme, établissements de loisirs, etc.), ainsi que par la visite des sites et attraits touristiques.
En matière de communication, le consommer local foi du camarade Malgoubry, implique également la consommation de l’information produite par les médias burkinabè, publics comme privés, notamment la presse écrite, les radios, les télévisions et les plateformes numériques. « La région du Guiriko dispose d’importantes potentialités dans les domaines de la communication, de la culture, des arts et du tourisme. Le consommer local représente une opportunité de valorisation des productions et des prestations des acteurs de ces secteurs. Cette démarche ne saurait se limiter aux produits alimentaires et aux biens matériels. En définitive, promouvoir le consommer local dans le Guiriko, c’est soutenir nos acteurs culturels, artistiques, touristiques et médiatiques », a laissé entendre le directeur régional de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme du Guiriko.
Adaman DRABO


