Lutte contre la désinformation : des acteurs mènent la réflexion à Ouagadougou

Ce forum réunit différents acteurs du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Tchad, de la Mauritanie, du Bénin, du Sénégal et de la Gambie.

EducommuniK, en collaboration avec La Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC), tient du 28 au 30 octobre 2026, à Ouagadougou, la première édition du Forum africain de l’éducation aux médias et à l’information (FA-EMI).

La lutte contre la désinformation est au cœur de la IIe édition de la semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité. C’est dans cette dynamique que se tient du 28 au 30 octobre 2026 à Ouaga-dougou, le Forum africain de l’éducation aux médias et à l’information (FA-EMI), sur le thème : « Éducation aux médias et à l’information : construire une résilience régionale face à la désinformation et aux manipulations de l’information ». Organisé par EducommuniK en collaboration avec la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC), la rencontre réunit des acteurs du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Tchad, de la Mauritanie, du Bénin, du Sénégal et de la Gambie.
A l’ouverture des travaux, le vice-président du Conseil supérieur de la communication (CSC), Issa Alexandre Zou, représentant le président, a relevé les difficultés liées à l’essor rapide des réseaux sociaux et aux dérives de l’intelligence artificielle. Ces évolutions, a-t-il souligné, brouillent les frontières de la vérité et mettent à l’épreuve l’intégrité de l’information.

« Durant ces trois jours, différents acteurs notamment des institutions publiques de régulation, des plateformes et de la société civile, travailleront ensemble pour poser les jalons d’une vision régionale partagée », a-t-il affirmé.
Le secrétaire général du ministère en charge de la communication, Moctar Sanfo, a insisté sur la nécessité de faire passer l’éducation aux médias et à l’information du statut de projet pilote à celui de politique publique intégrée.
« En formant nos jeunes, nos enseignants, nos journalistes et l’ensemble de nos concitoyens à décoder l’information, à questionner les sources et à déjouer les pièges de l’intelligence artificielle générative, nous bâtissons les remparts de notre souveraineté informationnelle », a-t-il dit. Il a réaffirmé l’engagement de son département à porter les recommandations issues des travaux auprès des instances gouvernementales.

Pour une citoyenneté numérique responsable

Pour la chargée de programme à EducommuniK, Nina Kady Diallo, cette initiative répond à la nécessité de mobiliser l’en-semble des acteurs de l’écosystème face aux désordres informationnels. Selon elle, le développement d’une coopération régionale entre les acteurs de l’Education aux médias et à l’information (EMI) constitue une condition importante pour construire une résilience durable et efficace. Les organisateurs attendent de cette rencontre, à écouter la chargée de programme, un renforcement des connaissances des participants sur les mécanismes de désinformation, la bonne utilisation des réseaux sociaux et la citoyenneté numérique responsable. « Nous espé-rons repartir avec un document de plaidoyer destiné aux décideurs et aux institutions. Celui-ci devrait contribuer à promouvoir l’intégration de l’éducation aux médias et à l’information dans les programmes éducatifs et les politiques publiques », a-t-elle poursuivi. La lutte contre la désinformation et les discours de haine nécessite, selon Nina Kady Diallo, l’implication de tous les acteurs. « Les médias font partie des acteurs intervenant dans l’écosystème informationnel. On y trouve également des acteurs du système éducatif, des organisations de la société civile et les pouvoirs publics. Les médias sont donc au cœur de l’action et de cette initiative », a-t-elle laissé entendre.

Samira Alida KAMBOU

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