Russie-Afrique : coopérer dans le respect mutuel

Le 3e Sommet Russie-Afrique s’est ouvert hier mercredi 28 octobre 2026 à Moscou en terre russe. Réunissant des chefs d’Etat et de gouvernement de plusieurs pays africain et de la Russie, ce sommet intervient dans un contexte de recomposition des équilibres géopolitiques mondiaux et de réaffirmation des aspirations africaines à la souveraineté, surtout dans le Sahel. En effet, au-delà des échanges diplomatiques, économiques et humanitaires, cette rencontre porte une coloration particulière en ce qu’elle traduit la volonté commune des pays africains et de la Russie de bâtir des partenariats fondés sur le respect mutuel, l’égalité entre les Etats et la liberté de chaque peuple de déterminer son avenir.

En clair, le continent ne veut plus être considéré comme un simple réservoir de matières premières, un espace de rivalités entre puissances ou un terrain d’influence soumis aux intérêts extérieurs. Il entend être un acteur à part entière des relations internationales, capable de définir ses priorités et de choisir librement ses partenaires stratégiques.
Pour le Burkina Faso et les pays de la Confédération AES, cette orientation revêt une importance capitale. Comme l’a souligné le Premier
ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, lors d’une interview télévisée sur place, ce sommet constitue une occasion de consolider la coopération avec la Fédération de Russie, tout en élargissant les perspectives au-delà des domaines militaire et diplomatique. Formation, transferts de technologies, agriculture, sécurité alimentaire, transformation des ressources minières, santé, culture et développement économique figurent parmi les secteurs dans lesquels des résultats concrets sont attendus.

Cette ambition interpelle l’ensemble des partenaires de l’AES et, plus largement, de l’Afrique. Les pays occidentaux, avec lesquels
le continent entretient des liens historiques, humains, économiques et culturels importants, ont toute leur place dans cette nouvelle dynamique. Encore faut-il que ces relations évoluent vers des rapports plus équilibrés, affranchis des réflexes de domination, des injonctions unilatérales et de toute volonté d’ingérence dans les affaires intérieures des Etats.
Pour le Burkina Faso et les autres pays africains, le défi est surtout de convertir cette volonté d’émancipation en progrès durable. Cela exige des institutions solides, une gouvernance responsable, une vision stratégique claire et une capacité à négocier des accords mutuellement avantageux.

Le monde change. L’Afrique entend prendre toute sa place dans cette évolution. Aux partenaires d’hier, d’aujourd’hui et de demain, elle argue que les relations internationales ne peuvent durablement prospérer dans la contrainte ou la domination. Elles gagnent en stabilité, en crédibilité et en efficacité lorsqu’elles reposent sur la confiance, la réciprocité et le respect de la souveraineté des peuples. Coopérer avec l’Afrique, c’est désormais compter avec des nations qui veulent décider par elles-mêmes, construire avec leurs partenaires et avancer selon leurs propres choix.

La rédaction

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