Le Secrétariat permanent du contenu local et de la promotion des investissements a organisé, du 20 au 22 octobre 2026, à Ouagadougou, des rencontres sectorielles sur la fourniture de biens et services aux sociétés minières.
Le contenu local gagne du terrain dans le secteur minier burkinabè. De 33 % en 2022, la part des achats locaux de biens et services des sociétés minières est passée à 57,84 % en 2025, selon les données présentées par l’administration des mines. Pour consolider cette dynamique, les acteurs du secteur se sont retrouvés à Ouagadougou, du 20 au 22 octobre 2026, pour échanger autour du fret et du transit, de la location d’engins miniers et des pièces de rechange, ainsi que des Equipements de protection individuelle (EPI).
Organisées par le Secrétariat permanent du contenu local et de la promotion des investissements, en collaboration avec la Chambre des mines du Burkina (CMB), la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF) et l’Alliance des fournisseurs burkinabè de biens et services miniers (ABSM), ces rencontres visent à identifier des solutions pour renforcer la participation des entreprises nationales aux approvisionnements miniers. Pour le secrétaire permanent, Zoéwendtaalé Zéphirin Zongo, ces échanges permettent aux fournisseurs, aux sociétés minières et à l’administration de confronter leurs difficultés et de rechercher des réponses concertées. « Nous attendons des recommandations fortes et opérationnelles pour améliorer la fourniture de biens et de services », a-t-il indiqué. Il a également relevé l’importance de prendre en compte les changements intervenus dans l’organisation du fret et du transit, notamment avec Faso Transit Logistique, ainsi que le rôle de l’Office national de sécurisation des sites miniers (ONASIM).
La qualité et le financement en question
La cheffe de service par intérim de la promotion de la chaîne de valeurs minières, Germaine Ki Lingani, a souligné les avancées enregistrées depuis l’adoption de la loi n°017-2024/ALT du 18 juillet 2024 relative au contenu local dans le secteur minier. Elle a notamment rappelé les mécanismes de préférence nationale, les obligations de fourniture locale et les dispositions encadrant la sous-traitance et la cotraitance.
Les besoins d’approvisionnement prévisionnels des sociétés minières pour 2026 dépassaient 2 000 milliards F CFA, dont plus de 267 milliards F CFA. Pour les équipements de protection individuelle, les achats sont passés de plus de 4 milliards F CFA en 2023 à plus de 10 milliards en 2025.
Malgré ces opportunités, plusieurs obstacles freinent les fournisseurs nationaux. Germaine Ki Lingani a notamment cité l’accès difficile au financement, l’insuffisance de la production locale de certains biens et les tentatives de contournement de la réglementation. Elle a aussi insisté sur la nécessité d’améliorer la compétitivité des entreprises, les normes de qualité et les relations entre fournisseurs et sociétés minières.
Le représentant de la CMB, Ezidor Bazemo, a, pour sa part, insisté sur le professionnalisme. Selon lui, la fourniture aux mines exige une bonne connaissance des produits, de leurs caractéristiques et des exigences techniques.
Il a également plaidé pour la mutualisation des moyens afin de renforcer leurs capacités d’intervention. Pour le représentant de Burkina Mining Company, Bouama Arnaud Wali, les rencontres constituent un cadre pour examiner les difficultés d’approvisionnement et identifier les possibilités offertes aux entreprises locales. Il a particulièrement insisté sur la conformité des équipements de
protection individuelle aux normes de sécurité. « Par exemple, si le cyanure n’est pas de qualité, cela peut avoir des conséquences sur la santé de l’employé qui fait la manutention », a-t-il averti.
Adama SAWADOGO



